Fleury dévoile un projet de centre commercial contesté par Orléans 0
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Publié le jeudi 19 novembre 2009 par : Tribune

Catégories : société

 Pierre Bauchet, maire (MoDem) de Fleury-les-Aubrais, s’est attiré les foudres de la Ville d’Orléans en dévoilant un nouveau projet de centre commercial «mixte» de 14 000m2 de Surface hors oeuvre nette (SHON), avec au moins 12 emplacem... Pierre Bauchet, maire (MoDem) de Fleury-les-Aubrais, s’est attiré les foudres de la Ville d’Orléans en dévoilant un nouveau projet de centre commercial «mixte» de 14 000m2 de Surface hors oeuvre nette (SHON), avec au moins 12 emplacements. Dans le contexte économique difficile que l’on sait, François Foussier, adjoint aux commerces d’Orléans, critique la pertinence du projet et insiste sur la menace qu’il fait peser sur les commerces du centre-ville. Et aussi, sans doute, sur la halle Charpenterie, toujours vide bien que le projet ne soit «pas planté», assure François Foussier. Après plusieurs mois d’échanges avec la société d’urbanisme commercial Akène, filiale du groupe rennais Blot Immobilier, Pierre Bauchet est pourtant très à l’aise en annonçant que la friche de quatre hectares de l’ancienne coopérative agricole Cédilac (groupe Candia), rue Frédéric et Irène Joliot-Curie, à côté de l’hypermarché E. Leclerc sur la zone industrielle nord, a enfin trouvé preneur : «On n’arrivait pas à trouver, le terrain coûte cher et le bâtiment contient beaucoup d’amiante.» Les parties se seraient accordées sur une promesse de vente autour de 4 millions d’euros. La société Akène ne souhaite pas détailler le projet qui sera soumis au vote des huit membres de la Commission départementale d'aménagement commercial (CDAC), lundi 7 décembre prochain. «C’est très axé développement durable, le centre commercial aura le label HQE, il y aura des places, des fontaines, les enfants pourront y faire du vélo», décrit Pierre Bauchet, non sans un certain courage politique et en enfonçant le clou : «cela va rendre très démodé certains lieux existants !» Trois grands ensembles sont prévus, l’un de 3600m2 comprenant cinq espaces, un autre de 4200m2 avec six lots et un dernier bloc de 6000m2 qui pourrait être divisé. Aucun nom d’enseignes n’est officiellement confirmé pour l’instant, «mais Akène nous a affirmé que les 12 emplacements ont déjà trouvé preneurs», souligne Pierre Bauchet. Une source proche du dossier lève un pan du mystère : «il n’y aura pratiquement pas d’alimentaire mais des enseignes dédiées à l’équipement de la maison, aux jouets, un magasin bio, un magasin de chasse et de pêche…» 150 emplois sont ainsi annoncés. Tollé immédiat à Orléans : «Sans connaître les enseignes, ce projet ne me plaît pas du tout !», lance François Foussier, adjoint aux commerces d’Orléans. «Il n’y a pas de réel besoin, il faut arrêter de créer des m2 supplémentaires. Ma crainte c’est que ça mette en péril le retour du consommateur en centreville. On a un centre-ville qui, même s’il y a de moins en moins de locaux vides, reste fragile. Je souhaite qu’on se mette tous autour d’une table pour éviter qu’on ne duplique les enseignes existantes !» Et de citer l’exemple de la galerie commerciale de Cap Saran, ouverte en 2007, à laquelle François Foussier s’était farouchement opposée : «Preuve que c’est une bêtise de dupliquer les boutiques, aujourd’hui Cap Saran ne marche pas comme il faut, le chiffre d’affaires des commerçants est très loin de leur objectif !» Elisa Pinault, présidente des Vitrines d’Orléans, l’association des acommerçants, dit comprendre les arguments fleuryssois mais dénonce une saturation commerciale : «ça devient infernal, à chaque agrandissement des surfaces commerciales, on divise mathématiquement le chiffre d’affaires et on met en danger la capitale régionale.» Pierre Bauchet critique, lui, une logique «dépassée» : «Orléans, Orléans, toujours Orléans ! Je veux bien mais Orléans n’est pas à plaindre et à Fleury nous ne sommes pas surdotés par rapport au nombre d’habitants. Le commerce a bougé et puis à trop attendre, ça peut nous passer sous le nez…» Et de citer l’installation du cinéma Pathé à Saran : «On était venu me voir mais j’avais préféré attendre pour ne pas risquer de faire de l’ombre à Orléans. Et puis un petit malin s’est immiscé et n’a pas eu de scrupule.» Michel Guérin, maire (PCF) de Saran, appréciera… En position d’arbitre, Jacques Martinet, viceprésident de l’AgglO en charge du développement économique dit n’être «ni pour ni contre sans avoir vu le dossier mais je suis favorable à ce qu’on créé un groupe d’enseignes en concertation et que l’on réfléchisse à comment nous voyons le commerce dans 15 ans.» En attendant, Pierre Bauchet dit ne pas craindre la polémique : «Le concept que je défends n’est pas ordinaire. C’est nouveau et je suis convaincu que ça marchera !» Réponse le 7 décembre, lors de la réunion de la CDAC.

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