Immobilier : les transactions retrouvent du tonus 0
Publié le jeudi 02 septembre 2010 par : Tribune
Embellie perceptible sur le marché immobilier ancien ! Sébastien Marquant, directeur de l’agence Orpi-Valrim à Orléans, constate une augmentation du nombre de transactions de +12% au 1er semestre 2010, par rapport au 1er semestre 2009. En ce qui concerne le chiffre d’affaires, les prix et les honoraires des agents immobiliers ayant dû être rabotés, la hausse n’est toutefois que de 10% sur la même période mais elle suscite l’optimisme : «Depuis le début de l’année, nous sommes repartis sur de bien meilleures bases qu’en 2009, le volume de transactions est intéressant et nous commençons vraiment à trouver des biens au prix du marché.» Philippe Chenet, agent immobilier chez Keops à Orléans, juge aussi le début d’année «meilleur» que l’an passé et, du coup, le stock diminue : «les stocks d’appartements ont beaucoup baissé mais le marché est complexe car il y a eu des retraits de biens et il n’y a pas tant de choix pour les acquéreurs. Disons que sur les petites surfaces nous vendons bien.» Plusieurs facteurs expliquent ce regain du marché. D’une part, les taux de crédit immobilier proposés par les banques n’ont jamais été aussi bas. Avec un très bon dossier, sans nécessairement disposer d’un apport conséquent, ils sont de l’ordre de 3,45% pour les meilleurs emprunts sur 15 ans à taux fixe (hors assurance ; selon le site Internet meilleurtaux.com), 3,65% sur 20 ans et 3,75% sur 25 ans. D’autre part, dans un contexte de crise économique, la pierre fait office de placement refuge, à l’abri des fluctuations de la bourse. «Il y a une petite embellie mais nous n’avons pas atteint les étiages normaux, il y a toujours un problème de confiance», nuance Jacky Chapelot, agent immobilier dans l’Indre et délégué de la FNAIM Centre. Ainsi pour les biens supérieurs à 250 000€ dans l’agglo, le marché reste atone. «J’ai l’exemple de deux maisons de 500 000€ à Orléans, elles sont en vente depuis six mois et elles ne partent pas alors que les propriétaires ont déjà baissé le prix de 20%», confie Bertrand Basseville, notaire à Orléans.
«Nous sommes sur une pente de remontée lente des transactions, avec une stabilité des prix», résume Jacky Chapelot. Le prix moyen pour les appartements anciens à Orléans, se situe dans une fourchette comprise entre 1900 et 2400€ le m2 selon la FNAIM. Autour de 2000€ le m2 avec garage à Orléans et à partir de 1500€ ailleurs dans l’agglomération, confirment les notaires du Loiret. 1918€ le m2 pour une maison ancienne, sachant que le budget moyen des acquéreurs s’est élevé à 219 000€ entre le 1er avril 2009 et le 31 mars 2010. Les quartiers les plus chers à Orléans ? Sans surprise, Bourgogne-St-Marc (2247€ le m2 pour un F2 selon les notaires), Ste-Croix (2034€), Madeleine (2062€), Dunois (2127€) et le sud-Loire (2172€) ou encore Carmes (2096€). Le prix moyen du m2 de l’offre immobilière s’élève précisément à 2278€, selon le site Internet de petites annonces immobilières seloger.com qui s’appuie sur un million d’annonces pour son calcul. «Sur un an, on assiste à une quasi stabilité des prix avec une hausse des prix de 0,6%», témoigne Roland Tripard, président du directoire du groupe SeLoger. Les données arrêtées fin août 2010 indiquent cependant un coup de frein avec des prix en baisse d’1,7% sur les trois derniers mois. A titre de comparaison, le prix du m2 moyen s’élève à 2319€ à Tours (+2,2% sur un an), 1726€ à Bourges (-3,9%), et 2399€ à Chartres du fait de la proximité avec Paris (-0,1% sur un an). «Si l’on regarde la France entière il y a un écart important entre Paris, qui a connu une hausse de 12% des prix sur les douze derniers mois et de +2,7% sur les trois derniers mois, et les autres villes. Tous les facteurs sont réunis pour que la demande soit soutenue en cette rentrée. En 2009, 580 000 transactions ont eu lieu en France et il faut remonter à 1992 pour tomber aussi bas, en 2010 nous estimons que la croissance des transactions se situera entre 3 et 5%», souligne Roland Tripard. Seul bémol, et non des moindres, pour les agents immobiliers : l’essor croissant d’Internet et des transactions entre particuliers.
Un notaire de l’agglomération confie que les deux tiers des compromis signés en juin dans son étude relèvent de contacts pris sur le site «leboncoin.fr» Mais Philippe Chenet, gérant de l’agence Keops, met en garde : «les gens qui croient qu’ils vont pouvoir vendre plus cher en vendant eux-mêmes se trompent !» Sébastien Marquant poursuit dans ce sens : «Le revers d’Internet c’est qu’on a accès à tout l’historique. Et il est très facile de voir si un bien stagne depuis des semaines sans trouver preneur… » En clair, selon les professionnels, rien ne remplace les conseils d’un expert pour vendre «au prix du marché».
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