Didier nourault, un manager ambitieux et entier 0
Publié le jeudi 19 novembre 2009 par : Tribune
Ancien entraîneur et nouveau manager
général du RC Orléans, Didier
Nourault est un spécialiste du rugby.
Féru de sport, il a commencé le rugby à l’âge
de 16 ans, contre l’avis de ses parents, avant
de devenir professeur d’EPS puis de se
consacrer au rugby lors de la professionnalisation
de ce sport. Passé par le Racing Club
de France, comme joueur remplaçant en 1ère
division nationale, il a rejoint le RCO en 1995
en tant qu’entraîneur : «J’étais alors au
CASG qui devait fusionner avec le Stade
Français de Max Guazzini dans des conditions
qui ne me convenaient pas. J’ai accepté
la proposition de Jean-Pierre Gontier et
Jacques Macou qui sont venus me chercher
pour que j’entraîne le RCO.» Les résultats
vont vite suivre pour Orléans... En trois saisons,
le club passe du 70e rang national au
30e. «Nous étions en élite 2 (3e division
nationale) et la présidence a eu l’honnêteté
de me dire que le club n’avait pas les moyens
d’aller plus haut. Ce qui était une décision raisonnable
à l’époque», reconnaît le manager
général qui quitte alors le club avec beaucoup
de regrets.
Son long passage à Montpellier, entre 2000
et 2009, alors que l’équipe première évolue
dans le Top 14 et permet l'éclosion de futurs
internationaux tels que Fulgence Ouedrago
et Louis Picamoles, reste une bonne aventure.
«Ce que je retiens de mes 9 ans à
Montpellier, c'est l’évolution d’un club et la
réussite collective car nous sommes passés
de l’élite 2 à la 5e place du Top14. Mais, à
partir de là, le président a voulu jouer le titre
national. J’ai dit que je trouvais cela utopique,
cela n’a pas plu et l’histoire s’est terminée.»
Didier Nourault accepte alors de revenir à
Orléans, avec un contrat d’un an en tant que
manager général à mi-temps. Les débuts
sont moyens, avec un bilan de 2 victoires,
2 nuls et 3 défaites, mais Didier Nourault
demande du temps. «Nous avons besoin
d’un temps d’adaptation car l’équipe est
jeune. Le niveau de jeu entre le Top14 et la
Fédérale 1 n’est pas le même et le transfert
de compétences ne se fait pas comme ça !»
Le jeu est différent mais, aussi, la manière de
le juger. «Je n’aime pas charger les arbitres
mais le niveau de l’arbitrage en Fédérale 1
est catastrophique. Il favorise le rugby d’il y a
15 ans, un jeu qui se résumait à touches,
mêlées et pénalités.» Pour y remédier, le
manager préconise la mise en place d’une
vraie formation à destination des arbitres,
répondant au besoin d'équipes quasi professionnelles
en Fédérale 1.
Cet homme entier porte un regard de
connaisseur sur le rugby actuel et quand on
lui parle de vitrine à Orléans, avec l’équipe 1,
il ne veut pas s’arrêter à cela : «J’ai une mission
d’un an. Je suis sur un projet qui est
l’évolution du club.» Et de la culture rugby
orléanaise en faisant du stade un lieu de
convivialité, en sensibilisant les jeunes et en
ayant une politique régionale du ballon ovale.
«L’équipe la plus au nord, qui évolue en
ProD2, est Lyon», regrette Didier Nourault,
«il faut étendre le rugby à Nantes, Lille...
Le RCO doit être un acteur de la vie
Orléanaise !» Ainsi le RCO a choisi la
sagesse avec un budget raisonné et des
objectifs en corrélation avec l’évolution du
club.
Et quand tout sera en place, l’équipe première
pourra montrer qu’elle a de la valeur.
«Ce que je vois aujourd’hui à Orléans, c’est
ce que j’ai vu à Montpellier, il y a 9 ans.»
L'ambition de Didier Nourault est intacte. Son
avenir ? Le technicien se prend à rêver : «Je
n’ai jamais été champion de France et je ne
dis pas que cela ne m’intéresse pas...»
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