l'extrême-gauche part divisée pour incarner la «vraie» gauche 0
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Publié le jeudi 25 février 2010 par : Tribune

Catégories : politique

 A gauche de la gauche, les divisions semblent avoir éclipsé les désirs de révolution. Trois partis partent en solo à la conquête de la Région Centre, le 14 mars 2010. Contrairement au scrutin de 2004 où les trotskistes s’étaient alliés dès ... A gauche de la gauche, les divisions semblent avoir éclipsé les désirs de révolution. Trois partis partent en solo à la conquête de la Région Centre, le 14 mars 2010. Contrairement au scrutin de 2004 où les trotskistes s’étaient alliés dès le premier tour autour de la tête de liste Jean-Jacques Prodhomme (1), conseiller régional d’Indre-et-Loire en 1998… et seul élu Lutte Ouvrière (LO) à la Région depuis cette date, le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), LO et le Front de Gauche (FG) ne se sont pas entendus pour faire front commun. Ainsi, alors que le contexte économique et social semble propice à un sursaut, l’extrême-gauche devra ramer si elle veut ne pas jouer le rôle de simple figurante et décoller dans les sondages. Selon le dernier baromètre OpinionWay-Fiducial pour Le Figaro et LCI, réalisé les 17 et 18 février dernier, l’extrêmegauche pèse 8% au niveau national, soit 5% pour le FG, 2% pour le NPA et 1% pour LO. Une force d’appoint non négligeable pour le PS mais une force d’appoint quand même. Lutte Ouvrière, le parti de Nathalie Arthaud depuis le passage de témoin de la leader historique Arlette Laguiller en 2009, est emmené en région Centre par Farida Megdoud, enseignante à La Source. Son mot d’ordre est clair : faire cavalier seul pour pousser un cri de colère contre tous les partis au pouvoir. «On se présente pour les travailleurs, ceux qui en ont ras le bol des mesures gouvernementales, des licenciements et du cynisme des actionnaires», explique la tête de liste régionale. Et tant pis si les sondages donnent le parti minoritaire, «nous serons la réalité de demain !». Reste que la réalité d’aujourd’hui, celle des urnes (2), indique que le parti est en perte de vitesse, à la limite de la panne sèche. Le NPA d’Olivier Besancenot est légèrement en meilleure santé (3), d’autant que le parti peut se défendre d’être jeune du haut de son année d’existence, mais sa capacité à faire un résultat important aux régionales est mise à mal par tous les sondages. «Ces élections ne sont pas une fin pour nous mais plutôt un moyen de diffuser nos idées… Et c’est toujours intéressant d’évaluer notre poids politique. Nous aimerions faire 10% mais c’est un objectif lointain», reconnaît Stéphane Bois, professeur des écoles de 44 ans, tête de liste NPA dans le Loiret. Quant au Front de gauche (4), composé de candidats PCF et PG, mais aussi de PCOF, Gauche unitaire et de syndicalistes, il veut «faire bouger les lignes». Sachant que le Conseil régional du Centre compte 9 conseillers communistes dans sa majorité, la position du parti qui a vocation à rallier le PS au 2e tour est délicate : «On ne rejette pas le bilan, on le prend, mais pour que la gauche gagne il faut qu’elle gagne bien à gauche !», insiste Marc Brynhole, tête de liste régionale du Front de gauche et conseiller régional (PCF) sortant. Pourquoi ne pas avoir fait front commun ? «Offre a été faite au NPA et à LO qui ne l’ont pas acceptée », explique Marc Brynhole. Stéphane Bois regrette cette division mais souligne qu’il ne s’agit pas d’une «coquetterie» : «il y a un désaccord majeur avec le Front de gauche ; on ne peut pas critiquer le PS et gouverner avec lui ; c’est ce qui s’est pourtant fait.» Farida Megdoud est plus catégorique : «Le Front de gauche a gouverné avec le PS et il est prêt à le refaire alors que la gauche n’a pas empêché les licenciements et la baisse du pouvoir d’achat. Le NPA est aussi dans une stratégie d’alliance puisqu’il voulait s’allier avec le Front de gauche. Nous, nous ne voulons pas d’alliance avec des partis qui ont été au gouvernement !» Et encore moins avec le MoDem qui pourrait s’allier avec le PS au second tour… (1) La liste LO-LCR avait obtenu 5,61% des voix au 1er tour des régionales en 2004, 4,98% dans le Loiret. (2) Aux européennes, LO a fait 1,39%, 1,50% à la présidentielle de 2007 en région Centre. (3) 4,71% aux Européennes de 2009 dans le Centre, sachant que la LCR avait fait 4,41% à la présidentielle en 2007 dans le Centre. (4) Marie-France Beaufils a obtenu 7,11% aux Européennes dans le Centre et Marie-George Buffet 2,02% dans la région à la présidentielle en 2007.

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