La vente directe des légumes, à la mode de chez nous ! 0
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Publié le jeudi 07 juillet 2011 par : Tribune

Catégories : environnement

Du producteur directement au consommateur, la formule plaît en Indre-et-Loire. Pour preuve, les Amap se multiplient, la cueillette à Parçay-Meslay directement chez les exploitants agricoles fleurit, et un distributeur de légumes a pris racine à Saint-Pierre-des-Corps.


 Après le distributeur automatique de lait cru à Azay-le-Rideau, place au distributeur de légumes à Saint-Pierre-des-Corps ! Installée depuis trois mois rue de la Motte, sur l’exploitation de Didie...

Après le distributeur automatique de lait cru à Azay-le-Rideau, place au distributeur de légumes à Saint-Pierre-des-Corps ! Installée depuis trois mois rue de la Motte, sur l’exploitation de Didier Renard, cette machine permet aux consommateurs de se procurer, moyennant quelques pièces de monnaie et un billet, des légumes de saison à toute heure du jour et de la nuit : salades, tomates, concombres, aubergines et autres radis qui sont placés dans l’un des 32 casiers du distributeur que le maraîcher et son fils Ludovic remplissent plusieurs fois par jour. « Le premier mois, nous avons vendu 500 cases de légumes. Le second, 1 200 cases. Ce mois-ci, moins avec la crise du concombre (bactérie E.coli) », précise Didier Renard. Pourtant, les produits sont garantis « made in Saint-Pierre-des-Corps », car cultivés sur place (en agriculture raisonnée), sur les quatre hectares (dont 8 000 m2 de serres) de l’exploitation de Didier Renard. Dans les casiers, on y trouve la salade à 0,70 € ou un panaché de légumes allant de 1,20 € à 2,80 € selon la quantité. Des produits de qualité à petits prix car sans intermédiaires. « Dans certaines grandes surfaces, le produit peut-être vendu le double de ce qu’il nous a été acheté. Ce n’est pas rémunérateur pour nous et le consommateur y perd aussi », précise Didier qui ne met pas non plus toutes les grandes surfaces dans le même panier. Cerise sur le gâteau : le gain de temps et un complément de salaire pour ce paysan inquiet de son avenir. Même si, pour le moment, ce petit plus ne représente qu’1% de son activité, il envisage déjà d’acquérir une autre machine.

Promouvoir l’agriculture locale, c’est aussi l’objectif de Marion Joubert, présidente d’une nouvelle Amap (Association pour le maintien de l’agriculture paysanne) de la vallée de l’Estrigueil. Constituée en avril dernier à Ligueil et rassemblant un jeune maraîcher, Cédric Nonain, et deux producteurs de fromages de chèvres et d’huile de colza, Catherine et Pascal Joubert, cette association vient s’ajouter à la dizaine d’Amap recensée en Indre-et-Loire. « On a constitué l’Amap après une forte demande des habitants de Ligueil sensibilisés par la projection du film « Nos enfants nous accuseront », explique Marion Joubert. L’Amap permet de fournir des produits (de saisons) sains, issus d’une agriculture biologique, à un prix raisonnable ». Le principe est simple : « On adhère à l’Amap, on remplit un calendrier prévisionnel de commande de paniers ce qui permet aux producteurs d’anticiper sur la cueillette et on choisit le format du panier : pour 2 personnes à 12 € ou pour 3 à 4 personnes pour 18 € ».

À quelques kilomètres de là, à Parçay-Meslay, Nicolas Fterlin, exploitant agricole et gérant des « Jardins de Meslay », propose depuis 16 ans aux gourmands de cueillir eux-mêmes, de Pâques à la Toussaint, leurs fruits, légumes, aromatiques, et autres fleurs... dans son petit jardin d’une quinzaine d’hectares (dont 5 000 m2 de couvert). « L’avantage, c’est qu’il n’y a pas d’intermédiaires, les produits sont frais et le goût est incomparable. Et il y a aussi l’aspect de la traçabilité : au moins, vous savez d’où viennent vos produits ». Dernier argument, le prix : « Sur de petits produits comme la fraise ou la framboise, on est facilement moitié moins cher que dans le commerce ». Pour cause, l’agriculteur arrive à faire son beurre grâce à la main-d’oeuvre gratuite, celle du consommateur : « Sur des produits comme les groseilles et les framboises, comme le ramassage est très long, la main d’oeuvre représente près de 50% du coût de production. Comme ce sont les clients qui cueillent pour eux, l’opération est plus rentable ». En revanche, pour les légumes ramassés à l’aide de machine comme les pommes de terre, l’écart de prix ne sera pas le même. Et même s’il faut compter une petite heure pour faire son marché dans les Jardins de Meslay, le concept de la cueillette par les consommateurs, venu des États-Unis, plaît de plus en plus. Pour preuve, 15 000 gourmands viennent dans ces jardins chaque année dont 10% en plus ces deux dernières années.

Alexia Mellier

Infos pratiques

•Entreprise Renard, 25 rue de la Motte à Saint-Pierre des Corps. Tél. 02 47 44 55 12.

•Amap de la vallée de l’Estrigueil, Pré de la Planche à Ligueil. Tél. : 06 86 67 82 11.

•Les Jardins de Meslay, Parçay-Meslay. 
Tél. 02 47 29 05 20. 
www.lesjardinsdemeslay.fr


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