L'accompagnement éducatif est toujours menacé... 0
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Publié le jeudi 12 novembre 2009 par : Tribune

Catégories : société

 Nous sommes obligés de restreindre l’accueil des enfants, alors qu’à la rentrée, nous pouvions tous les accueillir, déplore Jean-Michel Lahieyte, directeur de l’école Mignonne de Joué-lès- Tours. Certains écoliers ne pourront do... Nous sommes obligés de restreindre l’accueil des enfants, alors qu’à la rentrée, nous pouvions tous les accueillir, déplore Jean-Michel Lahieyte, directeur de l’école Mignonne de Joué-lès- Tours. Certains écoliers ne pourront donc venir que deux fois par semaine au lieu de quatre ». A l'origine de cette situation, l'annonce brutale de restrictions budgétaires fin octobre pour l'accompagnement éducatif des zones d'éducation prioritaires (ZEP). Une décision qui avait amené les enseignants à manifester devant l’inspection académique et les parents d’élèves de plusieurs écoles concernées, à se rassembler pour exprimer leur colère et leurs craintes. Une délégation a même pris rendezvous avec Hervé Novelli.

« Aujourd’hui, les écoles de Tours et de Saint-Pierre-des- Corps bénéficient d’une aide de la ville pour assurer la survie de l’accompagnement éducatif», constate Paul Agard, représentant du Snuipp 37 –Syndicat National Unitaire des Instituteurs Professeurs des écoles et Pegc. A Joué-lès-Tours toutefois, la mairie ne compte pas reprendre les financements. « L’an dernier, la ville avait accepté de rester en co-financement avec l’Education Nationale en participant à 50%. Mais aujourd’hui, la municipalité estime que le ministère doit assumer et respecter ses engagements », explique Kheira Ferraoun, adjointe au maire attachée à la vie scolaire. Par le passé, ce système destiné à accueillir les élèves après les cours pour leur proposer une aide aux devoirs et aux leçons, était financé par les villes et divers partenaires tels que la Caisse d’Allocations Familiales, le Conseil Général ou encore le ministère de l’Education Nationale. Mais l’an passé, ce dernier a annoncé qu’il prenait en charge, seul, le financement de l’accompagnement éducatif. Par conséquent, les partenaires se sont retirés et les villes aussi ont mis fin à leur contribution. Or « lorsque les mairies ont coupé leurs financements, le budget du ministère consacré à cette action s’est avéré insuffisant», note Jean-Michel Lahieyte. Pour l'heure, l’accompagnement éducatif est maintenu, mais avec moins de sessions et davantage d’enfants dans les groupes. Trois écoles élémentaires jocondiennes sont concernées par cette réduction de la capacité d’accueil : Mignonne, Rotière et Blotterie. Du côté des parents d’élèves, l’inquiétude grandit. « De nombreux parents doivent faire face au barrage de la langue, et dans certains foyers, le contexte familial empêche les enfants de travailler dans le calme », confie une représentante de parents d’élèves de l’école Mignonne. Au jour d’aujourd’hui, l’avenir de l’accompagnement éducatif des écoles de Joué-lès-Tours est toujours menacé. Enseignants, syndicats et parents d’élèves attendent l’an prochain, et portent tous leurs espoirs sur le budget 2010.

Saint-Pierre-des-Corps tente de sauver l'animation lecture

En février dernier, on a appris que l’Inspection Académique voulait faire passer le poste d'animation lecture à mi-temps, explique Martine Belnoue, vice-présidente du Conseil Général d'Indre-et-Loire et première adjointe de Marie-France Beaufils. On a tout de suite fait savoir qu’on n’était pas d’accord, que moins de présence auprès des élèves entraînerait moins de motivation. On a alors fait une pétition ». Un millier de signatures ont été recueillies. Une mobilisation massive, qui témoigne de l'attachement des Corpopétruciens à cette animation lecture pleinement intégrée au patrimoine local, et à laquelle certains ont participé étant enfants. Depuis 1968 en effet, plusieurs écoles de Saint-Pierre-des-Corps bénéficient de l’animation lecture, une initiative municipale unique. Chaque année en juin, le projet est décidé pour la rentrée suivante, sur des thèmes divers –contes, BD, poésie ou actualités locales comme « l’arrivée du TGV » ou « l’ouverture de la bibliothèque ». La mairie fournit le matériel et se charge d’inviter les intervenants extérieurs –auteurs, éditeurs, etc- tandis que jusqu’à cette année, l’Education Nationale finançait un poste d’enseignant à temps plein dédié à cette action. « On veut agir ensemble pour affirmer la nécessité d’un poste à temps complet, affirme Martine Belnoue. Cette année le projet survit grâce aux enseignants qui essaient de compenser, bénévolement. L’Education Nationale doit prendre en compte les difficultés de certaines familles, et soutenir davantage cette action ». Les ministères de la Culture et de l’Education Nationale ont tous deux ont reconnu l’intérêt de l’animation lecture, mais ses défenseurs ne comptent pas s’arrêter là. « Nous allons intervenir auprès de Fadela Amara car depuis 2001, ce projet est inscrit dans le cadre de la Politique de la Ville », confie Martine Belnoue. Affaire à suivre. Julie Innato

Julie Innato


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