Le département voit la vie en roses 0
Publié le lundi 12 juillet 2010 par : Tribune
Le Loiret et plus particulièrement l’Orléanais furent à l’origine d’une méthode de greffage révolutionnaire de la rose au début du XXe siècle. 11 rosiéristes subsistent et un obtenteur «créateur de rose». Une profession qui se porte bien.
A Orléans, la roseraie Jean Dupont, conservatoire situé à Saint-Marceau, est le dernier témoin des grandes heures de la rose de l’Orléanais avec 600 variétés. «L’Orléanais est une terre horticole depuis la fin du XVe siècle. Les rosiéristes d’Orléans sont à l’origine de la méthode de greffage en écusson. Cette invention de 1914 est répandue dans le monde entier», explique Jean- Paul Imbault, président de la Saint-Fiacre, «l’Orléanais comptait jusqu’à une trentaine de rosiéristes et connut une période faste jusqu’en 1929». Aujourd’hui, il ne reste plus que deux producteurs dans l’Orléanais dont Francia Thauvin à St-Cyr-en-Val. «Mon activité se porte bien car nos champs sont visibles. C’est apprécié, tout comme le conseil d’une professionnelle», observe cette rosiériste depuis 20 ans et présidente de l’association “Les Amis des Roses Orléanaises”. «J’ai plus de 800 variétés dont beaucoup de roses anciennes.» Sa fille devrait reprendre l’exploitation. Le gros de la production du Loiret est aujourd’hui installé aux alentours de Bellegarde où se trouve un groupement de neuf rosiéristes. «Dans les années 70, c’est le déclin des roses de l’Orléanais. Le prix de revient n’était pas suffisamment élevé», commente Jean-Paul Imbault. «Historiquement, Orléans a développé l’activité et sous-traité aux producteurs de Bellegarde mais au fil du temps, l’Orléanais a diversifié sa production horticole. Le greffage des roses est resté à Bellegarde où il y avait plus de terres disponibles», indique Mireille Savajols, la directrice du Comité de développement horticole de la région Centre-Val-de-Loire. Christian Asselin, président du groupement des rosiéristes de Bellegarde ne ressent pas la crise. «Il existe trois pôles de production en France de rosiers en plein champ : notre région, Lyon et Angers-Doué-La Fontaine. Il y a une saine concurrence», ajoute-t-il, «nous proposons une autre qualité, le consommateur fait la différence. Notre position est centrale et à proximité de Rungis, c’est un atout.» La plupart des exploitations sont familiales et produisent les nouvelles variétés de roses comme la Black baccara, la rose “noire”, et font de la multiplication pour des créateurs de roses. Comme le reste de la profession horticole, les rosiéristes ont du mal à trouver du personnel et des repreneurs. «La moyenne d’âge dans notre groupement est de 55 ans. Nous réfléchissons à faire de la formation. Pourtant je suis persuadé qu’il y a du travail pour d’autres exploitations», ajoute Christian Asselin, «je suis installé avec un associé depuis les années 90 et nous avons réussi à faire notre trou». La roseraie André Eve est l’unique obtenteur du département, c’est-à-dire le seul endroit à créer de nouvelles variétés de roses. Un nombre rare qui s’explique par la difficulté de conjuguer production et recherche car il faut dix ans pour obtenir une nouvelle variété. «Nous faisons des pronostics comme aux courses en faisant nos sélections. Nous cherchons à obtenir des rosiers résistants aux maladies», explique Guy André qui a repris les Roses Anciennes André Eve à Pithiviers-le-Vieil depuis 2000. «C’est un investissement. Nous espérons pouvoir sortir tous les ans, trois nouvelles variétés.» Parmi les créations des Roses André Eve, certaines se font remarquer comme “Jardin de Granville”, 1er prix du Concours international des roses de Paris-Bagatelle, une commande passée par la maison Dior. Le rosier sera disponible à la vente à l’automne. Le temps des roses n’est pas révolu dans le Loiret !
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