La Cosmetic Valley en passe de devenir pôle mondial 0
Publié le vendredi 26 mars 2010 par : Tribune
La Cosmetic
Valley, labellisée pôle de
compétitivité national en
2005, pourrait devenir pôle
mondial d’ici quelques mois.
Avec, à la clef, un rayonnement
supplémentaire pour
les entreprises du secteur.
Le label pôle mondial pourrait être
décerné à la Cosmetic Valley (550
entreprises, 47000 emplois, 11 milliards
d’euros de chiffre d’affaires en 2009)
«dans deux ou trois mois», confie une source
proche du dossier. «Il s’agirait d’une correction
de vocable, le ministère de l’industrie
peut changer les règles», confirme Daniel
Guillermin, vice-président de la Cosmetic
Valley et PDG de Shiseido. Depuis juillet
2005 et sa labellisation en tant que pôle
de compétitivité national “Sciences de la
beauté et du bien-être”, l’association court
après cette reconnaissance. Dans les faits,
elle s’est déjà autoproclamée : «nous sommes
reconnus pôle mondial auprès des plus
grandes marques, la Cosmetic Valley représente
80% du duty-free (les boutiques hors
taxes des aéroports) dans le monde et, au
niveau national, la parfumerie-cosmétique
est le 2e secteur exportateur de l’industrie,
derrière l’aéronautique, avec entre 7 et 8
milliards d’euros», souligne Jean-Luc Ansel,
directeur général du pôle de compétitivité.
Patrice André, vice-président de la
Cosmetic Valley et directeur de laboratoire
au sein du groupe LVMH Recherche, relève
d’ailleurs que pendant la campagne des régionales,
Hervé Novelli, Secrétaire d’Etat
au Commerce et tête de liste de l’UMP,
a parlé de «pôle mondial» à la télévision.
Mais il relativise : «c’est le vieux système de
décorations, ce qui compte c’est qu’il se passe
des choses et cette reconnaissance permettrait
d’avoir un pôle plus ouvert !»
Jusqu’à aujourd’hui, le pôle cosmétique
ne répondait pas aux critères, fixés par le
ministère, qui ont permis à 7 pôles parmi
71 d’être reconnus «mondiaux», notamment
en raison de son trop petit nombre
de chercheurs – en 2005 l’association
rassemblait deux universités contre
six aujourd’hui et 7680 chercheurs –, de
l’absence d’une filière de cosmétologie à
l’université et, aussi, d’un manque d’investissements
dans la R&D. Or actuellement,
41 projets de recherche sont en cours, soit
75 millions d’euros... «Le label pôle mondial
devrait être réservé à un pôle dont les capacités
d’innovation dans son domaine le placent
parmi les leaders mondiaux et dont les thématiques
sont suffisamment larges pour lui
assurer une visibilité mondiale», soulignent
les cabinets Boston Consulting Group et
CM International dans leur rapport de juin
2008. «Il fallait rentrer dans des cadres administratifs,
établis par des énarques», peste
un membre de la Cosmetic Valley, «alors
que notre rayonnement est mondial et que les
adhérents (ndlr : dont 80% de PME) exportent
70% de leur production !» Jean-Luc
Ansel résume : «tout ce qui est lié à une
certaine tradition du luxe est encore mal compris
par l’Etat qui préfère vendre des TGV
plutôt que le Made in France... Alors que nous
nous étions engagés à créer 5000 emplois en
10 ans et que nous avons largement rempli
cet objectif !»
Ce label mondial fait l’objet d’âpres
négociations, «de marchandage», glisse une
source bien informée. «L’État a en réflexion
le rapprochement de certains pôles, à ce titre
le ministre de l’Industrie Christian Estrosi a
demandé à ce que le pôle Pass “Parfums
Arômes Senteurs Saveurs”, spécialisé dans
les matières premières à Grasse (Alpes-
Maritimes), qui ne se porte pas très bien,
soit rapproché de la Cosmetic Valley.» Un
moyen de pression tout trouvé pour la
Cosmetic Valley qui serait disposée à
signer une convention, à condition toutefois
que l’État lui décerne le label
mondial. Mais sans délaisser son leadership...
D’ailleurs, dans cette perspective,
le pôle Pass deviendrait “Cosmetic Valley
Pôle Aromes”.
Si le label tombait, il permettrait «une
meilleure visibilité mais aussi de pérenniser
et de redonner une dynamique à l’industrie
française en montant des projets plus ambitieux
», estime Jean-Luc Ansel. Autre détail
non négligeable : financièrement, alors que
la Cosmetic Valley dispose d’un budget
d’1,2 million d’euros, dont 17% financés par
l’État et 70% par les collectivités locales, la
participation de l’Etat pourrait doubler.
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