Économies d'énergies : il est temps de passer au vert ! 0
Publié le mercredi 25 mars 2009 par : Tribune
Préserver la planète, ça passe d'abord par les économies d'énergie et l'habitat est en première ligne. En commençant par une bonne isolation, on gagne en confort, en argent et au final, c'est l'environnement qui souffre moins. Passée cette première étape, on peut aller plus loin en choisissant d'installer des systèmes utilisant des énergies renouvelables : solaire thermique (pour le chauffage et l'eau chaude sanitaire) et photovoltaïque (pour l'électricité), pompes à chaleurs... Tout cela ouvre le droit à des crédits d'impôts et à des prêts à taux zéro, mais les conditions sont très strictes...
« La première chose à laquelle il faut penser, quand on veut faire des économies d'énergie, c'est son mode de consommation, pour éviter les gaspillages, martèle Patrick Gachet, directeur de l'espace Info Énergie de Tours. Ensuite, il faut rendre performant d'un point de vue énergétique tout ce qui nous entoure, à commencer par la maison, qu'il faut bien isoler. » Quand on y regarde de plus près, les pertes de chaleur liées à une mauvaise isolation sont très importantes : 25 à 30 % par le toit, 20 à 25 % par les murs, les fuites et le renouvellement de l'air sans compter les pertes dues aux fenêtres, aux planchers et aux ponts thermiques (zone moins bien isolée). Il est conseillé d'associer une bonne isolation avec une ventilation efficace afin d'éviter les déperditions de chaleurs mais aussi la formation d'humidité (VMC hygroréglable, double flux...). Côté matériaux, il en existe plusieurs, plus ou moins performants et plus ou moins chers.
Dans tous les cas, il vaut mieux choisir un produit certifié ACERMI qui garantit toutes les indications sur l'emballage, notamment celles portant sur la résistance thermique (R) et l'usage que l'on peut faire du produit ; en outre, seuls les produits certifiés ACERMI ouvrent le droit à un crédit d'impôt (lire notre encadré en page suivante). Autre critère à prendre en compte pour le choix de l'isolant, son temps de déphasage : « le temps de déphasage, c'est le temps que met une température donnée pour traverser un matériau : plus ce temps est long, plus l'isolant est performant, explique Damien Veyret d'AVP 37 à Tours, entreprise spécialisée dans l'isolation à base de matériaux écologiques. Je travaille avec de la ouate de cellulose, dont le temps de déphasage est de 10h ! On la fabrique à base de papier journal que l'on lave, sèche et déchire et auquel on ajoute des sels de bore. Ce mélange permet à la ouate de cellulose de résister au feu, aux animaux (termites, rongeurs, oiseaux) et aux champignons. » Question prix, cela dépend principalement du matériaux choisi. Mais il faut tenir compte de l'épaisseur nécessaire, sachant que celle-ci varie en fonction de la résistance thermique (R) du matériau et que, selon l'endroit à isoler, la valeur de R doit être plus ou moins élevée ! C'est un peu compliqué, mieux vaut demander conseil à un professionnel ! En ce qui concerne la ouate de cellulose, Damien Veyret admet « qu'elle est environ 10 % plus cher qu'une laine minérale par exemple mais son temps déphasage étant plus long (1h pour la laine minérale), elle isole mieux... Les économies d'énergie par la suite sont plus importantes, rattrapant l'investissement de départ. » Le choix de l'isolant doit donc se faire en prenant en compte plusieurs critères qu'il ne faut pas négliger.
