Le business des navettes d'aéroports résiste à Orléans 0
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Publié le jeudi 17 décembre 2009 par : Tribune

Catégories : économie

 Le TGV ne leur fait pas peur ! Et pour cause: entre 25 000 et 30 000 clients empruntent chaque année les navettes d’aéroports de la société Routair, leader du secteur à Orléans, soit jusqu'à 10 rotations par jour à raison de six passagers p... Le TGV ne leur fait pas peur ! Et pour cause: entre 25 000 et 30 000 clients empruntent chaque année les navettes d’aéroports de la société Routair, leader du secteur à Orléans, soit jusqu'à 10 rotations par jour à raison de six passagers par voyage en moyenne. «Un nombre de clients qui a doublé en dix ans», indique Jean-Jacques Bouscatel, PDG de Routair (4 millions de chiffre d'affaires en 2008, 65 salariés; 1,4 million de CA pour l'agence d'Orléans, 18 salariés). L'entreprise exploite un créneau laissé vacant par les transports en commun traditionnels : le transport de personnes sur-mesure vers les aéroports d'Orly et de Roissy, une sorte de taxi mais en moins cher. Il faut compter 65€ pour une personne seule pour un trajet Orléans-Orly en navette collective (47€ par personne s'il y a trois passagers selon une politique tarifaire dégressive), 175€ en berline exclusive. Pour se rendre à Roissy, le tarif grimpe à 72€ (52€ par personne à trois) et 220€ en navette exclusive. «Nous ne souffrons pas de la concurrence avec le TGV, c'est complémentaire du train à la différence que nous prenons les gens à leur domicile avec leurs bagages et nous les déposons au pied de l'aérogare», explique François Chaubert, responsable de l'agence d'Orléans. Le dispositif a ses aficionados : «J'apprécie le porte à porte, le gain de temps et de ne pas avoir à payer un parking en me rendant en voiture à l'aéroport. C'est plus cher que le train mais si j'ai un avion tôt c'est trop la course de prendre le train et sur le retour, passé minuit c'est compliqué de revenir à Orléans», estime Marie, une habitante d'Olivet. Le système, importé du Canada, vise autant les hommes d'affaire que les agences de voyage et les particuliers, mais il touche surtout les plus de 30 ans. La pertinence du dispositif repose sur une organisation bien huilée : «Il y a un énorme boulot de gestion des plannings. On remplit à l'aller et au retour. Mais c'est un peu la loterie ! Il faut un fort taux de remplissage et avoir une voiture dans chaque créneau horaire. Plus il y a de monde et plus c'est facile à gérer. Nous pouvons transporter jusqu'à 130 personnes par jour à Orléans !», souligne Jean- Jacques Bouscatel qui assure que le temps d'attente à l'arrivée se situe dans une fourchette de zéro à deux heures. Jusqu'à l'arrivée de la crise économique et depuis son lancement en 1988 par un agent de voyage, Routair surfait sur un business florissant et enregistrait un taux de croissance à deux chiffres. Cette année en raison de la baisse du trafic aérien, malgré «quatre millions de kilomètres parcourus», la PME évoque une baisse d'activité contenue, de 9% à Orléans et de 18% à l'échelle de la société qui compte une agence Rouen et une autre à Reims où se trouve son siège social. A Orléans, Routair n'a pas le monopole de ce service à la personne puisque deux autres sociétés sont aussi sur le secteur : les cars Dunois et Air Flash. Cette dernière entreprise (400 000€ de CA en 2008, 8 salariés) transporte 6800 voyageurs par an à raison de trois à cinq rotations quotidiennes en moyenne. Tarif pour un aller collectif à Orly : 59€, 66€ pour Roissy. «Nous rencontrons en concurrence avec les taxis sauf qu'ils ne peuvent pas s'aligner car il faut générer une centrale de réservations», témoigne Marc Chevallier, le directeur d'Air Flash. «Nous ne pouvons fonctionner que sur les grands axes pour générer du flux. En dessous de trois rotations par jour ce n'est pas viable.» Même si Air Flash enregistre une baisse d'activité de 10% en 2009, l'entreprise vient d'investir dans trois nouveaux cars de 60 places qui seront mis en service au 1er janvier. Les perspectives de développement en 2010 ? Jean-Jacques Bouscatel reste prudent : «Nous vivons au jour le jour, pendant 10 ans nous avons embauché, j'espère que ça repartira...»

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