Le départ annoncé de Michel Guérin réveille les ambitions de l'opposition 0
Publié le jeudi 21 mai 2009 par : Tribune
Michel Guérin, 75 ans, maire (PCF) indéboulonnable de Saran (15 500 habitants), confiera «fin 2010» les rênes de sa commune, vraisemblablement à sa 1ère adjointe Maryvonne Hautin. Une page de la politique locale se tournera alors, après 45 ans d’exercice, dont 33 ans comme maire : un record de longévité. Mais d’emblée le vieux lion rugit : «je n’en ai pas marre, je ne pars pas fâché !» Une manière de dire aux quelques lionceaux qui lorgneraient sur son fauteuil de maire, qu’il ne partira pas du jour au lendemain du paysage politique. Peut-être même sera-t-il encore présent sur une liste lors des prochaines élections municipales... Cultivateur jusqu’à ses 21 ans, puis conducteur de train à la SNCF, Michel Guérin est né à Darvoy, 7e d’une famille nombreuse. Sensibilisé à la politique par ses parents et son engagement syndical, il a toujours milité pour «ramener la classe ouvrière à sa juste valeur». Son modèle en politique ? «A mes débuts, Jacques Duclos (ndlr : l’un des dirigeants historiques du parti communiste qui avait obtenu 21% en 1969 face à Georges Pompidou), pour lui tout travail méritait salaire et on n’avait pas le droit d’y prélever de l’argent pour enrichir les riches. »
Michel Guérin dit ne pas avoir de regret, «j’ai pratiquement fait tout ce que je voulais». Il réfléchit et, sur le ton du regret, il poursuit de sa voix rocailleuse: «si n’est qu’on a accepté d’accueillir le centre routier, l’usine de traitement des ordures ménagères et la future prison quand les autres n’en voulaient pas. On est la ville qui apporte le plus de taxe professionnelle à l’AgglO et celle qui profite le moins des retombées !» Pour le très grand équipement sportif, Saran semble à l’abri. Ce qui n’empêche pas Michel Guérin de griffer : «c’est un jouet du maire d’Orléans pour se faire briller le nombril ! Nous à Saran, on fait pour la population et avec elle, c’est toute la différence.» Parmi ses camarades, et même au-delà, l’ancien cheminot fait l’unanimité. «Voilà un homme qui a su donner de la franchise, du courage et de la sincérité à son engagement politique», estime Marc Brynhole, un ami de longue date, conseiller régional et adjoint à La Ferté-Saint- Aubin. Un maire charismatique, détonnant dans l’agglomération et anti langue de bois. «Un homme vrai, proche des gens, avec un franc parlé et un sens aigu de défense du service public, il ne laisse personne indifférent», témoigne Michel Ricoud, conseiller général de La Source et élu d’opposition d’Orléans. Dans les rangs socialistes, on lui reconnaît même un certain talent. «Il transcende les courants», remarque Alimi Moreira, 3e candidat – déçu - de la liste PS lors des dernières élections municipales à Saran, actuel secrétaire de la section. «Il y a des gens qui votent socialiste à l’élection présidentielle et qui votent pour lui, il y en a aussi à droite qui votent pour lui.» C’est un fait : en 8 élections, Michel Guérin a établi des scores staliniens (62% des voix en 2008). Alimi Moreira lui trouve quand même des défauts, qui ont tendance à être éclipsés par la bonhomie du personnage : «il y a le Michel Guérin difficile qui fait de la politique et l’homme, profondément sympathique avec qui tout le monde a envie d’aller boire un verre.»
Mais si l’on insiste, la Gauche locale se montre volontiers critique sur la gestion «au jour le jour» du maire : «il règle les affaires courantes alors qu’il y a des défis pour les années à venir. La ville se développe mais elle n’a pas suffisamment d’infrastructures pour y faire face.» Alimi Moreira le reconnaît sans détour : «nous pensons que si Michel Guérin n’est plus là, on aura une plus grand marge de manoeuvre. Ce sera encore son équipe mais je ne crois pas qu’elle puisse faire autant l’unanimité. On l’espère en tout cas...» A droite, les trois élus d’opposition relèvent aussi la tête face. Et, chose étonnante, la figure locale inspire d'abord du bien : «à Saran, il est toujours passé comme un homme affable qui discute avec tout le monde.» Même si, selon Jean-François Sellier, il s'agit d'une façade : «il est très colérique, buté dans ses idées et sa culture politique se ressent dans la gestion de la ville.» Son départ représente-t-il une aubaine ? «Bien évidemment, son retrait ouvre des portes. Son successeur n'aura certainement pas les mêmes capacités dans la gestion des affaires.» Et de faire la comparaison, avec la commune de Fleury-les-Aubrais, dirigée depuis 1995 par Pierre Bauchet (MoDem) après le retrait d'André Chêne, maire (PCF) entre 1971 et 1995. «De toute façon, ce n’est pas encore pour demain, Michel Guérin est toujours là», rétorque Marc Brynhole. En attendant de publier ses mémoires, en décembre, le principal intéressé prévient : «je serai là pour aider mes collègues, on ne va pas me courser comme ça !»
Dans la même catégorie
Les plus vues
Votre tribune
Votre publicité
Votre ville au quotidien
Législatives : le dernier combat d’Hervé de Charette ?
POLITIQUE Député depuis 1988 sur la circonscription des Mauges, le maire de...
A vos agendas
Concert: Voca People
Genre : Variété internationale
Tourisme en loire
Le Parc Loire-Anjou-Touraine mise sur le tourisme durable
En 15 ans, le Parc Loire-Anjou-Touraine est devenu l’un des parcs naturels...



Réagir à cet article
Connectez vous pour commenter cet article