en Touraine, un créateur d'entreprise sur deux est un autoentrepreneur 0
Publié le jeudi 21 janvier 2010 par : Tribune
Qui sont les autoentrepreneurs ? En
Indre-et-Loire, 2000 personnes se
sont jetées à l'eau depuis janvier
2009, date du lancement du nouveau dispositif,
qui a démarré très fort sur le premier
trimestre. 2000, c'est autant que de
créateurs d'entreprise dite « traditionnelles
» sur la même année. C'est donc peu de
dire que le statut a séduit. Sur les 868 candidats
à l'autoentreprise que la Chambre
des métiers a reçus en 2009, la moitié
étaient des sans emploi ou des chômeurs,
plus d'un tiers déjà salariés, et un sur dix
retraité ou travailleur indépendant.
Fabienne Despré, Sainte-Avertinoise et
autoentrepreneuse depuis novembre, a
même créé un annuaire en ligne dédié à
ses homologues tourangeaux. Ce répertoire,
véritable observatoire départemental
de l'autoentreprise et gratuit pour
ses membres comme pour ses
visiteurs, recense 120 autoentrepreneurs.
« Principalement des activités créatives,
d'entretien ou de remise en état, mais
aussi des entreprises de dépannage informatique,
de soins et d'esthétique, de service
à la personne. Des métiers très divers :
il y en a même un qui fait voix-off dans les
films » détaille Fabienne Despré, à la tête
d'un site en plein développement.
Ce qui n'est guère étonnant tant on sait l'engouement pour cette drôle d'entreprise que l'on peut créer en quelques clics seulement. Même Jean-Louis Monturier, directeur du service formation professionnelle et développement économique à la Chambre des métiers et de l'artisanat, admet avoir été séduit par le côté « facilitant » du dispositif, mais regrette que le suivi des autoentrepreneurs soit si difficile. Passage de l'entreprise à un autre statut juridique ? Cessation d'activité ? Retour à l'emploi salarié ? Zéro travail égale zéro charge : on ignore donc ce que sont devenus tous ceux qui n'ont pas déclaré de chiffre d'affaires. La Fédération du bâtiment, aussi, ne voit pas forcément l'autoentreprise d'un bon oeil. Primo, le dispositif a brutalement « précarisé les emplois » et cela alors même que les salaires du secteur venaient péniblement d'être revalorisés. Secundo, l'autoentreprise, aux rouages souples et à la trésorerie légère, est souvent vue comme une concurrente déloyale par les entreprises traditionnelles, type SARL. D'autant plus que, selon Stéphane Pouëssel, président départemental de la section artisanale de la Fédération, le ratio auto-entrepreneur/chiffre d'affaires est curieusement bas : « pour une heure déclarée, combien d'heures de travail effectives ? » se demande celui qui regrette l'absence de garde-fous face au « travail dissimulé ». C'est le comble : alors qu'elle était censée le contrôler, l'autoentreprise favoriserait t-elle, finalement, le travail au noir ? « Les craintes que nous avions se sont vérifiées » constate t-on en tout cas à la Fédération. Laquelle, partisane de la transmission plus que de la création d'entreprise, continue malgré tout d'informer en relevant qu'« en Indre-et- Loire, dans le bâtiment, un créateur contre deux repreneurs sur trois perdurera. » De quoi faire déchanter plus d'un candidat à l'autoentreprise, dont beaucoup, d'ailleurs, sont déjà des salariés du secteur... A l'image du bâtiment, l'expertise comptable est également impactée. Si les missions restent des tâches de comptabilité basiques, les erreurs sont toujours rattrapables. En revanche, prudence lorsque l'autoentreprise « va au-delà de son champ de compétences » met en garde Paul Basthiste, président de l'ordre des experts-comptables des pays de Loire. Selon lui, « dans ce métier, il y a peu de place pour l'amateurisme ». Face à ceux qui pourraient entraver « la liberté d'entreprendre », le président de la CCI Touraine persiste et signe. « Fou partisan », Roger Mahoudeau soutient mordicus l'autoentreprise et aimerait voir tous les parents « rêver d'un enfant autoentrepreneur, et non fonctionnaire comme avant ». Si nombreux furent ceux qui se ruèrent sur le nouveau statut il y a un an, la tendance serait plutôt, aujourd'hui, à la stabilisation des créations. En 2010, l'EIRL (Entreprise individuelle à responsabilité limitée) devrait aussi être créée. Cher à Hervé Novelli, le secrétaire d'état chargé du commerce, de l'artisanat, des PME, de tourisme et des services à la consommation, ce nouveau statut aura l'avantage de sécuriser les biens personnels du créateur. Reste à savoir comment l'autoentreprise, déjà si décriée, tirera son épingle du jeu face à cette rivale imprévue.
Claire robin
Annuaire des autoentrepreneurs d'Indreet- Loire : www.auto-entrepreneurs-37.fr, pour des renseignements sur le statut d'autoentrepreneur : tél : 0821 08 60 28 et www.lautoentrepreneur.fr, Chambre des métiers et de l'artisanat : tél : 02 47 25 24 50 et www.cma-tours.fr
Dans la même catégorie
Les plus vues
Votre tribune
Votre publicité
Votre ville au quotidien
Béatrice Barruel, nouvelle adjointe au développement durable
Désormais, c'est Béatrice Barruel, conseillère...
A vos agendas
Tourisme en loire
Le Parc Loire-Anjou-Touraine mise sur le tourisme durable
En 15 ans, le Parc Loire-Anjou-Touraine est devenu l’un des parcs naturels...



Réagir à cet article
Connectez vous pour commenter cet article