L'Arena à l'île Arrault : Serge Grouard s'accroche à son projet ! 0
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Publié le jeudi 01 avril 2010 par : Tribune

Catégories : société

 Serge Grouard a tenté de démontrer, jeudi 25 mars en réunion publique, que son projet de très grand équipement s’imposait sur l’Ile-Arrault. L’opposition réclame un référendum et des points noirs persistent. Décryptage. ... Serge Grouard a tenté de démontrer, jeudi 25 mars en réunion publique, que son projet de très grand équipement s’imposait sur l’Ile-Arrault. L’opposition réclame un référendum et des points noirs persistent. Décryptage. Exit l’intuition, place à une «conviction profonde que l’Arena est un projet magnifique !» Un an après la première réunion publique sur le sujet, salle de la Cigogne à Orléans, Serge Grouard est toujours en croisade ! Cette fois, il est monté au créneau pour répondre à la question : «l’Arena est-elle faisable sur l’Ile-Arrault ?» Pour lui, aucune ambiguïté : «tous les indicateurs sont au vert !» Dans les faits, c’est plus compliqué : le budget grimpe, 100 événements devront remplir l’Arena chaque année, plusieurs alliés politiques du maire ont un silence poli sur le dossier et la contestation ne faiblit pas… Les accès. Au maximum, l’Arena accueillera «100 événements par an», sachant que le seuil de rentabilité se situe autour de 80, dont 10 manifestations par an - soit une par mois – de 10 000 personnes et 90 de 5000 à 7000 personnes. Pour accueillir cette foule, Serge Grouard table sur les deux lignes de tram, dont l’arrêt le plus proche se situe à 1300m pour la ligne A, entre 850m et 1100m pour la ligne B : «ce n’est pas parfait mais il ne faut pas que les stations soient trop proches, sinon les entrées et sorties sont bouchées.» Une ligne de bus n°7, reliant la gare d’Orléans à St-Pryvé-St-Mesmin en passant par l’Ile-Arrault, sera créée avec la mise en place de navettes entre l’Arena et les arrêts de tram. Il est également prévu 300 places de parking (waterproof) sous l’Arena, 300 autres sur 4 «poches» enherbées autour du site et entre 1200 et 1600 places sur le site de Famar qui cherche à se développer à La Source. Un dispositif capable, sur le papier, de faire face aux 90 manifestations de moyenne jauge. Pour les 10 grands événements, il faudra se garer au sud du pont de l’Europe et sur le parking du parc des expos. Pour éviter les bouchons, la Ville entend créer une nouvelle rue en contrebas de la rue des hautes levées qui relierait le Champ de Mars et le pont de l’Europe. Et, aussi, la fameuse passerelle piétons/cycles (plusieurs millions d’euros), évoquée lors de la campagne des municipales, qui enjamberait la Loire depuis le parvis de l’Arena. Elle n’est cependant pas budgetée, la date de sa réalisation n’est pas calée et les riverains ne sont pas prêts à l’accepter. Le coût. Alors qu’il y a un an, il était question de 50 à 60 millions d’euros, la Ville précise qu’il ne s’agissait que de la coque de l’édifice et annonce – en pleine période de crise - un investissement de 85 à 95 millions d’euros. Toujours est-il que l’incertitude domine sur ce point et que le projet orléanais apparaît comme l’un des plus coûteux dans le rapport Costantini (lire encadré). 20 millions seraient promis par l’Etat, 11 millions par la Région sachant que François Bonneau, président du Conseil régional est défavorable au lieu et que seuls 4 millions d’euros ont été votés par le biais du contrat d’agglo. Le Conseil général du Loiret est également présenté comme un partenaire potentiel, «les contacts sont positifs», selon la Ville, mais rien n’est acté. L’hypothèse la plus probable est celle d’un partenariat public privé. Michel Martin, adjoint aux finances, insiste pour dire qu’il n’y aura pas de hausse des impôts et que la Ville dispose d’une capacité d’investissement de 50 millions d’euros par an. Le coût de fonctionnement est «au coeur des négociations». 20 permanents pourraient travailler sur le site. Autre zone d’ombre : l’hippodrome serait reconstruit via un projet de «tourisme équestre». Le coût de la reconstruction, non compris dans le projet, est évalué entre 10 et 12 millions d’euros. Le sous-sol. Une étude a été réalisée par l’entreprise Terrasol en février 2010, «selon une technique pointue», précise Serge Grouard. 12 sondages ont été réalisés sur 33 000m2. «Conclusion : on peut faire l’Arena sans difficulté, avec la technique des micro-pieux. Le problème de la station d’épuration est différent : les sondages n’ont pas pu être fait en raison des bâtiments existants.» Sauf que la dite technique de micro-pieux coûte plus cher et que l’opposition continue de penser qu’il y aura «inévitablement» des surcoûts.Le risque inondation. Un argument balayé ! Sur le plan juridique, le terrain se situe en zone d’aléa B3, selon le Plan de prévention des risques d’inondation (PPRI), ce qui signifie que la construction d’un bâtiment public est possible. Sur le plan du risque, la Ville indique qu’une simulation d’une crue similaire à celle de 1856 a été réalisée : «la partie qui nous intéresse est hors d’eau, on est allé sur place mesurer ! On a un barrage écrêteur, le lit de la Loire s’est enfoncé, le risque est quasi nul», assure Serge Grouard. Plusieurs spécialistes de la Loire pensent toutefois que le risque est sous-estimé et rappellent que le barrage de Villerest n’a permis de retirer que 50 cm d’eau à Orléans en 2003, alors qu’il s’agissait d’une «petite» crue... Les autres sites. 