François Bonneau : du président inconnu au vainqueur attendu 0
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Publié le jeudi 11 mars 2010 par : Tribune

Catégories : politique

 François Bonneau, président PS de la Région, favori des sondages va peut-être acquérir, enfin, une véritable notoriété.       Visage symétrique, regard bleu acier, coupe de cheveux avantageuse, silhouette longiligne, élocution classique et profes... François Bonneau, président PS de la Région, favori des sondages va peut-être acquérir, enfin, une véritable notoriété. Visage symétrique, regard bleu acier, coupe de cheveux avantageuse, silhouette longiligne, élocution classique et professorale, François Bonneau, 57 ans, a tout ou presque pour passer avec honneur la rampe médiatique… Et pourtant, depuis son élection en septembre 2007 à la tête de l’exécutif de la Région Centre, le natif d’Amilly (Loiret), fils d’un ouvrier agricole devenu gardien de nuit aura eu bien du mal à s’imposer dans l’opinion publique comme le successeur légitime de Michel Sapin, figure tutélaire du PS, énarque, compagnon de promotion de François Hollande et Ségolène Royal, et par accessoire ancien ministre des Finances… Circonstance aggravante dans sa course à la présidence, François Bonneau aura dû écarter une rivale obstinée, énergique et parfois colérique, l’Orléanaise Marie-Madeleine Mialot, vice-présidente de la Région. Aujourd’hui, entre les deux élus, un modus videndi s’est installé mais la cohabitation fut parfois rugueuse. Pour s’imposer, François Bonneau devait également s’affranchir d’un autre éléphant. Jean Germain, maire de Tours, premier vice-président de la Région, grand argentier du Conseil régional et bien décidé a ne pas céder à d’autres mains que les siennes les cordons de la bourse… Pour l’obscur enfant d’Amilly, issu d’une famille pauvre de sept enfants, professeur puis conseiller d’orientation longtemps affecté d’un défaut d’élocution - un zozotement tenace - la tâche, on est convient, n’était pas franchement aisée. Mais François Bonneau, le principal du collège de Chalette-sur-Loing, près de Montargis, allait s’atteler au travail de président de Région. Acceptant de bonne grâce les conseils dispensés par ses aînés, l’ancien enfant de choeur – sa mère est catholique pratiquante – aura occupé la scène. «Avec sérieux et en s’affichant comme proche des gens, pas technocrate pour un sou. Un élu citoyen», aime t-il à répéter. La droite le boudait, normal. Le parti socialiste empêtré dans ses querelles internes l’oubliait… François Bonneau faisait le job, rallié au camp de Martine Aubry. Dans sa région Centre, il montait au créneau pour défendre sa politique en faveur des lycéens, de la formation professionnelle… Bien dans son rôle. Et puis la campagne électorale commença. Hervé Novelli, secrétaire d’Etat au commerce, plusieurs décennies de vie politique dans les cabinets ministériels, cherchait le contact. A gauche, certains redoutaient le choc des personnalités. Un sondage national désignait François Bonneau comme le président de Région le moins connu de ses concitoyens… «Monsieur 7% de notoriété», ricanait ses adversaires de droite. L’occasion pour François Bonneau de montrer son visage d’ancien enfant de choeur sur quelques plateaux de télés nationales. L’inconnu devient vedette donc célèbre, enfin presque. L’ancien adjoint au maire de Montargis, conseiller régional en 1998 puis vice-président de Région en 2004 accède sur le tard à la carrière politique et à ses lumières. Du coup, l’amateur d’escalade et de semi-marathon doit prendre du champ avec ses passions. Mais l’air de la campagne semble avoir des effets dopants sur le candidat Bonneau. Au niveau national, le baromètre affiche une haute pression pour le PS. Et c’est bien l’essentiel.

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