la chasse à courre résiste toujours aux écologistes 0
Publié le mercredi 30 septembre 2009 par : Tribune
Alors que la saison de chasse à courre
a commencé depuis le 15 septembre
-et se prolongera jusqu'en mars- passionnés
et opposants se retrouvent sur le
terrain de la communication, les premiers
pour redorer le blason de la vènerie, les
seconds pour obtenir son interdiction ou
tout au moins sa limitation... Il y a deux ans,
les anti-chasse appelés aussi "hunt saboteurs"
ont renforcé leurs opérations de
blocage des chasses à courre, les
équipages - 18 en Indre-et-Loire, ce qui
représente environ un millier de chasseurs -
ont alors fait profil bas. En Touraine, un des
départements les plus importants et un des
berceaux de la vènerie en France, on chasse
le cerf, le sanglier, le chevreuil ou encore
le lièvre...
La vènerie pour Jean-Marc Maingault, qui a créé un équipage en 2007, « c'est d'abord le respect, la première qualité que doit avoir un équipage. Respect social, verbal et de présentation... L'autre aspect de la vènerie, c'est qu'il ne s'agit pas de pourchasser l'animal jusqu'au bout mais d'être plus rusé que lui, il y a des prises avec de mauvaises chasses et des belles chasses sans prises ». Des arguments que les anti chasse à courre rejettent avec vigueur... Pour James Allion, un des opposants tourangeaux à la vènerie, qui fut lui-même chasseur, « la chasse à courre, c'est une autre époque, c'est la France à l'ancienne avec ses nobles et ses petites gens... Et sa cruauté... » Dans la grande famille des chasseurs, on constate que les passionnés de vènerie ont, depuis quelques temps, « ouvert les équipages, ça s'est démocratisé », souligne Jean Abarnou, le président de la Fédération départementale de la chasse... Et alors que la pratique de la chasse traditionnelle est elle-même attaquée, « la tendance est plutôt à resserrer les rangs ». Pourtant, selon James Allion, « un certain nombre de chasseurs voient la vènerie d'un mauvais oeil, surtout qu'elle ne représente pas grand chose, 5 à 10 000 veneurs tout au plus en France sur le million et demi de chasseurs ». Mais, toujours selon les "hunt saboteurs", « la vènerie touche des gens qui sont des décideurs économiques et politiques... A l'Assemblée Nationale, c'est le premier groupe représenté chez les députés ». Une force indéniable qui a permis d'échapper aux lois anti-chasse à courre votées dans les principaux pays européens. En France, c'est même la tendance inverse qui se profile puisqu'un décret pourrait sortir dans quelques mois pour pénaliser les actions de blocage des "hunt saboteurs". Pour Jean-Marc Maingault, la vènerie a évolué... Et il entend le faire savoir... « Même si une certaine image de la noblesse reste, la chasse à courre s'est ouverte aujourd'hui à d'autres catégories sociales... Moi-même, je suis agriculteur... On constate aussi qu'il y a de plus en plus de suiveurs qui viennent voir les chasses... Au point que, parfois, il y a beaucoup de voitures, ça devient un problème... ». Reste que, pour David Chauvet, responsable de l'association Droits des animaux, « il n'y a aucune raison qu'on arrête nos opérations de blocages. D'autant plus que, selon un sondage de la fondation Brigitte Bardot, 73% des français sont contre la chasse à courre ».
Antoine Geslin
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