Heureux qui comme Jean-Patrick Gille s’oppose à une droite disloquée... 0
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Publié le jeudi 09 février 2012 par : Tribune

PREMIÈRE CIRCONSCRIPTION Quatre candidats ambitieux pour la seule circonscription de Tours (1)... Les élections législatives n’auront lieu que les 10 et 17 juin et déjà, les esprits s’échauffent et les portes claquent à l’UMP avec les départs de Pascal Ménage d’abord et de Thibault Coulon ensuite. À gauche, Jean-Patrick Gille (PS) se dit «serein», engageant un combat face à une droite «extrême» et «affairiste».

Par Alexia MELLIER

prévisualisation non-disponiblePauvre droite ! Au moment où Guillaume Peltier, 35 ans, a été investi par les instances nationales de l’UMP pour s’opposer au député sortant et également candidat à la première circonscription d’Indre-et-Loire, Jean-Patrick Gille, les noms d’oiseaux fusent et jamais la droite n’a semblé aussi désolidarisée. « Choisir d’investir un candidat qui a le record des étiquettes politiques, six candidatures et six échecs sous quatre étiquettes différentes - certaines n’étant pas anodines - démontre soit un autisme lourd, soit une tendance suicidaire grave, soit un sabotage délibéré », critique Thibault Coulon en parlant du «candidat aux dents longues», Guillaume Peltier. Et c’est ainsi que le conseiller régional chrétien-démocrate a justifié son départ du parti UMP et de sa candidature «sans étiquette partisane» aux législatives. « On ne peut pas demander l’investiture d’un parti et dire que ce parti est mauvais parce qu’on ne l’a pas obtenu. C’est être mauvais joueur et mauvais perdant », répond Guillaume Peltier, candidat UMP sur cette circonscription, et ancien adhérant du FN et du MNR. Il ajoute : « Je suis très engagé auprès de Nicolas Sarkozy. François Mitterand a lui aussi changé de parcours tout comme Jacques Chirac ou Jean-Pierre Bel, président du Sénat. Il est logique quand on a 20 ans d’être un peu excessif, mais d’évoluer au fil du temps ».

Ainsi, quatre candidats se sont déclarés sur cette circonscription : Guillaume Peltier (UMP), Thibault Coulon, Christophe Bouchet (Parti radical) et le sortant Jean-Patrick Gille (PS). « Pour cette élection, le leadership de droite n’est pas acquis donc on va se retrouver avec des candidats de toutes les formes de droite : extrême droite, droite extrême, droite traditionaliste et éventuellement affairiste... Je ne veux pas que Tours soit un laboratoire du rapprochement entre l’extrême droite et la droite UMP. Moi, je suis plutôt un rassembleur », explique Jean-Patrick Gille, président de la Fédération du Parti socialiste 37, faisant ainsi écho aux propos de Marisol Touraine (PS, députée du Lochois). Il poursuit : « Je souhaitais être parlementaire. Donc je ne suis pas parlementaire pour en faire un marchepied pour autre chose. Je pense que la vraie préoccupation de l’UMP, ce ne sont pas les législatives, mais de préparer les municipales ». Un changement de majorité qu’avait connue la Ville de Tours en 1995 avec la victoire de Jean Germain sur Jean Royer, mais plus encore en 2007 avec celle de Jean-Patrick Gille sur Renaud Donnedieu de Vabres après plus de cinquante ans de gouvernance de la droite(2) sur la première circonscription d’Indre-et-Loire.

Poussé par le secrétaire général de l’UMP, Jean-François Copé, pour investir le fief de Jean Germain devenu socialiste, Guillaume Peltier a acquis sa notoriété aux élections cantonales en collectant 49,29% des voix (contre 50,71% pour Claude-Pierre Chauveau (PS)) sur le canton de Tours-Sud et en étant nommé secrétaire national de l’UMP chargé des études d’opinion et des sondages le 11 janvier dernier. « Dans le canton de Tours Sud, où Guillaume Peltier a été battu aux dernières cantonales tout en prétendant être un champion politique potentiel, j’ai toujours eu la majorité aux législatives, en 97, 2002, et 2007 », écrit RDDV sur son blog dans une lettre ouverte à Pascal Ménage, refusant ainsi son soutien au candidat investi.

Dans cette élection, Guillaume Peltier souhaite incarner le «renouveau», le «dynamisme» face à un député «archaïque», «apparatchik»... « Je suis un chef d’entreprise bien enraciné à Tours avec des positions claires sur un certain nombre de sujets (la justice sociale, la lutte contre l’assistanat, les PME/TPE...). Les actions de Jean-Patrick Gille ont manqué d’énergies et d’efficacité. Pour moi, c’est la vieille gauche », explique le protégé du député maire de Saint-Cyr-sur-Loire, Philippe Briand. Fort de son combat en faveur de l’emploi notamment, Jean-Patrick Gille reste serein en s’apprêtant à lutter contre une droite qui ne cesse de se critiquer. Pour cause : à ce jour, la donne est très favorable à la gauche. 

(1)Tours-Centre, Tours-Est, Tours-Ouest, Tours-Sud, Tours Val du Cher. Cela représente 54.537 inscrits, 30.986 exprimés, 31.825 votants au second tour des élections Législatives de 2007.

(2)Législatives de 2007 : 15.160 voix pour Renaud Donnedieu de Vabres (soit 48,93%) contre 15.826 (soit 51,07%).


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