Immobilier : vers une pénurie de logements neufs 0
Publié le vendredi 07 mai 2010 par : Tribune
IMMOBILIER // Les promoteurs ont
gelé la construction de programmes
neufs durant la crise, depuis la
demande est repartie à la hausse.
Résultat : l’offre commerciale chute
de 40% sur un an, un début
de pénurie se dessine et les prix
augmentent. …
Le stock de logements neufs s’amenuise
et les prix repartent à la hausse dans l’agglo
de Tours ! Il ne reste plus actuellement
que 584 logements, dont 466 en collectif,
soit 40% de moins qu’il y a un an et l’équivalent
de 6 mois théoriques de ventes. «L’offre commerciale
et les ventes diminuent, nous sommes sur
un marché de pénurie», commente Raymond Le
Roy Liberge, président de l’observatoire du logement
neuf en Centre-Loire (OCELOR),
créé en 2008 à l’initiative de la Fédération des
promoteurs-constructeurs (FPC). «Fin 2008,
avec l’effet crise, il y a eu un arrêt brutal des demandes
puis c’est reparti en 2009 et ça a permis
d’épurer les stocks», rappelle Christine Aubert,
responsable de programmes chez Pierres et
Territoires de France à Tours. Les mises en
chantier ont en revanche tardé, d’où le creux
actuel.
Au 1er trimestre 2010, 310 ventes de logements
neufs ont été réalisées dans l’agglomération
tourangelle, contre 414 au 4e
trimestre 2009, d’après la dernière enquête
d’OCELOR.
Un tassement davantage lié, selon Laurent Escobar, chargé de l’étude, «à l’effet de la loi Scellier (lire encadré) qu’à une baisse des transactions. Fin 2009 il y a eu une suractivité, beaucoup d’acquéreurs pensaient que le dispositif n’irait pas au-delà mais l’Etat l’a prorogé pour un an». Preuve de l’efficacité des aides de défiscalisation, en 2009, 65% des ventes étaient destinés à des investisseurs et 35% à des occupants, contre 61% de ventes à investisseurs au 1er trimestre 2010 et 39% de résidences principales. Mais la crise n’est pas terminée. Face à la hausse du chômage et à l’absence de visibilité, les banques se sont montrées prudentes et il y a ainsi eu 336 retraits de commercialisation l’an dernier. «Les programmes ont quand même été réalisés, sous la forme de 263 ventes en blocs aux bailleurs sociaux», indique Laurent Escobar. Depuis le début de l’année, les mises en vente restent à un niveau inférieur de 100 unités par rapport à celui des ventes : «le marché reste sain mais il y a une insuffisance du renouvellement de l’offre à Tours, ça peut générer une tension sur le marché», souligne Laurent Escobar. «Ce qui est problématique», confirme Laurence Harlé, directrice commerciale du groupe Bouwfonds Marignan à Tours, «ce sont les difficultés à trouver des terrains, le foncier reste cher.» Du coup, le prix moyen du m2, de 2980€ au 1er trimestre 2010, commence à devenir élevé : il augmente de 11,7% sur un an (2666€ au 1er trimestre 2009) et atteint le même niveau que pour une ville comme Toulouse... Raymond Le Roy Liberge y voit, lui, «un rattrapage» par rapport à 2008, année où les promoteurs ont baissé les prix. En moyenne, il faut compter 101 000€ (TTC) pour un T1 dans l’agglomération tourangelle contre 96 500€ à Orléans et 88 000€ à Chartres, 140 500€ pour un T2 (127 900€ il y a un an), 193 000€ pour un T3 et 260 500€ pour un T4. Actuellement, 65% des produits disponibles à la vente coûtent moins de 3000€, 5% plus de 3600€. Quant à la deuxième partie de l’année, les mises en chantier reprennent progressivement. Il n’y aura pas ou très peu de livraisons en 2010 et 2011 mais en 2012. Pierres et Territoires de France vient, notamment, de mettre en commercialisation 62 logements qui seront livrés en 2012 à La Riche, du studio au T4, tandis qu’un autre programme de 68 logements du T2 au T4 à Joué-lès-Tours sera lancé, également en BBC, dans le courant du mois. Le principal est sauf : «il y a une belle demande et le marché reste dynamique», témoigne Odile Bourgoin, directrice commerciale chez Sami Promotion.
Charles Centofanti
Les prix du neuf... quartier par quartier
Tours concentre 64% des ventes de l’agglo au 1er trimestre 2010. Avec 41 ventes, Tours Europe est le secteur le plus dynamique. Le prix du m2 (hors parking) y est en moyenne de 2540€. Avec 34 transactions, Paul Bert arrive en 2e position, à 3367€ le m2 en moyenne. Dans le centre-ville, il faut compter 3571€ le m2, Grammont 3695€, La Fuye Velpeau 2539€, Lakanal Strasbourg 3010€, Lamartine 3600€, La Gloriette 3147€, Montjoyeux 2811€, Rabelais Tonnelle 3267€, Saint Symphorien 2523€ et Sainte Radegonde 2805€. Et ailleurs dans l’agglo ? 2958€ à Joué-lès- Tours, 2830€ à Fondette, 2294€ à Saint-Pierre-des-Corps, 3048€ à Chambray-les- Tours, 3466€ à Saint-Cyr-sur-Loire.
La loi Scellier : 25% de réduction d’impôt jusqu’en 2011.
Créée en 2008 par l’Etat pour soutenir l’immobilier, la loi Scellier prévoit une réduction d’impôt, de 25% à 37% de la valeur du bien acquis dans la limite d’un investissement de 300 000€, pour les contribuables qui achètent un logement neuf destiné à la location pendant au moins 9 ans. En 2011, il est prévu que les logements hors normes BBC ne bénéficient plus que d’une réduction de 15%. La loi Scellier est prévue pour durer jusqu’en 2012.
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