Jean-Vincent Valliès : «C'est à Chécy que j'ai mes racines » 0
Publié le jeudi 15 janvier 2009 par : Tribune
Le goût des autres. Telle pourrait se résumer ce qui a poussé Jean-Vincent Valliès, 52 ans, à devenir maire de Chécy et de ses 8000 habitants il y a près d'un an. Passionné par sa ville, le premier magistrat n’en est pas pour autant originaire. «C’est par amour pour ma douce et tendre dont les parents sont originaires d’Orléans, que nous sommes arrivés ici il y a plus de vingt ans», explique ce fils de commerçant spécialisé dans les machines agricoles et implanté à Issoudun. Jean-Vincent Valliès a été interne au lycée Pothier et est revenu ensuite dans la cité johannique pour suivre sa formation d’éducateur spécialisé. Avec Françoise, son épouse qui travaille chez Dior, ils ont tout de suite choisi de vivre à l’Est d’Orléans car «ma belle-famille y avait une maison de campagne.» Peu argenté, le jeune couple parvient alors à louer une petite maison de deux pièces à Mardié. Il y reste plusieurs années et y créent avec des amis, l’association théâtrale La Lucarne. Déjà, Jean-Vincent Valliès s’intéresse à la vie de sa commune en se présentant aux élections. Au final ce sera madame qui y sera conseillère municipale pendant quelques années. Mais c’est à Chécy où ils font construire une maison pour fonder une famille que «nous avons choisi de créer nos racines avec ma femme.» La plupart du temps, on hérite de ses parents l’attachement à un lieu où l’on a grandi. Ce n’est pas aussi simple pour Jean-Vincent Valliès puisqu'il est né à Blida près d'Alger au tout début de la guerre d'Algérie dans une famille qui y vivait depuis plusieurs générations. «Je ne suis pas traumatisé et me sens intégralement Français mais il y a des choses marquantes» commente celui qui a vécu de l’autre côté de la Méditerranée jusqu’à l’âge de 7 ans. Il garde cependant en mémoire, outre le souvenir des vacances en bord de mer, celui des plasticages et des rafales de mitrailles qui obligeaient les mères à coucher les enfants au sol. De son Algérie natale, le maire socialiste de Chécy garde le goût de la cuisine d’Afrique du Nord. Mais n’y est jamais revenu. «J’aurai voulu faire ce parcours initiatique avec mon père mais il nous a quitté l’année dernière» ajoute Jean-Vincent Valliès. «J’irai peut-être avec mes enfants.» Est-ce dans la Guerre d'Algérie que se cachent les raisons de son engagement au service des autres ? Lui-même ne le sait pas mais admet dans tous les domaines chercher des voies de paix. Jamais l’affrontement. Toujours est-il que depuis l’âge de seize ans, il s’est engagé à aider ses congénères. D’abord en faisant de l’animation de quartier. Marqué par la rencontre d’un ami ayant «mal tourné», il décide de se tourner vers le secteur social. «C’est un métier du réel, on essaye d’accompagner les gens», souligne le maire de Chécy. «Cela peut qualifier également mon engagement politique, le concret.» C’est comme cela qu’à 19 ans, il apprend «sur le tas» le métier d’éducateur dans différents établissements, travaillant auprès des délinquants comme des personnes handicapées mentales. À 26 ans, il décide alors de se former et obtient même une bourse. Ensuite en travaillant, il continue des études de communication appliquée au travail social et un troisième cycle en sociologie dans ce domaine. Bref, Jean-Vincent Valliès conjugue métier, études ainsi que l’éducation de ses deux enfants sans pour autant délaisser son implication dans la commune. Dès son arrivée à Chécy, il s’implique en créant des associations de solidarité à destination des demandeurs d’emploi et devient vice-président du club de basket. Déjà responsable syndical, c’est en 1995 qu’on viendra le chercher pour participer à la vie municipale de la commune. Ses premiers pas en politique débutent donc par une place d’adjoint aux affaires sociales. Lors du dernier mandat, après la défaite de sa liste, il demeure conseiller municipal d’opposition et se mobilise notamment contre le projet de pont à Chécy. Aujourd’hui Jean-Vincent Valliès s’est mis en disponibilité le temps de la mandature et s’occupe de sa ville à plein temps, faisant face à des finances catastrophiques. Avec honnêteté, il se demande s’il arrivera à boucler le budget 2009 et à lancer pendant ce mandat le projet qu’il a défendu pendant la campagne : la création d’un nouveau gymnase. L’heure actuelle est plutôt aux économies, «ce qui n’empêche pas le lien social» rétorque celui qui n’a pas voulu supprimer les voeux de sa commune. Ce goût de Chécy n’est pas une toquade pour Jean-Vincent Valliès qui occupe également une vice-présidence à l’Agglo et n’envisage pour le moment d’autres responsabilités politiques, ne sachant même pas s’il se représentera aux élections. Et même à l’avenir, «Chécy passera toujours en priorité.»
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