L'immobilier neuf : un investissement et un choix de vie ! 0
Publié le jeudi 24 juin 2010 par : Tribune
Catégories : société
Effondrement spectaculaire
du marché du logement neuf,
fin 2008, les promoteurs ont su
profiter des mesures
gouvernementales pour se
stabiliser et rebondir. Et avec
une politique très efficace
en matière de logement,
Tours fait figure de très bon élève.
Si la situation du marché de l’immobilier
neuf s’est stabilisée, c’est
surtout grâce aux mesures telles
que le dispositif Scellier ou le renforcement
du prêt à taux zéro (PTZ). « Le
dispositif Scellier a permis de maintenir la
production et la commercialisation de
logements neufs dans des proportions encourageantes,
explique Bruno Portelli,
responsable des ventes en région Centre
de Bouygues Immobilier. Le renforcement
du prêt à taux zéro a permis de maintenir
le nombre de demande des primoaccédants,
ces ménages souhaitant acheter
leur résidence principale et dont les
revenus ne dépassent pas cer tains
plafonds. » Un constat que partage
Benoit Aiglon, directeur d’Exeo Promotion
et président de la fédération des
promoteurs-constructeurs en région
Centre : « En plus du dispositif Scellier,
nous avons la chance à Tours de bénéficier
d’une politique visant à favoriser encore
d’avantage la primo accession, à travers
des mesures telles que le doublement du
prêt à taux zéro ou encore par un recours
accru du Pass foncier.
Tout ceci a permis
de maintenir le volume d’activité et de
sauver un grand nombre d’entreprises.»
indique-t-il.
« Le marché du neuf n’a de toute façon
pas connu une crise aussi forte que celui
de l’ancien, poursuit Bruno Portelli.
Cer tes, il y a eu un phénomène d’attentisme
de la par t des promoteurs immobiliers,
qui se sont sentis contraints
d’attendre pour lancer de nouveaux
projets, dans la mesure où ceux-ci ne trouveraient
pas forcément preneurs. L’effet
médiatique de la crise étant passé, les ménages
ont retrouvé une bonne par tie de
leur moral et les investisseurs ont pu sortir
de cet attentisme et envisager de nouveaux
projets. » «En ce qui nous concerne, nous
avons toujours maintenu une politique
d'engagement d'opérations très prudente,
signale Antoine Mosnier, directeur
général de Nexity Georges V Centre
Loire. Nos programmes étaient de fait
soumis à moins de tensions et de fluctuations.
» Il y a donc bien eu une réelle
différence de vécu de la crise entre le
marché du logement neuf et celui de
l’ancien. « L’ancien a une décote censée se
située entre 30 et 40 % par rappor t au
neuf, indique Benoit Aiglon. Pourtant, du
fait d’un impor tant coût de travaux de
réhabilitation, de chantiers de mises aux
normes de base ; le chauffage et l’électricité,
mais également de mise aux normes en
matière de performances énergétiques, le
prix de l’ancien a frôlé celui du neuf.
Ajouter à cela des prix mal réglementés, la
crise du marché de l’ancien ne pouvait
qu’être plus violente. Les prix du neuf, eux,
ont toujours été stables. »
Ainsi, du côté d’Exeo Promotion, Benoit
Aiglon indique que 1640 logements ont
été vendus en 2009 et que près de 1000
sont en cours de construction.
Bouygues Immobilier, pourtant leader
sur la scène nationale, affiche des
chiffres localement plus timides : « Nous
avons effectué 980 livraisons, dont plus de
680 ventes en 2009 et 600 logements
sont en cours de construction. » affirme
Bruno Portelli. Il en ressort toutefois
une même volonté de construire, favorisée
par la ville de Tours et voulu
depuis longtemps par l'État. Soulignons
qu’au niveau national, la pénurie était de
200 000 de logement avant la crise et
que, du fait de cet attentisme des
promoteurs, elle dépasse désormais les
300 000. Mais l’une des principales
difficultés reste purement géographique.
Et sur ce point, les avis divergent selon
les promoteurs. « Nous sommes en train
de revoir notre zonage afin de redensifier le
centre-ville, déclare Benoit Aiglon.
L’étalage urbain n’est pas la seule solution.
