Indre-et-Loire : la pauvreté gagne du terrain 0
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Publié le jeudi 08 avril 2010 par : Tribune

Catégories : société

 CRISE // La précarité touche davantage la population du département. Jeunes et retraités sont plus touchés que par le passé. Le Secours populaire a accueilli entre 15 à 20 % de bénéficiaires supplémenataires sur le dernier semestre. En 2009, 4,5 ... CRISE // La précarité touche davantage la population du département. Jeunes et retraités sont plus touchés que par le passé. Le Secours populaire a accueilli entre 15 à 20 % de bénéficiaires supplémenataires sur le dernier semestre. En 2009, 4,5 % de la population du département percevait le RSA. Associations d'aide, centre communal d'action sociale et Conseil général l'ont tous constaté : la pauvreté gagne du terrain. Les retraités et les étudiants viennent grossir les rangs de cette population victime d'une précarité croissante. Pour Renaud Vandeweghe, responsable insertion et solidarité au CCAS de Tours, le profil des publics a évolué et s'est diversifié. Aujourd'hui, les familles monoparentales, traditionnellement plus impactées, sont rejointes par les personnes âgées. « Avec le minimum vieillesse à 650 €, beaucoup de retraités ont du mal à payer toutes les factures en fin de mois et viennent solliciter notre aide », témoigne Renaud Vandeweghe. Un constat que partagent les Restos du coeur, qui témoignent des difficultés rencontrées lors du décès du conjoint, et par le Secours populaire, dont la hausse des bénéficiaires, sur le second semestre de l'année 2009, est estimée entre 15 et 20 % en Indre-et-Loire. Simone Mimaut, bénévole au sein de l'association qui distribue 300 colis alimentaires par semaine, s'étonne de cette diversification du profil des bénéficiaires : « bientôt, on touchera toutes les couches de la population, puisque les étudiants ont aussi besoin d'être aidés aujourd'hui alors que ce n'était pas le cas il y a encore un an ». Leur profil, des boursiers dont l'entourage familial ne peut pas subvenir aux besoins. Le territoire n'est pas également touché par la pauvreté : « l'isolement, le manque de mobilité touche davantage les populations des communes du sud ou du nord-ouest du département » témoigne Marisol Touraine, vice-présidente du conseil général en charge de l'insertion, de l'économie sociale et solidaire, de la prévention et de la jeunesse. Pourtant, il y a quelques jours, les Restos du coeur d'Indre-et-Loire avaient annoncé une légère baisse (moins 5 %) du nombre de bénéficiaires, par rapport à l'hiver précédent. Mais cette petite embellie était illusoire, puisque depuis de 2006 à 2009, la structure a enregistré une hausse annuelle de 26 %, alors que la moyenne nationale n'était "seulement" que de 15 %. A ce constat amer vient maintenant s'ajouter « l'arrivée des chômeurs en fin de droit dès 2011 », selon Claude Alavoine, responsable de communication de l'association, dont les 14 des 17 centres resteront ouverts cet été. Le monde associatif est loin d'être le seul témoin de cette hausse de la précarité. A l'OPAC (Office public d'aménagement et de construction de Tours) -13 500 logements- on remarque « une augmentation des dossiers d'impayés ». Selon Grégoire Simon, directeur de la clientèle, « la moitié des locataires vivent en dessous du seuil de pauvreté, qui est de 754 € ». Par ailleurs, l'OPAC compte à ce jour 2 400 impayés, de quelques jours seulement ou de plusieurs mois confondus. Comment faire face à ce surcroît de demandes ? Les Restos du coeur disent, pour l'instant, ne pas manquer de denrées alimentaires, « la dernière collecte ayant augmenté de 37 % ». En réalité, les associations manquent surtout de main d'oeuvre... qualifiée. Sont les bienvenus, bénévoles détenteurs de permis poids-lourd ou capables de porter de lourdes charges. Pour Simone Mimaut du Secours populaire, l'essentiel repose sur la formation. « Accueillir des personnes en grande difficulté, cela ne s'invente pas » remarque t-elle à juste titre. Claire robin

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