Crise : comment le Loiret tire son épingle du jeu 0
Publié le jeudi 28 janvier 2010 par : Tribune
Avec 2 268 000 immatriculations de véhicules neufs en France en 2009, l'année semble
presque record et nous ferait pour un peu oublier la crise. Mais ce serait aller trop vite que d'oublier
l'aide considérable de l'Etat pour soutenir cette industrie qui a souffert de beaucoup de
choses mais sûrement pas d'un manque de commandes. Idem pour le secteur bancaire qui,
après être passé dans le rouge et nous avoir fait penser que l'ordre monétaire mondial touchait
à sa fin, a recouvré les couleurs d'un dollar bien vert. Les états ont, là aussi, mis la main au
portefeuille, soit en rachetant ce qui pouvait encore l'être, soit en prêtant un argent qu'ils
n'avaient pas en caisse ! Que s'est-il donc passé dans le monde ? Quel est ce vent de panique
qui a soufflé sur la planète finance en manquant de peu de bousculer nos modèles de crédit
et de profit ? Les entreprises ont toutes ressenti, ou presque, ce blizzard qui aurait pu glacer
l'atmosphère et qui ne l'a finalement que rafraîchi. Car tout est reparti comme avant : le pétrole
augmente toujours, les voitures roulent encore, les traders prennent des risques pour les
investisseurs et Copenhague s'est conclu sur un accord décevant et révélateur de ce que le
monde reste gouverné par les finances.
Emploi. Les chiffres sont très contrastés.
Comment le département se sort-il de cette
période mouvementée ? «D'un point de
vue économique, mieux qu'on aurait pu le
craindre», observe Bruno Rousselet,
directeur de l'Agence de développement
économique du Loiret (ADEL), «même s'il
est vrai que l'on gardera en mémoire de
tristes dossiers qui ont ponctué l'année.»
Parmi eux, Lexmark et Quelle à Orléans,
ou encore Pixxent le spécialiste de la PLV
à Gien. La séquestration des patrons de
3M et de Rohm & Haas ont aussi confirmé
que la crise était bien là. A contrario,
l'agroalimentaire, l'électronique et la cosmétique
se sont bien défendues. Trois
secteurs qui pèsent lourd dans l'économie
du département et qui, pour certains, ont
même su investir. Car il faudra aussi se
souvenir que 2009 aura aussi été l'année
de l'installation de l'industriel du papier
domestique italien ICT, sans doute le plus
gros dossier du Loiret : 100 millions d’euros
d'investissement, 150 emplois et
180 000 m2 de structure près de Montargis.
«C'est un marché que nous avons gagné
contre 25 autres sites», rappelle Bruno
Rousselet, qui ajoute : «l'ADEL a traité une
trentaine de dossiers avec à la clef 350
emplois créés, soit une balance positive,
même si ce n'est que la moitié d'une année
ordinaire.» Dans le même temps, précise
encore Bruno Rousselet, «le département
perdait près de 2 000 emplois industriels
en 18 mois». Il faut donc relativiser, les
créations ne compensent pas les pertes.
Le Loiret, qui accueille bon nombre d'entreprises
étrangères, n'a pas eu à souffrir
de leur défaillance, bien que les marchés
américains et asiatiques aient été en fort
repli. Si bon nombre de TPE, très petites
entreprises, n'ont pas survécu, ce sont les
salariés, comme partout ailleurs, qui
auront payé le plus lourd tribut à la crise,
victimes des licenciements, des réaménagements
des entreprises et des délocalisations
parfois. Selon les secteurs d'activité,
le bilan est variable, négatif le plus
souvent, au mieux étal, rarement positif.
L'URSSAF du Loiret a fait ses comptes de
fin d'année : 10 000, c’est le total des
pertes d’emplois salariés du secteur privé
dans le département depuis le début de la
crise, soit 5% de l’emploi. Au niveau
national, la baisse est de 3,5%. A la fin de
l'année 2009, les premiers signes
d’amélioration de la situation économique
ne permettaient pas encore d'observer une
inversion de la courbe de l’emploi. Elle
s’infléchissait tout au plus… un signe tout
de même encourageant bien que 25 350
chômeurs pointaient encore chez Pôle
Emploi en novembre dernier, dont 4 800
âgés de moins de 25 ans et autant de plus
de 50 ans. Pour la région Centre, l'augmentation
est de 30% en un an. Quant au
SMIC, il n'aura progressé que de 1,3% en
2009 (dont 0,25% en janvier 2010), les
smicards font donc grise mine, on les comprend.
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