Didier Burban pèse 35 millions d'euros sur le marché de la palette 0
Publié le jeudi 15 octobre 2009 par : Tribune
En 20 ans, Didier Burban est devenu l’un des rois du recyclage de palettes ! A 43 ans, cet autodidacte natif de Rezé près de Nantes (Loire-Atlantique), «de souche bretonne », précise-t-il, dirige Burban Palettes Recyclage à Ormes (300 salariés, 35 millions d'euros de chiffre d’affaires fin 2008), l’un des cinq poidslourds du secteur en France. OEil sombre, carrure de bûcheron et poignée de main ferme, Didier Burban a du tempérament et cela se voit. Parti de rien, il a dû composer avec l’inquiétude de son entourage, des assureurs et des banques, avant de s’imposer dans le paysage industriel régional puis national. Didier Burban a d’abord été peintre-carrossier lorsqu’il est arrivé à Orléans en 1986. Puis, à 21 ans, il se met à ramasser des palettes en sapin pour le compte d’une société de récupération orléanaise. A l’époque, les entreprises les brûlent ou les jettent à la benne. «Mes parents étaient maraîchers, je connaissais déjà un peu le marché des fruits et légumes, c’était une tradition de récupérer nos cagettes…» Sans diplôme, Didier Burban s’est formé tout seul, sur le terrain, au premier maillon de la chaîne et il a su s’entourer. Témoin privilégié de l'évolution de l'entreprise et ami de toujours, Daniel Guneau, aujourd’hui directeur logistique du groupe et patron de l’agence d’Ormes, se souvient : «J’avais 17 ans et demi. Nous étions sept au début. Nous travaillions dans le froid et la gadoue, ça surprenait beaucoup de monde mais ça nous a appris la vie. Didier n’avait pas froid aux yeux, les entreprises le recevaient difficilement mais il était déterminé et il avait la fibre commercial.» En 1988, Didier Burban achète son premier camion pour négocier directement avec les supérettes et les zones industrielles d’Orléans. Un an plus tard, il créé seul sa société, en entreprise individuelle, sur la zone d’activités de l'Herveline à Fleury-les-Aubrais et revend les palettes à un semi grossiste. Convaincu du potentiel de développement d’une activité qui touche aussi bien l’agroalimentaire, que la logistique ou le secteur pharmaceutique, «partout où les marchandises sont transbahutées», Didier Burban trie, répare et broie les palettes cassées. Rien ne se perd, leurs copeaux sont ensuite réutilisés dans les chaudières à bois. La croissance de son entreprise est exponentielle : début 1990, le chiffre d’affaires bondit de 15 à 20% par an. En 1993, la petite entreprise déménage sur le pôle 45 à Ormes et compte une quarantaine d’ouvriers. «Il y a 20 ans, la palette était un marché flou, le recyclage était méconnu, l’activité était artisanale.» Mais la demande est de plus en plus forte. Didier Burban est obligé de s’approvisionner à Flins-sur- Seine (Yvelines), à l’ouest de Paris puis à l’est à Lagny-sur-Marne (Seine-et- Marne). En 1996, l’entreprise fonctionne avec une centaine de collaborateurs et une trentaine de camions. Lors du passage à l’an 2000, Burban Palettes franchit un cap et passe du statut de petit collecteur à celui de grossiste. Didier Burban tisse sa toile en Rhône-Alpes, en Bretagne, puis en Haute-Normandie. En 2003, il se paie même le luxe de racheter l’activité palettes au groupe Véolia. «C’est un gros tournant, nous nous rapprochons des décideurs importants et nous devenons le principal fournisseur de palettes du Min de Rungis.» Soit 13 millions de chiffre d’affaires et une marque qui se crédibilise. Pour renforcer la proximité avec les clients, Didier Burban lance une filiale Valorpal Systeme, un réseau de franchises qui regroupent quelque 50 adhérents. L’entreprise se structure et développe désormais les flux physiques en devenant une sorte de banque de palettes : «une palette livrée est égale à une palette restituée», résume Didier Burban. Entre 2003 et 2006, le chiffre d’affaires croît sur un rythme de +20% par an. Aujourd’hui Burban Palettes regroupe 9 agences, trois filiales et recycle 10 millions de palettes par an, soit 20 000 tonnes de déchets en bois revalorisés. L’avenir ? Didier Burban ne compte pas s’arrêter là. Malgré la crise et un chiffre en recul de 10% en 2009, la croissance reste «maîtrisée» et le créneau porteur. L’entreprise s’étend d’ailleurs depuis peu sur 60 000m2 à Ormes contre 20 000m2 auparavant. Un projet de chaudière à bois, susceptible d’alimenter en énergie une partie du pôle 45 est à l’étude. En attendant la reprise «en 2011», selon Didier Burban, plusieurs rachats de sociétés sur des niches sont à l’étude pour 2010. Aucune perspective en revanche du côté de l’international : «le marché est difficile, le transport peut représenter jusqu’à 30% du prix de la palette.» Mais tous ses collaborateurs le savent : Didier Burban n’est pas du genre à rester en place bien longtemps quitte, parfois, à se montrer impatient. Dans la même catégorie
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