Géothermie : l’énergie du futur a du mal à percer 0
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Publié le jeudi 21 juillet 2011 par : Tribune

Catégories : environnement

Deuxième énergie renouvelable thermique de France, derrière la biomasse et devant le solaire, la géothermie est peu développée dans le Loiret. Véritable alternative aux énergies fossiles, elle devrait connaître un essor important à l’avenir, sous l’impulsion du BRGM.

Dans les années 1980, la géothermie pensait prendre ses lettres de noblesse grâce aux maraîchers de Saint-Denis-en-Val, intéressés par cette source d’énergie à fort potentiel.
 ...

Dans les années 1980, la géothermie pensait prendre ses lettres de noblesse grâce aux maraîchers de Saint-Denis-en-Val, intéressés par cette source d’énergie à fort potentiel.

 

Le projet consistait à aller puiser de l’eau chaude à environ 70°C, à 1 600 mètres de profondeur pour transformer les calories dégagées par cette eau en électricité. «Le forage et la production ont été des succès. Mais nous avons rencontré des problèmes pour réinjecter l’eau dans la nappe. Cela a freiné le développement de la géothermie pendant de nombreuses années», explique Alain Desplan, directeur adjoint du département géothermie au BRGM. Depuis cet échec retentissant, la géothermie peine à retrouver une dynamique, et ce malgré la présence du BRGM dans le département. Dernier exemple en date : la municipalité d’Orléans a balayé d’un revers de la main cette énergie renouvelable pour le projet du grand hôpital de La Source. «Nous avions la chance d’avoir le bassin de La Source, juste en dessous, très propice à l’exploitation de la géothermie. Malgré cela, la municipalité a choisi l’option de la biomasse. Je trouve cela dommage», déplore l’élue socialiste, Ghislaine Kounowski.

 

Mais le BRGM ne s’avoue pas vaincu et développe actuellement, sur Orléans, une plate-forme expérimentale en étudiant le comportement des échanges thermiques dans les terrains et en testant l’efficacité des échangeurs enterrés. «Tous les ans, 10 000 maisons adoptent ce système d’échangeurs, mais nous nous attendons à une progression rapide, pour tenir les objectifs du Grenelle», espère Alain Desplan. En effet, le Grenelle de l’environnement a fixé comme objectif la production de 20% de l’électricité française par le biais de la géothermie à l’horizon 2020. Un but loin d’être atteint à l’heure actuelle.

 

«Aujourd’hui, en Île-de-France, 34 opérations de géothermie profonde sont en activité et fonctionnent très bien. Elles permettent, via une trentaine de réseaux, de chauffer 150 000 équivalents logements, plaçant la géothermie en tête des énergies renouvelables sur la région», poursuit Alain Desplan. Si elle connaît un succès en Île-de-France, la géothermie peine à percer à l’échelle nationale. En France, elle chauffe l’équivalent de 180 000 logements; une goutte d’eau comparée aux 15 millions de logements collectifs comptabilisés dans le pays.

 

Pourtant les avantages de la géothermie sont nombreux: elle ne produit pas de CO2, ses frais de fonctionnement sont minimes et il n’y a pas besoin de stocker et de ré-alimenter le système en matières premières: celui-ci n’est donc pas soumis aux variations de prix des matières fossiles. «De plus, le prix du bois peut être amené à fortement augmenter à l’avenir», surenchérit Ghislaine Kounowski. «L’autre gros avantage de la géothermie est que grâce aux pompes à chaleur qu’elle alimente en électricité, il est possible de créer soit du chaud, soit du froid. Ce qui n’est pas négligeable pour un hôpital, une maison de retraite ou des bureaux qui sont amenés à beaucoup utiliser les climatisations en été», ajoute Alain Desplan, qui relativise: «nous ne sommes pas là pour opposer telle ou telle énergie.

Il faut que cela se développe en harmonie selon le schéma régional climat, air, énergie. D’ailleurs, la biomasse est également un bon support pour le Loiret avec son potentiel forestier».

Le BRGM et l’ADEME réalisent pour l’heure un atlas régional de ressources thermales, afin de recenser les endroits les plus favorables aux installations géothermiques, et ainsi développer cette énergie sous utilisée. Ajoutées au projet expérimental orléanais, ces avancées devraient faire sortir la géothermie de son trou.

 

Jérémy Parard


Voir l'article complet