La chasse à courre redevient tendance 0
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Publié le jeudi 12 novembre 2009 par : Tribune

Catégories : Actualités

 Bien que la pratique suscite la critique de quelques militants écologistes, la vénerie, ce mode de chasse ancestral qui consiste à poursuivre un animal sauvage avec une meute de chiens, a su s'adapter et rassemble de plus en plus de spectateurs. ... Bien que la pratique suscite la critique de quelques militants écologistes, la vénerie, ce mode de chasse ancestral qui consiste à poursuivre un animal sauvage avec une meute de chiens, a su s'adapter et rassemble de plus en plus de spectateurs. L’activité, autorisée depuis début septembre et jusqu’à fin mars, rassemble deux fois par semaine plus de 250 «boutons» - les membres d'équipages - et plusieurs centaines de «suiveurs», à pied en voiture ou à vélo, dans le Loiret. Un nombre en progression régulière, sachant que deux équipages de grande vénerie louent à l'année une partie de la forêt domaniale d'Orléans : le rallye de la Brie (40 boutons) et celui de Combreux (30 boutons). Cinq autres rallyes dont les chenils sont domiciliés dans le Loiret pratiquent aussi la chasse à courre en forêt d'Orléans, en payant une licence à l'Office nationale des forêts, plus le rallye Montardillières qui chasse le chevreuil en forêt domaniale de Montargis et les équipages, dont certains qui chassent à pied le lièvre, invités ponctuellement par les propriétaires de terrain en Sologne. «La chasse à courre est très importante dans le Loiret du fait de la présence de la plus grande forêt domaniale de France», indique André Lutun, directeur de la fédération de chasse du Loiret qui compte 22 000 chasseurs licenciés. «C’est le seul mode de chasse qui se développe avec la chasse à l’arc !», insiste Pierre de Boisguilbert, secrétaire général de la Société de Vénerie. Ainsi, 407 équipages existent en France actuellement (sept dans le Loiret), dont 39 de cerfs et quelque 80 de chevreuils, et il s’en créé une vingtaine chaque année. «Il y a deux fois plus d’équipages qu’en 1914, époque considérée comme l’âge d’or de la vénerie.» L’explication ? «La vénerie française a opéré sa mutation il y a plusieurs années, elle a su s’ouvrir aux suiveurs et s’est beaucoup démocratisée», explique Jean-Noël Cardoux, conseiller général et ancien maire de Sully-sur-Loire, bouton au Rallye de la Brie et co-auteur d’un ouvrage consacré à la Vénerie en forêt d’Orléans. Selon lui, la chasse à courre rassemble de nombreux forestiers et agriculteurs, mais pas seulement : «les bûcherons mal rasés saucissonnent régulièrement avec des cadres.» Pierre de Boisguilbert souligne aussi le nombre important de femmes et de jeunes passionnés par les chiens courants : «c’est une mosaïque culturelle.» La chasse à courre contribue toutefois moins à la régulation des populations d’animaux sauvages que la chasse à tir mais elle y participe. «900 cerfs sont prélevés en vénerie sur un an, contre entre 40 000 et 50 000 cerfs tirés», évalue Pierre de Boisguilbert. La forêt d’Orléans est divisée en trois massifs et l’Office nationale des forêts détermine un plan de chasse par secteur : 12 bracelets cerfs pour le massif d’Orléans (6500 hectares), dont 5 pour la chasse à courre ; 32 bracelets sont autorisés dans le massif d’Ingrannes (15000 hectares) dont 23 pour la vénerie ; et une cinquantaine de cerfs peuvent être prélevés dans le massif de Lorris (14 000 hectares) dont une trentaine alloués aux veneurs. La pratique ne s’est toutefois pas complètement réconciliée avec tous les écologistes et suscite encore les critiques de plusieurs usagers de la forêt. «Il s’agit d’une traque, d'une pratique barbare comparable à la tauromachie, la chasse à courre devrait être interdite comme en Angleterre !», estime un militant écologiste, sous couvert de l’anonymat. «La régulation ? Il y a des plans de chasse et des gens qui savent très bien faire ça. La chasse à courre me révolte, elle dérange les animaux et il y a un risque pour les promeneurs et les habitations car la forêt est très proche de la ville dans la région. Ça reste plus une activité réservée aux 4x4 qu’aux vélos.» Catherine Poisson, maître d’équipage adjoint au Rallye de la Brie, dénonce les idées reçues : «la vénerie est la chasse la plus écologique qui soit, c’est un rapport de force entre le chien et l’animal. Les chiens travaillent avec leur nez, l’animal est pris lorsqu’il n’a plus de force, les chiens choisissent souvent un cerf qui ne va pas bien.» Charge ensuite aux cavaliers-veneurs de donner l’ultime coup de dague. «Ensuite le cerf est donné aux chiens et quelques bons morceaux sont offerts mais on ne chasse pas pour la viande !», insiste Catherine Poisson. «Les plus grands adversaires ce sont les végétaliens et les anti-chasse mais hormis ce petit noyau, les écologistes classiques sont parvenus à comprendre qu’il y a trop d’animaux », résume Jean-Noël Cardoux. «D’autant plus que l’animal n’est pris qu’une fois sur deux ! Il y a toujours des relations difficiles lorsqu’un animal s’échappe de la forêt mais c’est rare et les consignes sont strictes : les cavaliers s’arrêtent à la limite de la forêt.» Quant aux tarifs, Catherine Poisson les compare à ceux de la chasse à tir. Au détail près qu'il faut posséder ou louer son cheval... Et la participation s'élève entre 2000€ et 2500€ pour un équipage de chevreuil et entre 2500€ et 4000€ pour le cerf. Les suiveurs réunis au sein de l’association des amis du Rallye de la Brie doivent, eux, s’acquitter de 200€ par an, payés à l’ONF, pour obtenir leur laisser passer dans les sentiers.

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