De nouveaux insectes jouent les envahisseurs 0
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Publié le jeudi 14 mai 2009 par : Tribune

Catégories : environnement

Avec le réchauffement climatique, les espèces d'insectes invasives profitent des températures propices pour s'installer en région Centre et dans le Loiret. Il en est une dont le lien entre l'expansion et l'élévation des températ...

Avec le réchauffement climatique, les espèces d'insectes invasives profitent des températures propices pour s'installer en région Centre et dans le Loiret. Il en est une dont le lien entre l'expansion et l'élévation des températures est prouvée : la chenille processionnaire du pin. Pour sa défense, l'homme a planté de nombreux pin noirs dont elle raffole, le long des routes. En revanche rien n'est démontré concernant la relation entre les espèces exotiques et le changement climatique, indique Alain Roques, directeur de recherche à l’Institut national de recherche agricole -INRA- en zoologie forestière. «La processionnaire, espèce d’origine méditerranéenne, a progressé dans les années 90 dans la région», explique Christelle Robinet, chercheuse à l’INRA, «pendant longtemps on ne la voyait passer la Loire qu’avec les hivers doux». Depuis le milieu des années 1990, le climat a permis à l’insecte de s’établir dans des régions auparavant hostiles comme la Beauce. Seul le nord de l’Eure-et-loir n’est pas encore colonisé. «En 2003, la chenille avait presque disparu mais elle est revenue aussi fort qu’avant car elle a peu de prédateurs naturels ici», explique Jérôme Rousselet chercheur à l'INRA et spécialiste de l'espèce.

On pourrait se dire qu’il ne s’agit que d’une banale chenille sauf que celle-ci fait des ravages dans les forêts. Elle est surtout est très urticante et peut causer jusqu’à un choc anaphylactique ! Il existe un traitement peu coûteux par voie aérienne sur les forêts mais celui-ci n'est pas adapté aux zones d'élevage et à la ville où il faut traiter les arbres un par un. C’est pour cela que l’INRA cherche de nouvelles solutions du côté des prédateurs naturels comme la mésange, les larves d'oeufs ou encore les virus, en plus des techniques mécaniques et des pièges à base de phéromones. Hormis la processionnaire, on compte 626 espèces exotiques d'insectes en France*. Plus de 65% ne sont présentes que dans les habitats créés par l'homme : parcs, jardins... Il n'y a pas de données spécifiques pour la région Centre. On trouve néanmoins la mineuse du marronnier d'Inde -d'origine balkanique- qui fait devenir les feuilles rouges et a été observée dès 2001 dans le Loiret, le capricorne asiatique introduit à Gien et aperçu à partir de 2003 qui s'attaque aux feuillus urbains comme les érables. Dans le même genre, la punaise nord-américaine s'en prend aux graines de conifères et limite leur régénération. On a pu l'observer en 2007 dans le Loiret. Et les termites ? D'après Anne-Geneviève Bagnères, directrice de recherche du CNRS, spécialiste basée à l'université de Tours, il n'y en a pas dans le Loiret. Le Loir-et-Cher et l'Indre-et- Loire sont en revanche touchés ainsi que l'Essonne.

Dans le département, ce n'est qu'une question de temps. Pour cette chercheuse, l’arrivée des termites est indirectement liée au réchauffement climatique. Depuis les années 50, avec le chauffage, les sous-sols se réchauffent dans les villes et ont fait se déplacer des colonies qui sont présentes au naturel dans le Sud... Les espèces invasives suivent les déplacements des hommes. Autre phénomène lié au réchauffement : la fièvre catarrhale du mouton ou maladie de la langue bleue -non transmissible à l'homme. Le culicoïdes imicola, un insecte tropical venu d'Afrique du Nord en est le vecteur principal sauf que d'autres mouches propagent désormais la maladie. 170 foyers en 2007 et 102 en 2008 avaient été répertoriés dans le Loiret. Il n'y a pas de cas signalé cette année selon Hélène Lecoeur, directrice départementale des services vétérinaires. Une campagne de vaccination est en cours. *Source : inventaire du projet européen “DAISIE” en 2008.


Voir l'article complet