L'Entente marque des paniers en prison 0
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Publié le mardi 11 mai 2010 par : Tribune

Catégories : basket

 Six joueurs de l’Entente Orléanaise Loiret ont accepté de passer deux heures à la maison d’arrêt d’Orléans, jeudi 6 mai. Un moment fort pour les 30 détenus tirés au sort mais, aussi, pour les stars orléanaises.       Les pros du... Six joueurs de l’Entente Orléanaise Loiret ont accepté de passer deux heures à la maison d’arrêt d’Orléans, jeudi 6 mai. Un moment fort pour les 30 détenus tirés au sort mais, aussi, pour les stars orléanaises. Les pros du basket en visite à la maison d’arrêt d’Orléans, dans le top 3 des prisons les plus surpeuplées de France, avec 3 détenus par cellule de 9m2… C’était une première un peu spéciale, jeudi 6 mai après-midi, organisée dans le cadre de l’opération “Esprit Entente” à l’initiative d’Aymeric Regneau, surveillant pénitentiaire et secrétaire local du syndicat majoritaire UFAPUNSA. Alors forcément, la tension était palpable au moment de passer les portiques de sécurité, y compris pour Aymeric Regneau, chargé du sport dans la prison : «Au départ ça va être tendu, il va falloir briser la glace…» Une première aussi pour cinq des six basketteurs à avoir fait le déplacement : Cédrick Banks, Ryvon Covile, et les espoirs Jérémie Douillet, Elio Sadiku et Maël Lebrun. Adrien Moerman, lui, avait déjà eu l’occasion de jouer à la prison de Nanterre : «j’ai eu une bonne expérience, c’est important de montrer qu’on peut réussir et qu’avec le sport on peut s’en sortir.» Mais visiblement, tout le monde n’était pas aussi stressé par la nouveauté : Cédrick Bancks, spécialiste des tirs longue distance, est arrivé décontracté, chaussé de clogs, aux côtés du géant américain, Ryvon Covile. 30 des 130 détenus à pratiquer régulièrement le sport ont été tirés au sort par Aymeric Regneau pour assister à une démonstration de shoots. Après quelques minutes d’observation de part et d’autre, les détenus ont joué le jeu, certains ont même formé des équipes de trois pour se mesurer aux pros de l’Entente, pas très adroite pendant les premières minutes. «En fait, le panneau ne pas être à la bonne hauteur», confiait amusé Christophe Dupont, président du club. Très vite, tout le monde s’est retrouvé sur un pied d’égalité, les joueurs tapant sportivement dans le dos de leurs adversaires du jour comme des grands frères. «On se rend compte qu’il y a du niveau, c’est une super équipe et c’est vraiment cool qu’ils aient pris le temps», confiait Sam, un détenu, après la partie. Un enthousiasme partagé par le président du club : «j’ai tout de suite dit oui à cette initiative et franchement c’était super !» Même satisfaction chez les joueurs. A l’image de Maël Lebrun : «je le referai ! A l’extérieur, on n’a pas vraiment une vraie vision de la prison. Ils ont peut-être fait des bêtises mais ça ne se voit plus sur le terrain. Au départ, en arrivant dans le couloir je me sentais oppressé, je pense que passer un séjour ici ça doit faire réfléchir.» Jérémie Douillet a lui aussi ressenti la même gêne au départ, éclipsée lors de la partie : «ça fait tout drôle quand on rentre dans le sas, on voit ça dans les films… C’était vraiment une chouette expérience.» «Ils vivent enfermés, ça leur a permis d’avoir un moment de détente… ils nous ont d’ailleurs drôlement faire courir !», témoigne Elio Sadiku. Dans le cadre des journées du développement durable, en juin, les détenus auront accès à des ateliers de dégustation sur le commerce équitable : «quatre temps forts sont calés sur l’année avec le service pénitentiaire d’insertion et de probation», indique Soufiane Sankhon, élu à la jeunesse et à l’animation des quartiers à Orléans. Et vu le résultat, il y a fort à parier que l’initiative sportive sera renouvelée un jour.

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