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Cueillette, vente directe, internet : des pommes vendues à petits prix dans le Maine-et-Loire

by Tribune
Catégories: infos locales
La saison s’annonce excellente pour les pommes, qui sont arrivées cette année plus tôt que prévu. « La moyenne se situe entre 12 jours et 17 jours d’avance, explique Louis-L...

La saison des pommes a démarré dans le Maine-et-Loire- deuxième département producteur de France- avec environ deux semaines d’avance. Les arboriculteurs sont plutôt optimistes et proposent des prix attractifs grâce à la vente directe, la cueillette ou internet pour rester compétitifs.

La saison s’annonce excellente pour les pommes, qui sont arrivées cette année plus tôt que prévu. « La moyenne se situe entre 12 jours et 17 jours d’avance, explique Louis-Luc Bellard, président de la coopérative des Vergers d’Anjou et co-propriétaire d’un verger à Sainte-Gemmes-sur-Loire. Les fruits sont ressortis avec un calibrage plus gros grâce à la pluie et généralement plus sucrés. Nos prévisions tablent sur environ +15% de fruits au niveau de la récolte. ». Cette bonne nouvelle a permis de stabiliser voire de légèrement baisser le prix dans le panier de la ménagère. Une « classique » Golden se retrouve ainsi en moyenne à 1€50 le kilo sur les marchés. Les ventes de certaines variétés– Pink Lady, Elstar, Belchard- ont également explosé pour le plus grand plaisir des arboriculteurs qui ont investi dans ces nouvelles cultures. Sur les étals d’Eric Fouqueron, propriétaire de la ferme de la Breto située à Villevêque, on compte une quarantaine de variétés au fil des saisons : des « pommes classiques » mais surtout des « pommes anciennes » - la bonne hotture, la Rubinette disponibles à 1,90€-qui séduisent de plus en plus lors du marché de samedi, place de Lafayette. Les arboriculteurs sont donc optimistes, même si la filière perd chaque année des vocations. « C’est un de nos grands drames, reconnaît Louis-Luc Bellard. Les jeunes reprennent de moins en moins les exploitations familiales. Et ceux qui le veulent rencontrent des difficultés au niveau des prêts bancaires ».

En 10 ans, les vergers du Maine-et-Loire, pourtant deuxième département producteur de France, ont ainsi perdu près de 25% de leur surface, tombant à 7360 hectares. 21% des exploitations ont également disparu, ruinées par des coûts de production élevés et une concurrence féroce à l’étranger. « Le marché polonais a émergé dans les années 2000 et nous a fait beaucoup de mal, avoue Louis-Luc Bellard. La main d’œuvre en Pologne coûte 4€, entre 6€ et 7€ en Allemagne contre 9€ en France. Nous ne pouvons pas lutter contre de tels prix ! La seule solution pour nous est de nous montrer compétitifs». Les arboriculteurs se sont réunis en coopérative pour diminuer les coûts de production. Ils ont également trouvé de nouveaux créneaux à exploiter en complément des ventes à la grande distribution. Les producteurs de pommes sont rentrés dans leurs frais en faisant de la promotion de la « vente directe » et de la libre cueillette. « Nous ne payons pas des charges de personnel, souligne Corinne Baudoin, propriétaire des vergers Baudoin à Villebernier. Et le consommateur retrouve 6 variétés de pommes à cueillir entre 0€70 et 0€80 le kilo pendant 4 semaines». Les prix peuvent même aller jusqu’à 0,46€ le kilo de pommes à cueillir au Verger du Cormier, à Thorigné d’Anjou (30 kms d’Angers). La vente via le web est devenue aussi un bon moyen de toucher une clientèle professionnelle. « Nous proposons aux entreprises des paniers à commander sur internet avec les mêmes prix que ceux pratiqués sur les marchés, explique Eric Fouqueron, de la ferme de la Breto. Ça permet notamment aux mères de famille qui n’ont pas forcément le temps de faire leurs courses ailleurs que dans les grands magasins de goûter des produits directement sortis du verger et pas très chers».

Céline Picard

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