Formation continue : des droits trop méconnus 0
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Publié le jeudi 11 mars 2010 par : Tribune

Catégories : société

 INTERVIEW // droit et congé individuels à la formation, financements, bilan de compétences... a qui s'adresse la formation continue ? explications de Jean-marie Bastiani, directeur du Fongecif Centre.    ...

INTERVIEW // droit et congé individuels à la formation, financements, bilan de compétences... a qui s'adresse la formation continue ? explications de Jean-marie Bastiani, directeur du Fongecif Centre.

Quel est le rôle du Fongecif ?

Il accompagne les salariés qui se questionnent sur leur évolution personnelle et professionnelle. Il finance ces démarches de CIF (Congé individuel de formation), de VAE (Validation des acquis de l'expérience) et les bilans de compétences.

Qu'est-ce que la formation continue et à qui s'adresse t-elle ?

C'est le parcours de formation qui se met en place dès que la formation initiale est terminée. Aujourd'hui, on est de moins en moins sur des parcours linéaires définitifs et davantage sur des parcours qui passent par des phases de remise en cause, d'obtention de qualifications nouvelles, de mises à jour de compétences. C'est à cela que servent les parcours de formation continue. Les bénéficiaires, dont l'âge varie entre 28-30 ans et 50-52 ans, sont aussi bien des salariés que des demandeurs d'emploi. Les bénéficiaires sont de plus en plus jeunes : ils sortent de formation initiale sans réelle qualification, peinent à trouver un emploi ou à s'épanouir dans un emploi pas forcément choisi.

Existe-t-il un profil de salariés non éligibles ?

Aucun dossier n'est écarté avant d'arriver en commission paritaire. La qualité du projet professionnel reste la clé de réussite lors d'une demande de financement par le Fongecif : viabilité du projet, connaissance du métier, réelle motivation... En 2009, entre 1 400 et 1 500 personnes ont vu leur formation intégralement financées par le Fongecif Centre. Cependant, dans quelques secteurs professionnels (spectacle, agriculture, économie sociale), ce sont les OPCA (organismes paritaires collecteurs agrées) qui financent les CIF des salariés en activité ou non.

Quelles sont les différentes démarches de plans de formation ?

Si c'est une démarche souhaitée ou accompagnée par l'entreprise, en tant que salariée, toute personne a la possibilité de se former en conservant son emploi. Il existe des plans de formation de l'entreprise qui correspondent à une période de professionnalisation pour le salarié et qui peut prendre la forme d'un DIF, un droit individuel à la formation. Le DIF est un crédit de formation alloué à chaque salarié de 20 heures par an, plafonné à 120 heures et financé par l'entreprise. Mais les salariés peuvent aussi se former sans être accompagné par l'entreprise : dans ce cas, ils ont la possibilité de faire une demande de CIF, c'est-à-dire un congé individuel de formation. Après avoir obtenu une autorisation d'absence de la part de son entreprise, le salarié continue à être salarié de son entreprise, et après acceptation de son dossier par le Fongecif Centre, il reste rémunéré pendant le temps de la formation. Les frais de formation peuvent aussi être pris en charge. Le dossier doit être déposé entre deux et trois mois avant la date de début d'entrée en formation et l'employeur a un mois pour se positionner dans sa décision d'autorisation d'absence.

Que faire en cas de refus de l'employeur d'accepter un CIF ?

Dans le cas d'un premier refus, il faut refaire une demande dans un délai de neuf mois : l'employeur ne peut pas refuser dans la mesure où il a dû prendre ses dispositions pour remplacer le salarié vacant. Une bonne entente avec son employeur, un réel bénéfice pour l'entreprise ou la viabilité d'un projet personnel sont autant de garanties de voir aboutir son plan de formation.

Propos recueillis par Olivier LENFANT

Se former, oui, mais comment ?

FORMATION // en 2009, sur la région Centre, 355 000 salariés ont suivi une formation. d'une demi-journée seulement à une année durant. Pour le diplôme, ou la reconversion, la formation continue séduit.

