La pauvreté en nette hausse avec la crise 0
Publié le mercredi 14 avril 2010 par : Tribune
SOCIETE
La précarité gagne du
terrain dans le Loiret. Le nombre
de bénéficiaires des aides sociales
fait un bond en avant et leur profil
évolue. Les associations s’en
inquiètent.
Tous les indicateurs sont au rouge ! Sur
un an, le nombre d’habitants du Loiret
en situation de pauvreté s’est fortement
accru. Ainsi, en janvier 2010, 14 402 foyers
bénéficiaient du RSA(1) dans le département,
selon le Conseil général du Loiret, contre
11 976 en juin 2009, soit une augmentation
de 20,25%. Cette dégradation de la situation
sociale est constatée par toutes les associations
caritatives. «C’est du jamais vu, cinq nouvelles
personnes viennent nous voir tous les jours ! Dont
des jeunes de moins de 25 ans qui n’ont rien et
ne touchent même pas le RSA», témoigne Jacky
Henriot, bénévole du Secours Populaire, au sein
de l’antenne orléanaise de la rue des Pensées.
Selon Chantal Pignon, secrétaire départementale
en charge des permanences au Secours
Populaire, «depuis septembre, le nombre de
demandeurs des paniers repas a augmenté de
15 à 20% et je reçois 15 personnes par semaine,
envoyées par les assistantes sociales, pour faire des
montages financiers liées à des factures impayées,
mon classeur est plein à craquer !»
Aux Restos du Coeur, dont la campagne hivernale
vient de s’achever fin mars, 501 000 repas
ont été servis depuis fin novembre (+40% par
rapport à l’an passé), soit 25 000 en moyenne
par semaine. 6900 personnes se sont inscrites
(+6%) et le nombre de familles (1900 inscrites)
a progressé de 80%. «La pauvreté a augmenté
sensiblement», constate Alain, un bénévole des
Restos, «les collectes fonctionnent bien pour l’instant
mais un jour il y aura un problème ! Nous avons eu
une croissance de la population dite “indigène”, des
jeunes retraités dont la retraite ne permet pas de
survivre, des femmes seules et des travailleurs précaires.
Ça existait déjà il y a quelques années mais
cette année ils sont beaucoup plus nombreux.»
La Croix Rouge dresse le même tableau noir.
La distribution vestimentaire progresse de
10% sur un an et la fréquentation de l’aide alimentaire
grimpe de 20% entre 2009 et 2010,
sachant que 480 familles y ont recours chaque
mois. «Il y a de plus en plus de familles», confirme
Laure-Marie Minière, déléguée départementale,
«avant elles venaient pendant 6 à 8 mois, jusqu’à ce
qu’elles trouvent un travail. Aujourd’hui, elles restent
de plus en plus longtemps, jusqu’à 4 ou 5 ans.»
En plus des demandeurs d’asile et des occupants
des centres d’hébergement d’urgence,
le nombre de travailleurs pauvres et d’étudiants
augmente : «beaucoup ont honte alors nous allons
sur le campus universitaire, nous réfléchissons à
faire une nocturne le vendredi et nous avons en
projet d’ouvrir début juin une vestiboutique dans le
centre d’Orléans», poursuit Laure-Marie Minière.
Entre 30 et 50 personnes se rendent également
chaque soir au camion de la Croix Rouge dans
le cadre de la maraude. «Il n’y a plus seulement
des SDF ! Des gens qui ont un logement viennent
nous voir, pour un café ou un sandwich, de plus en
plus parmi eux se sentent seuls.»
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