Énergies durables : est-il urgent d'attendre ? 0
Publié le jeudi 25 février 2010 par : Tribune
Catégories : économie
Jérôme Billerey, patron d'Aérowatt, avance
avec détermination, mais ne préjuge pas
de l'avenir. «Nous n'imaginons pas les
technologies des années 2050. Des peintures
photosensibles remplaceront peut-être les panneaux
solaires !» Cette incertitude freine pour
partie l'engagement des collectivités, mais
aussi des particuliers et des industriels. Que
sera demain ? Quel produit aura la meilleure
garantie de rentabilité ? Dans le doute, attendons…
La Région Centre, qui a de formidables
ressources agricoles et sylvicoles, préfère jouer
de la carte de la biomasse. Quant aux puits
géothermiques, aux fermes éoliennes ou photovoltaïques,
ils sont toujours mieux chez les
autres que chez soi. Ainsi les entreprises rencontrent-
elles des difficultés pour innover,
notamment en raison des contraintes réglementaires
et administratives.
Pendant ce temps, certains nouveaux acteurs
doués en marketing mais peu respectueuses
de la qualité s'installent sur le marché, et en
profitent pour faire miroiter des savoir-faire
qu'ils ne maîtrisent pas. Marc Jourdren, de la
FFB s'en inquiète. Les entreprises du bâtiment
vont prochainement se rallier sous la bannière
commune "Feebat" (formation aux économies
d'énergie dans le bâtiment). Elle garantira la
formation des salariés. Marc Jourdren précise
encore que «les dirigeants du bâtiment sont
préparés à s'ouvrir aux autres corps d'état et à
acquérir des connaissances transversales pour
conseiller leurs clients et coordonner les
travaux». Ils le feront sous le nouveau label "les
pros de la performance énergétique".
Les financeurs sont décidés mais très attentifs.
Alors qu'on les dit frileux, les financeurs assurent
soutenir largement les projets innovants.
Dominique Combe Laboissiere, patron d'OSEO
pour la Région Centre (établissement public
pour le soutien à la création, l'innovation et la
croissance), observe qu'il voit peu de nouveaux
acteurs naître dans les énergies renouvelables
en Région. Une raison à cela : «la barrière d'entrée,
tant financière que d'ingénierie et d'expertise,
est très haute pour ces technologies
d'avenir, si bien que les projets sont longs à
mûrir. En revanche, précise-t-il, le soutien
d'OSEO a été demandé plusieurs dizaines de
fois en 2009 dans les six départements pour
accompagner les projets d'envergure menés
par des entreprises déjà présentes et confirmées,
en témoignent Aérowatt ou Vergnet.»
Quant aux banquiers, certains se sont positionnés
depuis quelques années déjà sur le
secteur, sans qu'aucune enseigne s'en soit
vraiment fait une spécialité. Le groupe Banque
Populaire Caisse d'Epargne a pour sa part créé
un secteur dédié avec des spécialistes de la
chose. «Nos modes d'appréciation sont similaires
aux investissements classiques, explique
Bruno Goupille, mais pour le green business,
nous avons la volonté d'aller plus loin». Une
ferme éolienne de Beauce, la végétalisation du
bâtiment de l'AFTEC à Orléans, une chaudière
bois pour une commune de l'Indre, la banque
est sur tous les fronts. Et Bruno Goupille
d'ajouter : «nous faisons des efforts particuliers
pour un marché comme le photovoltaïque dont
on sait qu'il représentera près de 33MD€
d'investissement en France.» Quel financeur
négligerait un tel marché ?
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