Deux ans après l'incendie, la Couronnerie revit ! 0
Publié le jeudi 03 juin 2010 par : Tribune
La Couronnerie, ce centre médico-social dédié au handicap mental et aux troubles du comportements, rouvre le 21 juin à St-Pryvé- St-Mesmin. Deux ans après l’incendie qui a réduit en cendres 8500m2 d’ateliers, l’établissement se relève... avec une santé de fer.
Un «gros» contrat décroché avec Gemey-Maybelline (groupe L’Oréal) à Ormes, d’autres qui se prolongent avec les grands noms de la cosmétique, tels que Shiseido et Dior, Federal Mogul qui sous-traite toujours le tri de ses pièces automobiles... A quelques jours de la réouverture le 21 juin, La Couronnerie affiche une santé étonnante, deux ans après l’incendie, rue des Moines à St-Pryvé- St-Mesmin. Le 24 juin 2008, 8500m2 de hangars en bois, datant de 1910, avaient été détruits sans faire de blessé malgré les 130 travailleurs présents sur place. Tous les stigmates de la catastrophe ont été gommés, seul le bâtiment administratif a pu être préservé. 6200m2 de locaux lumineux et «sprinklés», c’est-à-dire avec systèmes d’arrosage et portes-coupes feu intégrés, ont été reconstruits. Le tout aux dernières normes environnementales. «Avant, nous nous étions adaptés aux bâtiments», témoigne Virginie Auber, directrice du pôle adultes, «désormais, c’est le lieu qui a été pensé pour les handicapés». Avec, d’un côté, le monde économique et, de l’autre, l’environnement social et éducatif. Spécialisée dans la sous-traitance industrielle, la Couronnerie réalise du conditionnement pour la cosmétique, du petit-assemblage pour l’automobile, mais aussi de la gestion électronique de documents (impression numérique, routage, expédition...). L’établissement compte 300 clients - dont 50 représentent 80% du chiffre d’affaires -, contre un peu plus de 200 clients en 2008. Plus fort encore, vu le contexte et malgré la crise : après 4% de baisse en 2008, le chiffre d’affaires a progressé de 12% en 2009 (1,8 million d’euros d’activités clients, 13 millions d’euros en incluant les subventions de l’Etat et du Conseil général du Loiret). «Début 2010, nous enregistrons une augmentation à deux chiffres», indique Jean-François Bordat, directeur général de la Couronnerie. Une croissance de bon augure quand on sait que le coût de la reconstruction s’élève à 9,26 millions d’euros, dont 5,64 millions apportés par les compagnies d’assurances, 2 millions par l’Etat et 848 000€ par les collectivités locales... «Nous avons dû emprunter entre 600 000€ et 700 000€, on nous a beaucoup soutenu, c’est une belle aventure !» La Couronnerie accueillera 200 personnes dans ses nouveaux locaux : 170 handicapés et 30 encadrants : «Nous avons embauché 10 travailleurs supplémentaires par rapport à 2008», précise Jean-François Bordat. Le pôle adultes comprend une entreprise adaptée (EA), soit 60 personnes, un Établissement et service d’aide par le travail (ESAT) de 89 places et une structure dite «occupationnelle» de 15 places, permettant de travailler à mi-temps et de suivre des activités (informatique, broderie, cuisine...) le reste du temps. La nouveauté c’est que deux services d’accompagnement (30 places), l’un social, l’autre médicalisé, basés quartier St-Marceau, seront regroupés à St-Pryvé. «Il y a une vraie mutualisation de moyens», souligne le directeur général. La Couronnerie intègre une activité nouvelle avec une cuisine centrale dernier cri, co-traitée par la société Sodexo, en contrat pendant 7 ans pour préparer sur place des repas froids, avec l’aide de 6 à 10 handicapés. Un premier marché vient d’être signé à Bourges, pour la livraison de 180 couverts/jour. La capacité de production de la cuisine s’élève à 1400 couverts, dont 300 réservés quotidiennement par le restaurant (climatisé) de la Couronnerie. Du côté des travailleurs, installés à Semoy le temps de la reconstruction, «il y a une attente forte de revenir ! Sachant que beaucoup habitent à Orléans ou St-Pryvé», remarque Virginie Auber. «30 d’entre eux sont angoissées, le traumatisme de l’incendie est encore présent... Nous leur avons donc organisé une pré-visite qui a permis de lever les inquiétudes.» Reste que le redémarrage à St-Pryvé nécessitera un temps d’adaptation, difficilement conciliable avec la réalité économique. D’où une pointe d’agacement de Jean-Michel Bordat : «on devient une entreprise ordinaire... les clients sont de plus en plus exigeants, ils nous demandent d’installer un poste contraignant de gestions des flux. Nous touchons des subventions mais il faut garder à l’esprit notre vocation sociale !» En 18 ans, 3 travailleurs handicapés ont été embauchés en milieu ordinaire : «deux sont en pourparlers pour 2010. C’est rare mais possible, sans doute grâce aux effets incitatifs de la loi sur le handicap de 2005, on avance !», se réjouit Virginie Auber.
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