12 alternatives ont été étudiées mais l’opposition, qui attend toujours les études agitées par le maire jeudi soir, «un coup média» selon Jean-Philippe Grand (élu Verts), n’a toujours pas vu les études. «Le site des Montées est classé en aléa A, très fort, il n’est pas constructible !», insiste Serge Grouard. Néanmoins, la gauche assure que plusieurs autres sites sont possibles. Une Orléanaise a évoqué le parc des expos «vieillissant», lors de la réunion publique. «Ce n’est pas opportun, sinon on supprime tout ce qui y est fait», rétorque le maire. Et le site du Grand Sary à Saran ? «C’était celui qui m’intéressait le plus, mais les transports y sont absents et il y a une probabilité que l’échangeur autoroutier ne se fasse jamais.» Les services. «Il n’y aura pas de centre commercial !», assure le maire. En revanche, un hôtel est envisageable sur le site Famar ainsi qu’un restaurant panoramique sur l’Arena et, sans doute, quelques boutiques sportives. L’Arena accueillera aussi bien des manifestations sportives, qu’un grand opéra ou des événements économiques. Dans le rapport Costantini, son utilisation tourne autour de trois piliers : Sport 40 %, spectacle 50 %, et événementiel 10 %. L’esthétisme. Ce volet n’a pas été abordé avec précision mais la Ville prévoit un parc de 6 hectares «au moins», avec une arrivée «majestueuse » par le Champs de Mars. La hauteur maximum de l’Arena sera de 25 mètres, sachant que la résidence de l’hippodrome en fait 28...L'Arena n°1 du coût avec 9000 euros par siègeLe rapport «Arenas 2015» de Daniel Costantini du 10 mars 2010, indique que La France est en retard par rapport aux autres pays européens en matière de grandes salles. L’Allemagne compte 18 salles de plus de 10 000 places, l’Espagne 12, l’Italie 6… La France une seule, le Palais omnisports de Paris Bercy (14 500 places), en attendant celle de Montpellier en voie d'achèvement. Mais le document révèle surtout que le coût du projet orléanais dépasse de loin celui des autres : 9000€ par siège à Orléans, 7767€ à Montpellier, 7692€ à Lyon, 4500€ à Dunkerque – un projet bien avancé contrairement à ce qu’indique la Ville d’Orléans, le conseil communautaire a validé le projet en juillet 2009 -, et 3448€ à Bordeaux…RéactionsJean-Philippe Grand, conseiller municipal et régional Verts : «On est passé d'une cinquantaine à une centaine d'événements par an et Serge Grouard annonce qu'il bouclera 10 fois par an le quartier. Mais en jauge moyenne, aucun dispositif de ce type. Je suis convaincu que les spectateurs chercheront à aller au plus près, le quartier sera engorgé ! Autant je suis favorable à une grande salle, autant je suis contre un projet qui coûtera plus de 100 millions d'euros. Trouver une centaine d'événements me semble très compliqué. On risque de se retrouver avec une facture pendant 20 ou 30 ans si le prestataire ne remplit pas suffisamment.»Jean-Louis Bernard, député UMP de la 3e circonscription et conseiller général du Loiret : «Nous n'avons pas encore eu de projet mais administrativement ça me paraît compliqué. Je suis partisan d'une grande salle, c'était d'ailleurs dans le programme de Serge Grouard. Le problème est la localisation : l'Ile-Arrault peut poser un certain nombre de problèmes. Avec la pression des riverains et des écologistes, si le programme se fait, cela demandera beaucoup de temps !»Charles-Eric Lemaignen, président UMP de l'AgglO, conseiller municipal et régional : «Je n'ai pas à commenter... c'est la décision du maire, point.»Eric Doligé, sénateur et président UMP du Conseil général : «le choix du lieu revient au maire d'Orléans... Il a toujours souhaité l'Ile-Arrault comme lieu d'implantation... On regardera notre niveau de participation au regard des autres partenaires, nous attendons d'avoir une vision globale.»Jean-Pierre Sueur, sénateur PS et ancien maire d'Orléans : «Le lieu n'est pas accessible et c'est contraire au paysage ligérien. Je ne comprends pas cette obstination à vouloir faire ça sur l'île Arrault. Il existe d'autres possibilités, au nord et au sud, c'est absurde de dire qu'il n'y a qu'un seul lieu ! Le risque avec cette manière d'agir c'est que ce soit une autre ville qui fasse le projet.»Michel Brard, Conseiller général PS de St-Marceau : «En un an, nous n'avons eu aucune info et maintenant le projet passe du simple au double ! Même si la législation ne l'empêche pas, construire sur l'Ile-Arrault apportera des contraintes, ça reste le lit de la Loire. Je serais très surpris qu'il n'y ait aucun surcoût, d'autant plus avec une nouvelle voirie. Je demande un référendum d'initiative locale sur le sujet !»Maurice Elain, président de l’association de défense de l'Ile-Arrault : «On nous annonce un projet avec 70% de voitures en plus, une voirie supplémentaire, c'est aberrant ! Ils ont essayé de noyer un carré dans un grand espace vert mais ils ont minimisé le bruit, les nuisances et le risque inondation. Nous restons farouchement contre et nous n'allons pas collaborer !»Michel Guérin, maire (PCF) de Saran et conseiller général du Loiret : «tout équipement ne doit être réalisé que s'il y a un ultime besoin avec 85% d'utilisation... Je suis opposé à l'endroit. J'avais fait une proposition au nord, mais le maire d'Orléans disait que c'était trop décentralisé. Le faire sur l'Ile-Arrault c'est une hérésie, il n'y a pas d'accès et cela va défigurer le quartier. Comment loger 4000 voitures ? Nous à Saran, nous avons 1,5 hectare pour loger 1000 voitures au cinéma Pathé, il lui faudrait donc 5 ou 6 hectares !»

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