Ici, on touche à tout ! » Le message du Greta est clair. « Management, ressources humaines, BTP, arts, hôtellerie, sanitaire et social... nos formations concernent l'ensemble des secteurs d'activité » précise Guénaëlle Herter, attachée commerciale au Greta Indre-et-Loire. 70 lieux, sur le département, accueillent les sessions de l'organisme qui peuvent être des modules courts, des remises à niveaux, voire des formations sur mesure. Tout le monde y a droit : en 2008, sur les 6 717 stagiaires accueillis, le Greta a d'ailleurs compté quasiment autant de demandeurs d'emploi que de salariés ou de particuliers. Face à la crise, profitant parfois d'une période sans activité, nombreux sont les stagiaires à se questionner. Se reconvertir. Faire valoir leurs compétences. L'Escem ne s'y est pas trompée. Depuis huit ans, l'école supérieure de commerce et de management implantée à Tours, Poitiers et Paris, a parié elle aussi sur la formation en cours d'emploi. Aujourd'hui, l'établissement propose une bonne douzaine de formations diplômantes de niveau master. Cadres et chefs d'entreprises s'y côtoient, quelques jours par mois. « Corporate finance, éthique, leadership... La formation de notre Executive MBA est même complétée par des séminaires à l'étranger » précise Laurent Trioreau, directeur d'Escem executive. Également dispensés, différents masters comme ceux dédiés à la santé, au crédit en management, accessibles avec un niveau bac +2 et cinq années d'expérience professionnelle. Ou encore des modules sur mesure, destinés aux salariés d'une même structure (Mac Donald's, CHRU...). En gestation également, un master sur la gouvernance des organisations. Le management fait aussi partie des grandes disciplines du CFPB, Centre de formation de la profession bancaire. Du chargé d'accueil de clientèle bancaire au conseil de gestion de patrimoine : l'offre du CFPB est grande. « Les banques consacrent en général 6,5 % de leur masse salariale à la formation, ce qui représente 5 points de plus que dans d'autres secteurs d'activité » note Pascal Alix, délégué régional du CFPB. Au Crédit mutuel du Centre, on ne lésine pas sur la formation. Nouvelles recrues ou personnel déjà en poste, « 5000 jours ont été dispensés en 2009 sur la région centre » note Frank Cortada, responsable du service de formation, qui note aussi qu'une bonne formation « fait grandir les salariés et génère des ventes de qualité ». La formation continue, c'est du gagnant-gagnant, parole de banquier.

Claire ROBIN

Validation des acquis, bilan de compétences : comment s'y retrouver ?

FORMATION // Si le salarié et le demandeur d'emploi ont des droits à la formation, pas facile de ne pas s'y perdre, dans tous ces dispositifs. Petits rappels.

J'ai de l'expérience, mais pas de diplôme...

Pas de panique, la VAE est là. La validation des acquis de l'expérience permet d'obtenir, entièrement ou en partie, un diplôme ou une certification sur la base d'une expérience professionnelle salariée, non salariée et/ou bénévole. Seule condition, les acquis professionnels "appris sur le tas" doivent être en lien avec la certification visée. A Tours, le groupe IMT, institut de formation spécialisé dans les industries pharmaceutiques et cosmétiques, a accompagné, depuis 2003, 90 candidats à la VAE. « Nous élaborons dans un premier temps un parcours de VAE, lors d'entretiens individuels, et ensuite nous accompagnons, en situation de travail [le stagiaire] » explique Christelle Fzczerba, responsable de la VAE. Objectif de l'IMT, aider le candidat à s'observer en situation réelle, afin de mieux défendre son savoir-faire devant le jury. Depuis 2003, toutes les VAE se sont soldées par l'obtention d'au moins une unité sur les diplômes visés.

Savoir ce qu'on sait faire, savoir ce qu'on veut faire

Parfois, il est nécessaire de s'arrêter pour faire... le bilan de ses compétences. Une démarche que le ministère du travail définit comme étant un « point sur ses compétences, aptitudes et motivations qui permet de définir un projet professionnel ou de formation ». A Tours, on peut envisager un bilan de compétences, par exemple, avec l'AFPP (association de formation professionnelle polytechnique), centre agréé par le Fongecif. Les prestations y sont individualisées et espacées de plusieurs jours, afin que le bénéficiaire puisse effectuer des recherches et travailler son projet. « L'essentiel du bilan de compétences repose sur la phase d'investigation. On y étudie le marché de l'emploi sur le secteur concerné. Le bilan sert aussi à avoir une meilleure représentation du métier dans lequel on se projette » précise Marie-Christine Houdbine, directrice de l'association.

Comme le bac... ou presque

C'est le principe du Diplôme d'accès aux études universitaires (DAEU) : donner les mêmes droits que le baccalauréat, en termes d'accès aux études supérieures. Qu'il soit à dominante littéraire ou scientifique, le DAEU permet d'être candidat aux formations et aux concours qui demandent le bac et se destine aux personnes en rupture avec leur cursus de formation initiale, salariés comme demandeurs d'emploi. « Dispensé en cours du soir, le DAEU s'adresse à tous, mais on note une part importante de jeunes qui ont arrêté l'école il y a plusieurs années et qui rencontrent des difficultés pour trouver un travail », témoigne Véronique Bréchet, directrice du Sufco (Service universitaire de formation continue). Problème, le nombre d'abandons, l'assiduité et le faible taux de réussite à l'examen. Pour contrer ce phénomène, le Sufco fait tout pour encourager et inciter à poursuivre. L’année dernière, entre 50 et 72 % des candidats au DAEU ont ainsi obtenu le diplôme et ont pu s’ouvrir les portes des études supérieures.

CLAIRE ROBIN


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