Le meuble : une valeur sûre pour les Tourangeaux 0
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Publié le jeudi 11 juin 2009 par : Tribune

Catégories : Actualités

   Plus abordables, fonctionnels et esthétiques qu’auparavant, les meubles évoluent au rythme des tendances. L’aménagement de la maison demeure une préoccupation importante des Tourangeaux. Une tendance encouragé...

Plus abordables, fonctionnels et esthétiques qu’auparavant, les meubles évoluent au rythme des tendances. L’aménagement de la maison demeure une préoccupation importante des Tourangeaux. Une tendance encouragée par les émissions télévisées sur la déco, mais aussi par une nouvelle perception de l’ameublement

Par rapport aux années précédentes, le marché de l’ameublement domestique est en baisse de 5,8% pour les quatre premiers mois de 2009, constate Jean- François Stordeur, délégué général de l’Union Nationale des Industries Françaises de l'Ameublement (UNIFA). S’il faut « relativiser ces chiffres basés sur une comparaison avec l’exceptionnelle année 2007 », le secteur souffre bien d’un ralentissement, dû en grande partie à la crise économique actuelle. « La consommation de meubles est en train de changer, explique Nicolas Ainciburu, designer produit. Avant, on gardait les mêmes pendant des décennies, mais aujourd’hui, le souci de perpétuité est remplacé par celui du renouvellement ». En conséquence, les produits doivent être abordables et esthétiques. D’où le succès des meubles en kit, qui répondent à ces deux critères. A Tours, l’enseigne suédoise Ikea s’est emparée du créneau. Le mobilier à monter soi-même est plus abordable car on y soustrait le coût de la pose, et il est tendance car conçu par des designers. Ainsi une cuisine en kit chez Ikea coûte environ 1500 euros, et chez Leroy Merlin, le premier prix avec les équipements électroménagers ne dépasse pas 1000 euros. Côté tendance, « les gens veulent agrandir, recréer des espaces intérieurs. L’intérêt est surtout porté sur les pièces à vivre, celles où l’on reçoit », constate Marina Gautry, architecte d’intérieur pour Ligne Décor à Tours.

Et la cuisine, bien qu’elle dépende beaucoup du marché de la construction freiné ces derniers temps par la crise de l’immobilier, est toujours un marché porteur. Notamment parce qu’elle est devenue au fil du temps « une pièce privilégiée, centrale, où l’on reçoit et pas seulement un endroit où l’on fait à manger », explique Pauline Fève, gestionnaire de l’entreprise Cuisines Fèves. Mais les pièces privées ne sont pas pour autant délaissées, et la chambre à coucher est aussi au coeur des préoccupations, car d’après Marina Gautry, « les gens sont sensibles à l’harmonie et au bien-être ». Mal de dos, problèmes de sommeil ou de circulation… « La literie s’avère primordiale pour faire face à certains problèmes de santé » explique Sébastien Corneau, responsable de la Maison du Sommeil. Outre le confort et le bien-être, l’esthétique est aussi une préoccupation non-négligeable pour choisir son mobilier. Car à l’instar des vêtements, l’ameublement évolue au gré de tendances. Aussi les salons professionnels comme Maisons et Objets qui se tient deux fois par an à Paris, dévoilent-ils les modes printemps-été et automne-hiver. S’il y a quelques années, le style ancien et rustique avait le vent en poupe, il est aujourd’hui complètement « has been ». A contrario, le moderne et le contemporain connaissent leur heure de gloire et représentent 70% de la consommation d’ameublement, d’après les statistiques de l’Institut de Promotion et d'Etudes de l'Ameublement (IPEA). Marina Gautry confirme la tendance, « couleurs pop et noir et blanc. Le naturel a aussi beaucoup de succès, avec des lignes épurées et des préoccupations écolos que l’on retrouve dans les matières, les peintures et les aménagements ». Tous les secteurs d’ameublement subissent les influences de la mode, et notamment la cuisine où sont privilégiées « les couleurs rouges, café, gris et les façades laquées », explique Cyrille Benoist. Même constat chez les professionnels. De nombreux restaurants, bars, salons de coiffure, adoptent des styles très contemporains aux lignes épurées et au mobilier design. Une aubaine pour les magasins haut-de-gamme mais aussi pour les jeunes designers car comme le constate Jean- François Stordeur, « le contemporain est plus propice à la création que la redécouverte de l’ancien ».

