L’appel à l’aide des associations caritatives 0
Publié le mercredi 13 juillet 2011 par : Tribune
La décision de réduire drastiquement les aides européennes aux associations caritatives n’en finit plus de provoquer la colère des présidents départementaux des associations, qui réclament plus de moyens face à plus de demandes.
La chute est dure pour les associations, qui devront se serrer la ceinture en 2012. Aujourd’hui, dans le Maine-et-Loire, les Restos du Coeur distribuent près d’un million de repas tous les ans, pour 5500 familles et 12500 personnes. Du côté de la Banque alimentaire, ce sont près de 2,5 millions de plats distribués et le Secours populaire vient en aide chaque année à 3500 foyers et 10000 personnes. Des chiffres qui vont sans doute être revus à la baisse.
En cause, la décision de l’Union européenne de couper le robinet de subventions en diminuant de 75% le montant de l’enveloppe du PEAD (Programme d’aide alimentaire aux plus démunis, entrant dans le budget de la Politique agricole commune), passant de 78 à 16 millions d’euros pour quatre associations caritatives (La Croix-Rouge, le Secours populaire, la Banque alimentaire et les Restos du Cœur). La décision entrerait en vigueur au 1er janvier 2012.
Ces décisions européennes ont des répercussions au niveau départemental. Car dans le département, les aides de l’UE représentent le quart des ressources pour la Banque alimentaire, 20% pour les Restos du Cœur et jusqu’à 50% pour le Secours populaire. La nouvelle est donc tombée sur la tête des trois représentants départementaux des associations, qui doivent en plus faire face à une demande croissante de bénéficiaires. « Depuis trois ans, nous sommes tous à peu près à +30% de personnes accueillies dans le département, lance Jean-Pierre Ménanteau, responsable départemental des Restos du Cœur. Cela veut dire simplement que si l’on a 20% en moins, on distribuera 20 000 repas en moins. » Surtout que les associations ont bénéficié, l’année dernière, d’une aide exceptionnelle: « En 2010, les associations bénéficiaient de quasiment 50% de produits de plus par rapport à 2009. Là nous regorgeons de produits. Nous sommes dans la contradiction la plus totale », affirme Stéphane Lepage, responsable départemental du Secours populaire.
Ce manque à gagner au niveau des repas, il faudra donc aller le chercher ailleurs. Pour l’instant, les associations affirment avoir de quoi tenir pour l’hiver prochain. Après, il faudra aussi jouer sur d’autres leviers. « Nous avons deux solutions : soit l’on baisse notre niveau d’accueil. Par exemple, au lieu de prendre les personnes à 40% du revenu moyen, on va prendre des gens en dessous de 30% du revenu moyen, ce qui va laisser de côté une frange de gens qui ont beaucoup de difficultés. La deuxième solution, c’est qu’au lieu de distribuer 6 repas par personne toutes les semaines, on en distribue que 5 ou 4 et demi », poursuit Jean-Pierre Ménenteau.
Au niveau national, les associations veulent se battre pour ramener le PEAD à un niveau acceptable de près de 500 millions d’euros pour l’ensemble de l’Union européenne. « Cela représente 0,3% du budget européen et 1% de celui de la PAC » lancent les trois responsables.
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