DREAM : «Avec la labellisation, on change de division !» 0
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Publié le jeudi 03 juin 2010 par : Tribune

Catégories : économie

 L’ex-cluster Dream “Eau et milieux” d’Orléans vient d’être labellisé pôle national de compétitivité, le 11 mai, par le comité interministériel d’aménagement et de développement du territoire. Une reconnaissance... L’ex-cluster Dream “Eau et milieux” d’Orléans vient d’être labellisé pôle national de compétitivité, le 11 mai, par le comité interministériel d’aménagement et de développement du territoire. Une reconnaissance qui crée de l’image et, indirectement, de l’emploi. Décryptage de Denis Groeninck, délégué général du pôle. Dream ça fait rêver mais à quoi ça sert ? Depuis 2007, Dream(1) regroupe des acteurs de la filière eau et ressources naturelles. L’objectif est de faire du développement économique autour de la protection de la ressource, de réduire l’impact environnemental des entreprises qui consomment de l’eau ou dont l’activité industrielle peut avoir un impact. L’idée c’est de fédérer les compétences privées et publiques, de réunir autour d’une même table associations, chercheurs et entreprises. Quelles sont les retombées de la labellisation ? Une reconnaissance ! Désormais, les partenaires viennent nous voir en confiance. Avant nous étions une petite association, aujourd’hui nous attirons des grands groupes et plus seulement des PME. La conséquence c’est une dynamique. Nous changeons de division ! Nous bénéficions désormais des Fonds uniques interministériels (FUI) avec, pour y avoir accès, des projets au budget minimum d’1M€. Notre cellule opérationnelle verra son budget doubler. Le budget prévisionnel 2010 était de 230 000€, il devrait être de 400 000€ fin 2010, et nous devrions passer de 2 à 4 salariés, mettre en place une plateforme collaborative sur Internet et des outils de communication. N’est-ce pas un cadeau de l’Etat ? C’est possible, mais notre dossier avait des atouts indéniables : la présence de l’Agence de l’eau, du cluster Recherche RésoNat... Dream a fait très peu de bruit par rapport à Montpellier et Nancy (également labellisés), tout en étant assis sur des compétences fortes. La labellisation est due à 75% à la qualité du dossier et le reste à du lobby politique, sachant que Serge Grouard, député-maire d’Orléans, est rapporteur du Grenelle. Vous attendiez-vous à cette reconnaissance ? Oui, pour le travail accompli. Non, parce qu’on était considéré comme le pôle des PME. C’était une force mais aussi un point faible car en 2009 nous n’avions pas de grosse locomotive industrielle comme Nestlé Waters à Nancy et Véolia à Montpellier. Sachant cela, notre président s’est rapproché de grands groupes. La Lyonnaise des eaux s’est investit dans notre candidature, EDF aussi, et ça a pesé. Combien de projets ont été aidés ? 5 projets ont été lancés et nous travaillons sur une vingtaine de pistes. Nous espérons en faire émerger 4 ou 5 l’an prochain. “Tsar” est un projet concret labellisé. La société Ecologistique à Courtenay avait un problème avec ses effluents qui provoquaient une asphyxie du milieu naturel. Une solution alternative autour de l’épuration végétale a été trouvée. Comme il y avait 6 hectares de friche autour de l’usine, nous avons proposé de planter des saules de 1 an. L’eau est épandue sur les sols et les saules la pompent à 90%. Les tiges de saules pourront aussi être récoltées et un projet de chaufferie bois a émergé. Au final, il y a eu zéro rejet dans la rivière lors de l’été 2009 et, indirectement, l’entreprise a réembauché 30 salariés. L’idée c’est de proposer une solution adaptée à chaque entreprise. Le pôle Dream a-t-il vocation à devenir mondial ? Non, le pôle Eau de Montpellier est déclaré pôle à vocation mondiale, Orléans et Nancy sont des pôles de compétitivité. La hiérarchie est clairement établie. Nous travaillons avec Montpellier et Nancy pour mettre rapidement en place une gouvernance tripartite pour éviter une concurrence frontale. L’enjeu c’est la compétitivité de nos entreprises. Quels sont les défis à relever ? Le risque c’est que cette labellisation nous phagocyte et qu’on travaille moins sur les projets. Nous avons 3 mois pour muer d’un format cluster à un format pôle. Aujourd’hui, le conseil d’administration c’est 8 personnes, en septembre ce sera une vingtaine.

Voir l'article complet