Julie Innato

L’ameublement haut de gamme : un luxe chic et choc !

Pour rester dans l’air du temps, l’habitat se plie aux goûts et aux couleurs de la tendance. Une tendance résolument moderne qui s’exprime actuellement à travers deux courants : d’un côté, des couleurs explosives qui s’entrechoquent et rappellent l’ambiance pop des seventies, et de l’autre, des contrastes plus épurés en noir et blanc. Les designers en ameublement semblent se régaler de cette vague contemporaine et leurs créations prennent place dans les boutiques haut de gamme. On y trouve les oeuvres des plus grands designers du moment, à l’image de Starck, Kartell, Bouroullec, etc. Les objets et les meubles, tantôt sobres, tantôt extravagants sont forgés dans le plastique, le polyuréthane, le polycarbonate et toutes sortes de matières nouvelles. Mais pas seulement. « On revient aussi vers les bois clairs, massifs », constate Edith Piat, responsable de la boutique Atemporel, installée depuis deux ans rue de Lucé à Tours. Aussi superbe soit-il, l’ameublement des magasins haut de gamme est plutôt onéreux, et succomber à la tendance contemporaine n’est pas donné à tout le monde. Edith Piat constate notamment que « les prix sont un peu trop élevés pour les jeunes couples qui viennent de s’installer », d’où la moyenne d’âge de la clientèle, plutôt élevée. Côté cuisines, même constat. Chez Fève par exemple, la fourchette de prix se situe entre 10 000 et 100 000 euros. Pas de doute, le haut de gamme reste un luxe qui n’est pas accessible à tous. Heureusement pour les porte-monnaie modestes, « le haut de gamme tend à se démocratiser par le biais de petits objets design comme les cendriers, les tasses à café, les lampes », confie Thierry Martin, responsable de la boutique Blanchet d’Huismes rue de la Scellerie. De quoi satisfaire tout le monde, et apporter à son intérieur une petite touche tendance.

Julie Innato

Le marché du meuble subit aussi la crise économique

La région Centre réunit 6% des effectifs de l’industrie française de l’ameublement. Comme partout dans l’hexagone, ce secteur connaît un ralentissement notable. Par rapport à l’année 2007, au cours de laquelle la consommation de meubles a littéralement explosé, 2009 a vu les ventes de meubles chuter de 5,8%. Et la crise économique est en grande partie responsable de ces chiffres. « Le marché essentiel est un marché de renouvellement. Or en période difficile, on se préoccupe davantage de remplir son frigo que d’acheter du mobilier », constate Jean-François Stordeur, délégué général de l’UNIFA. « La concurrence avec les entreprises chinoises est aussi très rude, ils sont devenus des intervenants majeurs dans le domaine de l’ameublement », poursuit-il. Concrètement, les enseignes locales tentent de faire face à ce ralentissement et celles qui proposent des produits plus abordables ne ressentent pas tellement les effets de la crise. « Il y a certes un ralentissement au niveau national, mais en ce qui nous concerne, le chiffre d’affaires est toujours en hausse car on propose une belle gamme de produits très bien placés en prix », confie Cyrille Benoist, chef de secteur chez Leroy Merlin. Les clients, eux, achètent moins spontanément, « les gens prennent davantage le temps de la réflexion avant d’acheter », remarque Edith Piat, responsable du magasin Atemporel. En somme, les temps sont difficiles mais l’intérêt croissant porté à l’aménagement de l’habitat devrait permettre au marché de l’ameublement de survivre à la crise.


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