La Clémence de Titus de Mozart ouvre la saison lyrique 0
Publié le jeudi 08 octobre 2009 par : Tribune
Trois mois avant sa mort, Mozart termine
deux opéras : La Flûte enchantée et La
Clémence de Titus. Alors que le premier
a connu une postérité des plus pérennes, le
deuxième avait été qualifié de « porcherie allemande
» par l'impératrice lors de sa première
représentation, et cette image lui est sans
doute restée attachée. Cela est pourtant
injuste, car comme le souligne Jean-Yves
Ossonce, le chef d'orchestre de l'opéra de
Tours, « c'est un très bel ouvrage à la musique
sublime ». Mozart, qui composait de tête avant
de coucher sa musique sur la partition, a réussi
l'exploit de finir son ouvrage en six semaines
avec très peu de corrections sur la partition
originale.
Il n'en signe pas moins un chef d'oeuvre, dont la simplicité aurait dû encourager à la production. D'autant plus que le sujet de cet « opera seria » (opéra traditionnel italien) reste très actuel : il « pose le problème des rapports des gens avec le pouvoir, c'est une une oeuvre qui questionne notre époque, qui est très violente », dit Jean-Yves Ossonce, qui ajoute que ce n'est pas du tout un texte crépusculaire (bien que Mozart l'ait écrit dans les derniers mois de sa vie, malade et accablé de soucis), puisqu'il aborde Titus, empereur romain, sous l'angle de Suétone : d'un chef de guerre violent, il devient, une fois arrivé au pouvoir, un chef très bon et enclin au pardon, malgré les nombreux complots fomentés à son égard. « Je sais tout, je pardonne à chacun, j'oublie tout », résume Jean-Yves Ossonce. Le premier acte de La Clémence de Titus pose un décor empreint d'amours, de jalousies, de trahisons. Dans l'acte II, l'empereur enquêtera pour démêler les ficelles d'un complot. Cette première adaptation pour Jean-Yves Ossonce signe une très belle ouverture de saison de raretés : donné il y a une dizaine d'années, mais dans une version assez terne, cette nouvelle mise en scène d'Alain Garichot vaut vraiment que l'on se déplace.
Chloé Chateau
La Clémence de Titus, Operia seria en 2 actes, K. 621. Livret de Caterino Mazzolà, d'après Metastasio et Bérénice de Racine. Italien, surtitré en français. Direction : Jean-Yves Ossonce, mise en scène : Alain Garichot, Avec, dans le rôle de Titus, Yves Saelens et dans celui de Vitellia Rié Hamada. Vendredi 9 octobre à 20h, Di manche 11 octobre à 15h et Mardi 13 octobre à 20h. Tarifs : 7-51€. Renseignements et réservations au 02 47 60 20 00, par mail : theatre-billetterie@villetours. fr ou sur le site Internet : www.operadetours. fr
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