Énergie, accessibilité : de nouvelles normes difficiles à appliquer 0
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Publié le jeudi 23 février 2012 par : Tribune

TECHNOLOGIE Depuis le Grenelle de l'environnement 2007, les objectifs de consommation énergétique sur les bâtiments sont devenus très ambitieux. L'immobilier d'entreprise va donc être impacté par ces nouvelles normes, d'autant que de nouvelles contraintes sur l'accessibilité seront appliquées en 2015.

prévisualisation non-disponiblePar Jérémy PARARD

Depuis le début des années 2000, la consommation en énergie des bâtiments ne cesse de baisser, passant de 190 kW/h/m2 en 2000 à 150 kW/h/m2 en 2005. « C'est  lent à mettre en œuvre et il devient de plus en plus compliqué de s'y retrouver parmi toutes les normes HQE, BBC, TPE, DPE, THPE... Mais on sait que le but est d'arriver à faire des bâtiments qui ne consomment plus d'énergie  », résume François Pillot, directeur d'Artprom à Tours. Si les sigles sont barbares, l'idée est ambitieuse car aujourd'hui, une construction répondant à la réglementation thermique 2012 (RT 2012) doit consommer 50 kW/h/m2. Et le but est d'arriver à des bâtiments à énergie positive, donc producteurs d'énergies. Le projet pourrait sembler utopique, mais la technologie d'aujourd'hui permet déjà de répondre favorablement à cette ambition. «  Notre opération ''La Nef'', où nous restructurons le site de l'ancien centre de tri postal de la rue Blaise Pascal à Tours, consommera 4040 kW/h/m2 d'énergie et en produira 4096 kW/h/m2. Nous créerons donc 56kW/h/m2 d'énergie avec ce bâtiment », annonce François Pillot. Comment  ? Grâce à une répartition bien pensée des logements d'habitations et des locaux de bureaux pour que les déperditions énergétiques de l'un servent à l'autre. Mais aussi avec l'installation de panneaux photovoltaïques qui permettront aux bâtiments d'être à énergie positive. Un précurseur qui en appelle beaucoup d'autres puisque le but est d'arriver à des constructions à énergie positive à l'orée 2020.

Ces nouvelles normes posent cependant le problème des constructions anciennes qui sont souvent de véritables passoires énergétiques. «  Sur l'ancien, il y a une vraie problématique. Les bâtiments nécessitent de nombreux remaniements, ce que nous savons faire. Mais si la technologie existe, il y a un problème de volonté des investisseurs  », remarque le directeur d'Artprom à Tours. Pourtant, il est possible de limiter les déperditions énergétiques en installant du double vitrage, en renforçant l'isolation avec de la laine de verre pour les murs et les toitures ou encore en posant des brise-soleil qui permettent les apports solaires gratuits en hiver et limitant les surchauffes d'été. Et pour optimiser la consommation énergétique, l'entreprise Millet Libracces propose aussi l'installation de pompes à chaleur, d'ampoules basse consommation, de VMC double-flux et de système de chasse d'eau économiques. «  Nous avons bien adapté nos maisons aux nouvelles salles de bains et toilettes ou encore à l'explosion de l'internet. D'ailleurs, depuis les Égyptiens, l'immobilier se réutilise donc cela a toujours existé. C'est la fameuse phrase ''reconstruire la ville sur la ville''  », confirme François Pillot. D'autant que le respect de l'environnement séduit beaucoup les entreprises qui y accordent de plus en plus d'importance.

D'autres normes, concernant l'accessibilité aux entreprises, devront être appliquées en 2015. «  La loi sur l'accès des handicapés, prévue pour 2015, risque toutefois de poser quelques problèmes notamment dans les immeubles haussmanniens où l'installation d'ascenseur est délicate avec des locaux inadaptables ou inadaptés », remarque Christian Bodin, directeur de l'agence Orpi la Centrale Immobilière, à Tours.

Alors, si pour le neuf, les promoteurs s'adaptent aux nouvelles normes, pour l'existant, les choses semblent plus compliquées. Et malgré les solutions proposées pour améliorer le parc des anciens bâtiments, les travaux de mise aux normes, qui peuvent être parfois très lourds, le manque de soutien sur le plan fiscal et l'absence de sanction pour le non-respect de ces nouvelles normes risquent de rendre difficile leur application.


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