L'infirmerie de l'ASGT affiche complet 0
Publié le mercredi 05 novembre 2008 par : Tribune
Avant de se rendre à Strasbourg en match en retard de la 10e journée de la ligue Magnus, l'infirmerie tourangelle affiche complet. Du jamais vu, au dire même de l'entraîneur franco-canadien Robert Millette, qui a pourtant une longue expérience des coups durs, et qui sait parfaitement les gérer. Après le Canadien Dominic Noël absent jusqu'à la fin de la saison, et l'Irlandais Patrick Gannon, qui s'est luxé l'épaule, c'est l'attaquant Vincent Ouellette qui manquera à l'appel vendredi, suite à une vilaine entorse au genou contractée lors du match de Coupe de la Ligue contre Rouen. Rien de grave certes, mais voilà qui va contraindre Robert Millette à bouleverser une fois de plus ses lignes d'attaque : « Si l'on tient compte de la blessure de Steven Key, il y a un mois, cela fait trois joueurs out au même moment mais on a su gérer. On a demandé à chacun de faire le maximum, et les joueurs ont répondu présent. Au niveau des lignes, on a tout changé. Cette débauche d'efforts associée aux bonnes performances de nos gardiens, Adam Russo et Pierre Pochon nous a permis de gagner des matchs importants contre Amiens ou Villars. Au niveau du timing, on reste dans les temps.
Tout le monde s’est senti impliqué dans notre focus. C’est avec ce genre d’imprévu que l’on voit si les gars sont des professionnels et moi je peux vous dire que le groupe a très bien réagi, dans le sens que j'attendais, j’aime cet état d’esprit. » 6ème au classement, Tours, meilleure défense du championnat ex-æquo avec Briançon, entend rester le plus longtemps possible dans le sillage du voisin et rival Angevin, Millette attendant les prochaines échéances, pour revenir à 3 points d'Angers. Depuis quelques jours, le coach de l'ASGT alterne donc les phases de repos et de travail, histoire de ne pas davantage perturber des organismes particulièrement sollicités. Autant dire que le report du déplacement à Strasbourg initialement prévu le 1er Novembre est tombé à point pour recharger les batteries. A ces blessures à répétition, somme toute normales pour une équipe qui jouait sur trois tableaux (Tours est encore engagé en Coupe de France), s'est ajoutée fin octobre, la spectaculaire défection d'Olivier Filion. A la veille d'un match de Coupe à Cholet, le centre canadien de 26 ans, ex-star des Alaska Aces durant 4 ans, l'un des gros recrutement de l'intersaison, a préféré retourner aux Etats-Unis, et plus particulièrement dans un autre club d'ECHL (Victoria Salmon Kings). Quant aux raisons invoquées pour justifier ce départ aussi surprenant que précipité, elles divergent selon les acteurs. Pour Robert Millette, Filion ne parvenait pas à s'adapter à la vie tourangelle. « Sa femme qui est américaine ne se plaisait pas ici. Quand elle arrivait à la patinoire, je la sentais toujours un peu malheureuse. Elle ne parlait pas un mot de français. Il faut dire qu'elle n'est jamais sortie de l'Alaska de sa vie. Elle est restée dans le luxe (sic) et elle n'a pas su s'adapter. C'est tout. Là-bas ils avaient tout, au-delà même de l'imaginable. Les enfants étaient pourtant heureux d'être scolarisés en France mais elle non. Quand elle a aménagé dans l'appartement, elle ne savait même pas faire marcher le sèche-linge. » A l'arrivée et toujours selon le coach tourangeau, les performances de Filion n'aurait pas suivi malgré 6 buts en 12 matchs et un nombre conséquent d'assistances. « Je n'étais pas satisfait de ce qu'il faisait, mais je savais aussi que c'était lié à un certain contexte. On s'est quittés bons amis. Cela ne sert a rien de vouloir retenir à tout prix quelqu'un qui est malheureux. » Officieusement, il semblerait aussi que Filion soit parti parce qu'il ne s'adaptait pas au climat et au jeu, nettement moins physique qu'en Amérique du Nord. Un départ qui pose bien des interrogations sur le degré de motivation de ces joueurs nordaméricains, parfois prêts à céder à la tentation de contrats plus rémunérateurs outre-Atlantique. Car le cas Filion n'a rien d'une exception. L'an dernier, deux autres "tourangeaux", le défenseur Jonathan Gauthier, et l'attaquant Guillaume Rodrigue, avaient pris la clé des champs. Une tendance entrevue également dans de nombreux clubs français et qui s'est accélérée depuis le milieu des années 2000. « Pour Rodrigue, c'était une question d'impôt. Il a fait du chantage et j'ai refusé de céder, précise Millette. Le seul que j'ai vraiment regretté c'est Gauthier. Mais il bénéficiait d'un gros contrat au Canada, et on ne pouvait pas s'aligner. Il est parti pour de l'argent. » Mais pour Millette la réputation faite à ses compatriotes restent injustifiée. « En 8 ans de coaching, je n'ai eu que 3 départs. C'est très peu. Les médias évoquent ces fuites parce que les canadiens sont avant-tout des joueurs d'impacts. Quand Eric Doucet a quitté Rouen, on en a fait tout un plat. Mais quand un slovaque ou un tchèque part de Grenoble, curieusement personne n'en parle. » A Tours, l'option canadienne va donc encore être privilégiée. Le remplaçant de Filion était attendu en milieu de semaine. « Un gros défenseur, annonce Bob Millette, un joueur complet doté d'un bon lancer, qui a terminé meilleur défenseur de sa ligue la saison passée, et qui pourra jouer en attaque. » Pour des raisons budgétaires, Noël lui, ne sera pas remplacé. D'ici à 3 semaines, l'ASGT aura récupéré l'intégralité de son effectif. « Patrick Gannon se soigne bien et on pense le retrouver dans les délais donnés par le staff médical, Vincent Ouellette devrait retrouver le groupe dans les jours à venir et Steven Kaye retrouve un peu plus chaque jour ses sensations au niveau de sa main. » De quoi voir venir. Et de quoi jouer, à nouveau, les épouvantails dans cette ligue Magnus décidement très indécise.
Christophe Belhomme
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