Dans le sillage des bateaux du port d'Orléans... 0
Publié le jeudi 17 septembre 2009 par : Tribune
Avec le Festival de Loire, du mercredi 23 au dimanche 27 septembre, les quais d’Orléans vont voir revenir 220 bateaux. De quoi plonger les visiteurs jusqu’au milieu du XIXe siècle, au temps où Orléans était encore un port florissant. Selon Laurence de Lamaëstre, attachée de conservation au musée de la marine de Loire à Châteauneuf-sur-Loire, l’histoire des bateaux dans le port d’Orléans n’a pas beaucoup évolué, sauf avec la vapeur. On compte finalement peu de modèles. Alain Ragot, guide du musée des deux marines à Briare, maquettiste et ancien marinier, dresse un panorama des embarcations qui ont traversé le port d’Orléans.
La pirogue dès la préhistoire Les premières traces connues de bateaux sur Loire sont celles de pirogues, réalisées dans un tronc d’arbre, apparues pendant la préhistoire.
Gabarre et sapine dès le Moyen-Âge Dès le Moyen-Âge, la Loire a été conquise par l’homme. Déjà à l’époque gauloise, Orléans était connue pour sa navigation fluviale. C’est la gabarre, une embarcation à fond plat en chêne d’environ 27 m de long, souvent décorée, qui est dotée d’une voile. Elle chargeait les épices et le sel jusqu'à Nantes pour un voyage d'une semaine à quinze jours. Pour gérer la montée et la descente des eaux au niveau d’Angers et afin d’amener à bon port la marchandise, elle était accompagnée de petites barques : le tirot, le sous-tirot, le soubre, le soubriquet et l'allège. «Cela servait à transvaser la marchandise lorsqu’il y avait 50 cm d’eau à Angers ou au contraire à lester le bateau pour qu'il s’enfonce dans l’eau», commente Alain Ragot. Pour remonter la cargaison, la gabarre pouvait utiliser le vent ou être tirée par des boeufs ou des hommes. Une version existait avec une cabane : la toue cabanée. Dans le même genre, on trouvait la sapine, en sapin comme son nom l’indique, de même taille que la gabarre qui servait à transporter jusqu’à 30 tonnes de charbon jusqu’à Paris. «C’est l’équivalent de la palette car on achetait le chargement avec ce bateau à usage unique.» Sa cargaison déchargée, la sapine finissait souvent en bois de chauffage.
La vapeur arrive avec les inexplosibles On ne connaît pas exactement le nombre de bateaux à vapeur qui circulaient sur la Loire, cela reste un mystère. Le premier inexplosible à naviguer sur la Loire commença par le trajet Nantes- Angers en 1822. Il faudra attendre plus de dix ans pour voir arriver le bateau à vapeur à Orléans. On sait seulement qu’Orléans eu deux compagnies : celle des Inexplosibles, créée en 1837 qui effectuait des trajet Orléans-Nantes et à partir de 1839, celle des Inexplosible de la Haute Loire pour Orléans-Nevers. L’Emeraude dont l’actuel Inexplosible est la copie en est le témoignage. Le bois, le charbon, la faïence étaient transportés par les voies fluviales mais l’arrivée du chemin de fer plus rapide sur la liaison Paris-Orléans signa sa fin. Le transport de marchandise va survivre jusqu’en 1918.
Les barques de tireur de sables, coches d’eau et bateaux-lavoirs La Loire ne comptait pas beaucoup de ponts. Pendant longtemps, le passeur faisait traverser les gens d’une rive à l’autre avec «une barque de tireur de sable car ils avaient une sorte d’immense pelle. Jusque dans les années 70, la Loire sera peuplée de tireur de sable qui draguer le sable avec des pelles à godets», indique Alain Ragot. Il y avait également des coches de Loire. Ces barques aménagées qui transportaient les voyageurs. Jusqu'au début du XXe siècle, on pouvait trouver des bateaux-lavoirs, des établissements qui servaient à la lessive ou encore jusqu'à la première moitié du XXe siècle des moulins-bateaux. Parmi les embarcations que l’on pouvait voir sur les rives, on trouvait des pêcheurs de Loire qui pêchaient au carrelet, une sorte de filet du saumons et des carpes. Aujourd’hui le Loiret ne compte plus qu’un pêcheur professionnel. Les péniches naviguèrent encore sur la Loire mais avec les délais de plus en plus courts imposés par les industriels, «l'activité a périclité », se souvient Alain Ragot, 50 ans, fils de marinier et descendant d’une lignée bateliers remontant au XVIIe siècle. Aujourd’hui avec le développement durable, les péniches commencent à intéresser de nouveau les industriels. «Dans deux péniches, on peut transporter 800 tonnes, c’est l’équivalent de 220 camions.» Pour en savoir plus sur la marine de Loire, il faut visiter le Musée de la marine à Châteauneuf-sur- Loire et le Musée des deux marines à Briare.
220 bateaux ligériens sont attendus Selon les organisateurs du festival de Loire, 220 bateaux sont attendus sur les bords de Loire. 80 bateaux ligériens dont une vingtaine de plus de 12 m de long, plus d'une dizaine d'unités fluviales françaises importantes, une dizaine de bateaux portugais – le Portugal est le pays invitéet une importante flottille de bateaux traditionnels, des drakkars... La nouveauté de cette édition est la réouverture du canal où doit se dérouler des joutes nautiques. Même si le très faible niveau d'eau actuel risque de compliquer la tâche. Pompage et curage sont en train d'être réalisés. Les quais d'Orléans seront animés et transformés en marché aux bestiaux et chantiers traditionnels. Mercredi 23 septembre, dès 10h, il sera possible de voir les bateaux évoluer sur la Loire et assister à des démonstrations.
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