Feux d'artifice : une tradition qui coûte cher ! 0
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Publié le lundi 12 juillet 2010 par : Tribune

Catégories : société

 Tradition oblige, plusieurs feux d’artifice seront tirés dans l’agglo, le 13 ou le 14 juillet, pour commémorer la prise de la Bastille et le début de la Révolution. A l’heure des restrictions budgétaires, les ...

Tradition oblige, plusieurs feux d’artifice seront tirés dans l’agglo, le 13 ou le 14 juillet, pour commémorer la prise de la Bastille et le début de la Révolution. A l’heure des restrictions budgétaires, les pétards restent intouchables. Seules deux communes ont joué la carte des économies.

Attention sujet explosif ! De l’avis de la plupart des maires de l’agglo, renoncer à tirer son feu d’artifice le 13 ou le 14 juillet mettrait le feu au poudre avec la crainte de se mettre à dos ses électeurs. Du coup, chaque commune veut briller au risque de tomber dans la surenchère pyrotechnique. Mais vu le prix d’un feu d’artifice, la question d’une mutualisation des coûts entre les villes se pose. A Orléans, l’allumage de mèches coûte 25 000€ TTC à la Ville. Le tarif est inchangé depuis trois ans et le simple fait de poser la question d’une révision à la baisse du financement étonne, étant entendu que la capitale régionale se doit d’offrir le plus beau des spectacles. Le feu sera donc tiré cette année encore à 23h, depuis le Duit. A Saran, on tient à avoir une animation pyrotechnique qui tienne la route, mais le 13 juillet, à 23h au lac de la Médecinerie, histoire de ne pas faire doublon. Le budget est, là aussi, constant depuis 2001 : 7500€, plus 300€ pour la bande son, 358€ pour la location de la sono et 230€ pour 300 lampions. A Fleury-les-Aubrais, le ciel sera illuminé le 14 juillet au soir, pour quelque 8500€. «Nous réfléchissons à faire des économies mais n’avons pas pensé à priver les Fleuryssois de cette fête», témoigne Pierre Bauchet, maire (MoDem) de Fleury. «Il y a des choses qui peuvent paraître inutiles, nous avons par exemple quatre fleurs au concours des villes et villages fleuris et personne n’a jamais dit d’arrêter de fleurir. Je crois qu’il faut garder un peu de superflu, les gens veulent un feu qui pète et s’écarte très haut. Et puis ça ne coûte que 40 centimes par habitant…» A Ingré et Chécy, où la dette s’élève à plus de 10 millions d’euros et où les impôts ont augmenté, il n’est pas question non plus de supprimer les milliers d’euros qui partiront en fumée et en musique, le 14 juillet à 23h chemin du port à Chécy et au bassin de Bel Air à Ingré. Christian Dumas, maire (PS), d’Ingré, indique ne jamais y avoir songé. «Le feu d’artifice est un symbole fort. Rien n’est à écarter à l’avenir mais il y a la contrainte géographique, il faut que les gens puissent venir à pied. Et puis les sommes sont dérisoires par rapport à nos difficultés financières.» Olivet ne tient pas non plus à sacrifier l’événement, tiré le 14 juillet à 23h, plaine des Martinets. Un feu d’artifice d’une vingtaine de minutes, avec bande musicale. A St-Jean-de-Braye, le feu d’artifice tiré le 13 juillet à 23h au parc des Armenault représente une enveloppe de 10 000€ depuis trois ans. Pourquoi ne pas le partager ? «Des économies de bouts de fusées !», ironise-t-on à la mairie. Jean- Claude Compin, président du comité des fêtes, émet néanmoins quelques critiques : «le feu du 13 juillet coûte beaucoup plus cher que celui que nous organisons le 1er mai pour 4500€, alors que la qualité est quasi identique !» Pierre-Cécil Ruffiot-Monnier, conseiller municipal (PS) délégué à la culture, assure que le budget est calculé «au plus près, sachant que cette année il y aura toujours le bal mais nous arrêtons le repas». Quant au feu d’artifices : «c’est une rencontre incontournable, un symbole fort de la République, difficile à mutualiser». Difficile mais pas impossible. Ainsi, depuis une dizaine d’années, St-Jean-de-la-Ruelle et St-Pryvé-St-Mesmin, deux communes politiquement opposées, collaborent pour ne proposer qu’un seul et même feu d’artifice, le 13 à 23h depuis le pont de l’Europe. Les frais sont mutualisés, St-Jean-de-la-Ruelle participe à hauteur de 5200€ et St-Pryvé-St-Mesmin rajoute 2600€. L’échange s’arrête là, sachant que chaque commune organise son propre bal dans la foulée. Et pas question d’imaginer un seul feu dans toute l’agglo : «les habitants ont toujours aimé avoir leur feu d’artifices», explique Michel Labrette, directeur du pôle culturel à St-Jean-de-la-Ruelle. En revanche, à St-Jean-le-Blanc, on fait valoir que le feu d’artifice de la St-Jean suffit. En tout cas, les habitants de la commune auront l’embarra du choix !


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