La Poste se restructure dans la douleur 0
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Publié le vendredi 19 mars 2010 par : Tribune

Catégories : économie

 Face à la baisse du courrier et en vue de l’ouverture totale à la concurrence du secteur postal le 1er janvier 2011, la maison jaune est en pleine restructuration. À Orléans, les facteurs pédalent dur mais le courrier arrive en retard.     ... Face à la baisse du courrier et en vue de l’ouverture totale à la concurrence du secteur postal le 1er janvier 2011, la maison jaune est en pleine restructuration. À Orléans, les facteurs pédalent dur mais le courrier arrive en retard. Le vieil établissement public se modernise avec difficultés. Devenue société anonyme à capitaux publics le 1er mars, La Poste (20,53 milliards d’euros de CA, dont 11,6 milliards pour le courrier et 531 millions de bénéfice net en 2009) rationalise son organisation avec, en ligne de mire, la date du 1er janvier 2011 et l’ouverture totale à la concurrence de la distribution du courrier de moins de 50 grammes en Europe. Même si, comme le rappelle Patrick Hamon, directeur du groupement courrier Loiret à La Poste, «60% de l’activité, au-delà de 50 grammes, est déjà soumise à la concurrence», aucun concurrent n’a encore pointé son nez dans le département, hormis Adrexo sur la distribution d’imprimés publicitaires. En région Centre, le trafic du courrier a diminué de 5,5% en 2009, grignoté par Internet, de 8,5% entre 2007 et 2009. Les syndicats ne le nient pas mais critiquent une restructuration calculée «sur la base d’une baisse de 9%», indique Michel Pineau, secrétaire régional CGT. Sur le terrain, les tournées de facteurs sont modifiées, certaines gommées. Des postes ne sont pas remplacés et les 1493 postiers affectés au courrier dans le Loiret en 2009 (1542 en 2008 ; sur 4500 collaborateurs au total) dénoncent des conditions de travail qui se dégradent, sachant que le salaire moyen d’un facteur débutant est de 1100€ net par mois. Ainsi, depuis le 19 janvier, dans le cadre de la nouvelle organisation du travail “facteur d’avenir”, le bureau des Droits de l’Homme à Orléans - qui dessert tout le nord de la ville – a subi une réorganisation complète : 57 tournées au lieu de 62 et «15 postes ont été supprimés», insiste Eddy Talbot, du syndicat Sud-PTT. À Fleury, le nombre de tournées est descendu de 32 à 30. «“Facteur d’avenir” a conduit à une réduction des tournées avec une augmentation des cadences qui rend difficile un tri de qualité», souligne Dominique Le Brun, facteur et conseiller municipal (PCF) d’Orléans. Il en résulte des dépassements horaires, des retards de livraison et du courrier en souffrance qui s’accumule. «On entend parler de sureffectif mais on croule sous le travail ! Comme nous sommes moins nombreux, cela génère des tournées à découvert, 1 à 5 par semaine», assure Pascal Ravet, de Sud-PTT à Fleury. «Demain, il y aura du courrier à J+3 et J+4», prévient Michel Pineau. La direction joue la subtilité : «Nous n’avons pas de courrier en retard car nous avons obligation de distribuer dans la journée.» Les syndicats pointent aussi du doigt «l’explosion» des arrêts maladie. Patrick Hamon réfute : «l’absentéisme est identique, mais lorsqu’on change les organisations, il y a toujours un peu de résistance…» Et ce n’est que le début de la transformation dans le Loiret car le centre de traitement du courrier (CTC) de Fleury (300 agents) deviendra plateforme industrielle du courrier (PIC) le 2 novembre 2010. «Des dizaines d’emplois seront supprimés», précise Alain Léonard de la CGT. La plateforme de préparation et de distribution du courrier d’Ingré sera restructurée car une machine plus moderne sera intégrée à Fleury : «c’est une gabegie financière», peste Alain Léonard. Et une autre plateforme sera mise en place fin juillet à Chalette. «Il n’y a pas encore de licenciements à La Poste mais les anciens qui partent ne sont pas remplacés, des cadres se retrouvent du jour au lendemain dans un placard… Depuis l’an dernier, il n’y a plus d’embauche alors qu’avant il y en avait 100 par an sur l’Eure-et-Loir, le Loiret et le Loir-et-Cher», résume Alain Léonard. Autrement dit : «C’est la qualité de service qui se dégrade !»

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