Ivanov : le drame d'un monsieur tout le monde 0
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Publié le jeudi 18 février 2010 par : Tribune

Catégories : théâtre

 Du 23 février au 4 mars, le Centre dramatique régional de Tours accueille Du 23 février au 4 mars, le Centre dramatique régional de Tours accueille "Ivanov", la première pièce d’Anton Tchekhov, traduite par Vladimir Ant et Philippe Adrien, et mise en scène par ce dernier. Ivanov, en russe, c’est un nom de famille tout ce qu’il y a de plus commun - une sorte de monsieur tout le monde. Décrit comme un Hamlet provincial, propriétaire terrien intelligent et gentil, Ivanov est envahi depuis peu par une certaine mélancolie. Sa femme Anna Petrovna est très malade, sa propriété part à vau-l’eau, il court à la ruine, à l’endettement, et n’a plus de quoi payer ses employés. Tous les fondements de sa vie et de sa situation sont remis en question. Tchekhov disait : « Il y en a des milliers, des Ivanov... C’est l’homme le plus normal du monde, pas du tout un héros ». C’est le drame de cet anti-héros confronté au temps distillé par l’ennui, à l’impuissance et à l’immobilisme, un homme lâche qui s’est laissé sombrer dans la routine et la dépression. Ivanov est terrassé par sa culpabilité : il avait jadis connu la flamme de la passion avec Anna, au point qu’elle quitta son identité, ses parents et la religion juive pour l’épouser. Aujourd’hui elle se meurt de la tuberculose… et il ne l’aime plus. « J’ai juré à ma femme un amour éternel… et je ne l’aime plus. Pourquoi ? Jour et nuit je souffre… Je me sens horriblement coupable, mais où se situe ma culpabilité, je ne le saisis pas. » Ivanov souffre sans trop comprendre pourquoi et fait plonger deux victimes dans cette souffrance : son épouse, puis Sacha qui s’éprend de lui et souhaite le sauver de sa tristesse. C’est un plongeon dans la complexité des sentiments et des comportements humains, mais aussi une satire de la petite bourgeoisie rurale en décadence, bête, méchante et avide de ragots. Cette disgrâce tragique brouille le jugement sur les critères du bien et du mal. L’histoire de cet homme, rongé par le dégoût de tout ce qui l’entoure, donne toute sa dimension à l’ambiguïté et la complexité des êtres humains. Julie Girault Jeudi 25 février à 19 h, puis rencontre avec le public. Du mardi 23 février au mercredi 3 mars à 20 h. Jeudi 4 mars à 19 h. Tarifs : de 7 à 19 €. CDRT Nouvel Olympia, 7, rue de Lucé à Tours. Tél. 02 47 64 50 50. www.cdrtours.fr

Voir l'article complet