Nous travaillons notamment à la manière
d’augmenter la hauteur de nos bâtiments
tout en gardant l’harmonie de nos constructions
actuelles. L’objectif d’un promoteur-
constructeur n’est pas de massacrer
des hectares. » Pour Bruno Portelli : « La
redensification des centres-villes peut se
faire de manière très minime. Si aujourd’hui
nos résidences font trois ou quatre
étages, on ne peut en rajouter qu’un ou
deux, pas d’avantage. L’étalage urbain
raisonné est une réalité avec laquelle nous
devons composer. »
Les promoteurs s’accordent toutefois
sur une inquiétude concernant une
hausse inévitable des prix, dans les
années à venir. Aujourd’hui, le prix
moyen du m² varie, selon la superficie
et l’emplacement, entre 3000 et 4000 €
pour la vente et entre 8 et 11€ pour la
location. Or, les coûts liés à l’intensification
progressive des exigences
énergétiques devraient corser l’addition.
En effet, le Grenelle impose à tous les
bâtiments de répondre à des normes "
basses consommation " d’ici 2011, à une
" très haute qualité environnementale "
d’ici 2015 et à une " énergie positive "
d'ici 2020. Soit un coût supplémentaire
de production de 37 %, selon Benoit
Aiglon. Un coût qui se répercutera
forcément au moment de la transaction.
« Avec les nouveaux chantiers en
construction, il va toutefois y avoir une
augmentation massive de l'offre, ce qui
devrait contribuer à maintenir l'équilibre. »
rassure Antoine Mosnier.
Des logements neufs pour du sur mesure
Fini l’âge d’or
des logements types. aujourd’hui,
les habitations neuves sont
attrayantes pour leur confort,
leur faible consommation
et pour leurs grandes possibilités
de personnalisation.
Les critères de sélection d’un bien
immobilier ne changent guère. L’emplacement
et la proximité des commerces,
des voies de communications ou
des moyens de transports, restent les
principaux facteurs qui déterminent le
choix d’un logement, qu’il s’agisse d’achat
ou simplement de location. Aujourd’hui,
si la tendance reste favorable au marché
locatif, du fait d’une situation
économique encore incertaine pour de
nombreux ménages, les arguments en
faveur de l’achat ont su conserver un
certain poids : « En choisissant d’acheter,
l’on choisit de se constituer un patrimoine,
argumente Bruno Portelli. De plus, aujourd’hui,
les prix étant maîtrisés, ils permettent
à des personnes en situation financière
stable d’accéder plus aisément à la propriété,
notamment grâce au renforcement
du prêt à aux zéro. Avant, même les gens
solvables pouvaient rencontrer des difficultés.
Ce n’est plus le cas désormais. »
Les logements neufs proposent plus de
confort, certes, mais au-delà ce cet argument,
ressort l’idée d’une plus grande
adaptabilité, notamment, aux différentes
morphologies des familles. « Aujourd’hui,
un foyer se compose de 1,8 individus, contre
2,1 il y a seulement cinq ans, indique
Benoit Aiglon. Nous avons su adapter nos
logements aux différents types de foyers,
qu’il s’agisse de familles recomposées ou
monoparentales. » De nouvelles normes
familiales qui s’ajoutent aux normes environnementales
de plus en plus prisées
par les investisseurs. « Les logements neufs
sont labellisés "basse consommation " par le
Cerqual (pour certificat et qualité). Pour l’acquéreur,
cela conduit incontestablement à
des économies financières substantielles.
Nous travaillons depuis très longtemps sur
la question du développement durable, notamment
par l’intégration de procédés photovoltaïques
très performants » affirme
Bruno Portelli.
Les promoteurs-constructeurs de logements
neufs insistent également sur la
possibilité de personnaliser les logements,
grâce à une collaboration étroite
avec les architectes. Romain Lucas est
l’un d’eux. Essentiellement spécialisé dans
les prestations haut de gamme, il insiste
toutefois sur le fait que la personnalisation
d’un logement s’adresse aussi aux
primo-accédants : « Nous nous adaptons
aux capacités financières des clients. Mais
généralement, quand les gens ont vraiment
envie de se faire plaisir, ils sont prêts à sacrifier
10 m². L’objectif étant, dans ce cas, de
réduire sur la quantité, mais jamais sur la
qualité. » Cette plus grande possibilité
d’originalité a été rendue possible grâce
au remplacement du POS (plan d’occupation
des sols) par le PLU (plan local
d’urbanisme), en 2000. « C’est un dispositif
bien moins rigide que le précédant, qui
nous permet de proposer des prestations
très libres et conformes aux attentes des
clients, qu’ils soient particuliers ou promoteurs.
» Une originalité de son habitat qui
peut toutefois comporter des risques
lors d’une éventuelle revente, lorsque
celle-ci est trop poussée, prévient tout
de même le maître d’oeuvre.
AUGUSTIN LEGRAND
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