Le front national part divisé pour ranimer la flamme 0
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Publié le vendredi 19 février 2010 par : Tribune

Catégories : politique

 Le Front National est-il vraiment moribond ? Une chose est sûre : il cherche un nouvel élan. A défaut de réitérer sa performance de 2004 aux régionales(1), le FN pourrait bien jouer le rôle d’arbitre et brouiller les cartes lors des électio... Le Front National est-il vraiment moribond ? Une chose est sûre : il cherche un nouvel élan. A défaut de réitérer sa performance de 2004 aux régionales(1), le FN pourrait bien jouer le rôle d’arbitre et brouiller les cartes lors des élections régionales de mars 2010. Emmené en région Centre par le conseiller régional sortant Philippe Loiseau, 52 ans, agriculteur à Bailleau-l'Évêque (28), le FN est ainsi en mesure, s’il obtient les 10% nécessaires pour se maintenir au second tour, de faire gagner mécaniquement François Bonneau, président (PS) sortant du Conseil régional. En dessous de 10%, il devrait au contraire favoriser le candidat de l’UMP Hervé Novelli, secrétaire d’Etat au commerce et à l’artisanat, en lui assurant une réserve potentiellement intéressante de voix. A la lecture des sondages, c’est ce dernier scénario qui semble le plus probable : L’IFOP pour la Lettre de l'opinion crédite le parti de Jean-Marie Le Pen de 9% des voix dans la région Centre ; au niveau national, Opinionway-Fiducial pour Le Figaro/LCI accorde le même score au parti et la dernière enquête d'opinion CSA parue dimanche dans Le Parisien donne 8% au FN. En tout cas, le parti mené en 2004 par Jean Verdon - aujourd’hui conseiller sortant et tête d’une liste régionale dissidente - dans la région apparaît bien moins enclin en 2010 à réaliser un gros score. D’une part parce que les derniers scrutins se sont soldés par de mauvais résultats(2) pour le parti et, d’autre part, parce que l’extrême-droite se lance divisée dans la campagne. Six des neufs élus FN du Conseil régional, dont Jean Verdon, ont en effet rejoint début 2009 le Parti de la France (PDF) de Carl Lang, l’aile dure de l’extrême droite, «lorsque Marine Le Pen a abandonné le combat contre l’islamisme», mais pas celui contre l’immigration… Philippe Loiseau entend néanmoins ranimer la flamme tricolore et être présent au second tour : «Nous ferons plus de 10% ! Le but du Parti de la France est uniquement d’empêcher le FN de passer. Ce sont des anciens amis, ils ont fait une erreur monumentale et vont se prendre une claque. Je suppose qu’ils sont financés par l’UMP.» Contactée, l’équipe de campagne d’Hervé Novelli n’a pas fait de commentaire. De son côté, le PDF fait alliance avec le Mouvement national républicain (MNR) de Bruno Mégret et pense faire mieux qu’aux européennes (2,21% en région Centre). Le cas échéant, au second tour, Jean Verdon laisse la porte ouverte pour une union avec le FN «quand le petit Loiseau sera tombé du nid…» Le FN met, lui, en avant sa capacité à intégrer des représentants du Mouvement pour la France (MPF) de Philippe de Villiers, notamment le président du parti dans le Loiret Etienne Trapp. Du côté du programme (lire encadré), le FN pourfend d’abord le bilan de François Bonneau et met en avant ses thèmes de prédilection, dont la sécurité mais aussi l’emploi et l’aménagement du territoire. Philippe Loiseau annonce un budget de campagne de 200 000€, financés par les militants et les emprunts. «Je ne suis pas inquiet, il faut juste que nous fassions 5%», soit le seuil garantissant le remboursement des frais de campagne. Un impératif au vu des difficultés financières du parti... (1) Jean Verdon avait obtenu 16,46% des suffrages au 2e tour dans le Centre, 17,78% dans le Loiret, soit 9 sièges. (2) En juin 2009, aux européennes, Patrick Bourson n’avait obtenu que 5,87%, tandis que Jean-Marie Le Pen apparaissait en net recul lors de la présidentielle de 2007 par rapport à celle de 2002, avec 11,39% dans le Centre, 11,84% dans le Loiret

Voir l'article complet