ENERGIE SOLAIRE : la solution idéale pour les familles
Si partout en France l'ensoleillement est suffisant pour qu'une installation solaire soit pertinente, l'orientation de la maison (sud voire sud-ouest ou sud-est), l'inclinaison du toit (entre 40° et 50°), la présence ou non d'ombres portées sont autant de points qu'il faut vérifier pour obtenir une performance optimale. Il faut choisir entre une installation thermique - pour produire de l'eau chaude et se chauffer - ou une installation photovoltaïque - pour produire de l'électricité ; les deux systèmes nécessitent tout de même une installation d'appoint - chaudière ou groupe électrogène. Une installation combinée est techniquement possible « mais reviendrait très cher à l'investissement » souligne Didier Sibille, gérant d'Héliotech Énergie à St-Cyr-sur-Loire. Une installation solaire thermique permet la production d'eau chaude sanitaire seule ou couplée avec le chauffage : dans le premier cas, il faut faire installer un chauffe-eau solaire et dans le second cas, il faut choisir entre un système à hydro-accumulation ou un plancher chauffant - possible uniquement en cas de construction ou de réhabilitation lourde. Dans tous les cas, la rentabilité du système dépend des besoins en énergie : c'est surtout intéressant pour une famille dont les besoins en eau chaude sont importants, notamment si le système est relié au lavelinge et au lave-vaisselle ou quand on a une piscine. « Le délais de retour est de 8-10 ans en moyenne : un couple sans enfant mettrait 20 ans à amortir son investissement, mais cela descend à 8 ans pour une famille avec 3 enfants, » note Didier Sibille. Mais on peut aussi choisir de produire de l'électricité pour la revendre en partie (c'est surtout intéressant pour les sites isolés) ou en totalité. L'idée dans ce cas est de participer à la production nationale d'électricité sans polluer et d'alléger ses factures puisque l'électricité est revendue plus cher (0,60 €/kWh) qu'elle n'est achetée (0,10 €/kWh). « En moyenne, une installation photovoltaïque est rentable au bout d'une dizaine d'année ou un peu plus selon les possibilités de financement au départ, précise Sébastien Forbault, gérant de Sun- Connexion à La Membrolle-sur-Choisille. La vente d'électricité rapporte environ 1800 € par an. » Les installations solaires sont éligibles au crédit d'impôt et aux prêts à taux zéro de la Région, Isolaris (lire notre encadré ci-contre). Pour une installation de qualité, il est recommandé de s'adresser à un entrepreneur adhérant à la charte Qualisol ou Quali'pv.
Un système efficcace si la maison est bien isolée
L'installation d'une pompe à chaleur (PAC) doit obligatoirement commencer par un bilan thermique de l'habitation, autrement dit ses besoins en chauffage. Pour Patrick Gachet, directeur de l'espace Info-Énergie de Tours, « une pompe à chaleur n'a aucun intérêt dans un logement mal isolé : sa puissance devra être plus importante que nécessaire et elle consommera beaucoup d'électricité. » Car une pompe à chaleur a besoin d'électricité pour fonctionner et elle n'est pas rentable si la facture qu'elle engendre est en hausse ! En outre, dans une habitation bien isolée « la PAC nécessaire sera plus petite et donc coûtera moins cher à l'achat, » souligne Sébastien Forbault, gérant de Sun-Connexion à La Membrolle-sur-Choisille. Il existe plusieurs types de pompes à chaleur utilisant différentes sources de chaleur. Elles récupèrent les calories présentes dans l'air, le sol ou l'eau sous-terraine pour les transmettre au système de chauffage, souvent un système à basse température. Certaines PAC sont réversibles et permettent de rafraîchir l'habitation, mais ce ne sont en aucun cas des climatisations. Certaines pompes à chaleur permettent d'obtenir un crédit d'impôt, mais pas toutes, il faut être vigilant lors du choix de sa PAC (lire notre encadré
Crédit d'impôt et prêts à taux zéro : des conditions strictes !
Pour inciter les Français à améliorer la performance énergétique de leur habitation ou à s'équiper en systèmes utilisant les énergies renouvelables, le gouvernement et les collectivités ont mis en place un crédit d'impôt de 25, 40 ou 50 % des montants éligibles et des prêts à taux zéro. Mais les conditions pour en bénéficier sont très strictes et il faut respecter à la lettre un certain nombre points, sous peine de se le voir refuser ! Tout d'abord, il faut savoir que le crédit d'impôt ne porte que sur l'achat des matériaux et matériels, mais pas sur la main d'oeuvre (sauf pour l'isolation thermique). Ensuite, il faut que les équipements, les matériaux et matériels soient fournis, installés et facturés par une seule et même entreprise. Et bien sûr, il faut également que tous les équipements, matériaux et matériels répondent à un niveau de performances minimales et/ou qu'ils soient certifiées par l'Ademe. Toutes ces indications doivent figurer sur le devis - et être vérifées ! - pour obtenir le crédit d'impôt. La Région Centre offre la possibilité d'un prêt à taux zéro pour les travaux d'isolation et les installations solaires thermiques, selon des conditions similaires à celles du crédit d'impôt. Deux banques ont été sélectionnées pour mettre en place ces prêts, la Banque Populaire Val de France et Domofinance. Il est possible de se renseigner sur ces questions auprès de l'espace Info-Énergie.
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