L'élan vert divise les élus à Saint-Jean-de-Braye 0
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Publié le jeudi 17 septembre 2009 par : Tribune

Catégories : politique

 A la mairie de Saint-Jean-de-Braye, le vert est une couleur sujette à polémiques. La majorité municipale emmenée par le maire (PS) David Thiberge, aux commandes de la ville (20 000 habitants) depuis mars 2008, y voit la seule couleur acceptabl...

A la mairie de Saint-Jean-de-Braye, le vert est une couleur sujette à polémiques. La majorité municipale emmenée par le maire (PS) David Thiberge, aux commandes de la ville (20 000 habitants) depuis mars 2008, y voit la seule couleur acceptable pour habiller ses projets d’urbanisme, tandis que l’opposition dénonce un «effet de communication». Alors que Saint-Jean-de-Braye s’apprête à changer de visage à l’horizon 2012 avec l’arrivée de la seconde ligne du tramway, dont on devrait connaître ces jours-ci les conclusions de la commission d’enquête sur le tracé D2, les projets étiquetés «durables» se multiplient. L’appel d’offres se termine en ce moment pour les nouveaux vestiaires écologiques du Pont-Bordeau, un investissement de 800 000€ destiné à créer un tumulus de 340m2 à basse consommation énergétique en septembre 2010. «L’idée c’est d’appliquer à la lettre les normes environnementales pour chaque projet», assure David Thiberge. Au centre de l’impulsion verte : l’éco-quartier du Grand Hameau. «Il sera spectaculaire», annonce le maire. Le surcoût, évalué entre 10 et 20% par rapport à un projet classique, est assumé : «ça coûtera au final moins cher en fonctionnement et puis nous ne faisons qu’anticiper les normes bientôt obligatoires.» L’écoquartier fera la part belle aux déplacements doux, avec des espaces verts et une gestion des eaux pluviales assise sur un système de bassins apparents, «une alternative aux buses et c’est la nature dans la ville». Partie intégrante du projet, le groupe scolaire Anne Frank regroupera écoles maternelle et primaire ainsi qu’un point multi-accueil petite enfance dans des bâtiments à basse consommation. Une étude de faisabilité a été commandée par la municipalité pour que le groupe scolaire et la future maison de retraite (68 places), prévue à côté par soucis de mixité, fonctionnent avec la géothermie.

Un permis de construire sera également bientôt déposé en vue de la réalisation d’une quarantaine de logements économes en énergie, en face du magasin Aldi, avenue Louis-Joseph Soulas. Dans un registre plus anecdotique, la municipalité a investi cette année dans deux voitures fonctionnant au gaz naturel de ville, utilisées par les services techniques et elle prévoit, en 2010, le cofinancement de kits récupérateurs d’eau de pluie qui seront vendus 10 euros aux Abraysiens. David Thiberge milite aussi pour une cuisine scolaire commune avec Saint- Jean-de-la-Ruelle, équipée de panneaux photovoltaïques et d’une isolation dernier cri. Problème : l’opposition estime que le maire n’a pas du tout pris la mesure de la mutation environnementale. «C’est une politique pointilliste, avec des petits pains mis dans la vitrine», critique Grégoire Mallein, conseiller municipal d’opposition (UMP). Pour appuyer son propos, il cite la révision du Plan Local d’Urbanisme (PLU), cet outil de programmation urbaine qui règlemente les possibilités de construire sur un territoire : «C’est un document qui va nous tenir au moins un quart de siècle et on nous parle essentiellement de préserver les arbres remarquables de la commune. Il n’y a pas de démarche globale pour une révolution verte !» Selon Grégoire Mallein, l’Agenda 21 est «ignoré du vocabulaire municipal». Quant au projet de pont sur la Loire, inscrit dans le Schéma de cohérence territoriale (Scot) de l’AgglO, «il est en train de se construire et le maire regarde ailleurs !» Jacques Chevalier, l’ancien maire (UMP), n’est pas emballé non plus par l’éco-quartier : «il ne faut pas dilapider l’espace avec un label de publicité !

L’équipe de David Thiberge a prévu des bâtiments beaucoup trop hauts au niveau du clos du Grand Hameau, ils vont bouffer de l’espace et ça ne va pas dans le sens du développement durable.» Il dénonce aussi le montant de l’investissement des vestiaires: «ça me paraît élevé, ce n’est ni plus ni moins qu’un cadeau de l’adjoint aux sports à son club !» David Thiberge tance – vertement – ses opposants : «L’Agenda 21 nous y réfléchissons à plus long terme. Je ne prends pas de la poudre verte pour appliquer sur chaque projet, ce n’est pas du gadget, je suis convaincu que la ville de demain doit être et sera écolo.» Dominique Ronceray, adjoint (Verts) au développement durable, résume : «ça ne va peut-être pas aussi vite que je l’espérais, à cause de la lourdeur des procédures, mais ça va dans le bon sens !» Étant entendu que les élus de Saint-Jean-de-Braye ont voté contre le pont de délestage...


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