Créations et reprises : 2009 surprend ! 0
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Publié le jeudi 24 juin 2010 par : Tribune

Catégories : économie

 2009 n’a pas été un modèle de réussite en matière de créations et de reprises d’entreprises mais le solde reste positif. Les trois chambres consulaires font le même constat d’une année charnière. 2010 amorcera...

2009 n’a pas été un modèle de réussite en matière de créations et de reprises d’entreprises mais le solde reste positif. Les trois chambres consulaires font le même constat d’une année charnière. 2010 amorcera une reprise, mais révélera aussi les faiblesses antérieures

Tant à la Chambre de métiers qu’à la CCI du Loiret, il est mal venu d’évoquer le statut d’auto entrepreneur, bête noire des statisticiens et des formateurs. Pourtant, à peine le sujet de la création d’entreprise est-il évoqué, que le statut «bancal» est mis sur la table. Impossible de le passer sous silence. D’une part parce qu’il est en train d’évoluer (nouvelle inscription obligatoire au registre des métiers, impossibilité de pratiquer certaines professions sans diplôme ou qualification), d’autre part parce que son succès est tel que les chiffres sont faussés. 500 000 inscriptions en un an, c’est ce que l’on appelle une réussite. Mais l’idée n’est pas partagée par les professionnels qui y voient de trop nombreuses déviances et risques non avoués pour les créateurs comme pour leurs clients. La chambre de métiers et de l’artisanat affiche une forme surprenante. Depuis 2000, la hausse des créations est constante, exception faite de 2009 qui affiche un creux de -36%. La CMA a enregistré 622 créations (contre 937 en 2007, 975 en 2008). Mais il convient d’ajouter 712 déclarations d’auto entreprises. «Ces dernières ne font pas l’objet d’inscription au registre des métiers, précise le directeur économique de la CMA, Philippe Videau. Nous ne les comptabilisons donc pas dans les statistiques». Pourtant, ces auto entrepreneurs viennent bien grossir les rangs de l’artisanat, avec ou sans l’assentiment de la Chambre de Métiers. Le nombre total de créations est donc de 1 300 et le solde net, en valeur absolue pour ces derniers mois, reste positif. «Attention, prévient encore Jean Pierre Videau, nous ne faisons que ressentir maintenant les effets de la crise. Elle a bien débuté en 2008, mais les carnets de commandes étaient pleins pour une, voire deux années. Les effets de la crise s’observent maintenant et les premiers dossiers d’entreprises en difficulté se découvrent aujourd’hui». Autrement dit, les artisans qui ont déposé le bilan en 2009 l’ont fait pour des raisons structurelles antérieures. 2011 risque donc d’être difficile… Même constat à la CCI qui avait observé, elle aussi, une progression constante des créations depuis 2002 pour atteindre 2 200 en 2008. En tête, le service aux entreprises et le commerce de détail qui caracolent loin devant le commerce de gros et la restauration. Quant aux reprises, leur nombre était presque constant ces dernières années, autour de 500 par an. 2009 n’aura pas été aussi bonne, accusant un fléchissement de -21%. C’est le service aux particuliers et l’industrie qui font les premiers les frais de cette décroissance. Les reprises d’entreprises artisanales en 2009 ont par contre été un peu moins nombreuses, notamment du fait qu’en période de crise, les repreneurs ont été plus frileux ou proposaient des prix en deçà du marché. Finalement, les départs à la retraite, cessations naturelles ou contraintes ont été moins nombreuses ces dernières années, 575 en 2009. Au final, le bilan reste équilibré entre les créations et les radiations. Jean-Pierre Videau a fait ses comptes : «nous avons maintenu nos effectifs, +43 en 2009». C’est juste, mais le compte y est. «C’est une fois encore le bâtiment qui tire l’artisanat. Les services et la production se sont maintenus tandis que l’alimentation a baissé comme elle le fait depuis 40 ans.» La grande distribution poursuit ses effets d’érosion et les mises aux normes sanitaires, souvent coûteuses, n’arrangent rien. L’agriculture dans l’oeil du cyclone, et pourtant… Benoit Tassin de la Chambre d’Agriculture reconnaît une «situation particulièrement difficile avec tous les segments en berne ou presque, seules la betterave à sucre et l’horticulture pépinière faisant exception». Comprendre que toutes les formes d’élevage, de productions céréalières, maraîchères et laitières sont au plus bas. «Ces difficultés sont le résultat de la conjonction de plusieurs éléments dont un Euro fort, peu propice à l’exportation et une consommation en recule.» Les jeunes agriculteurs ne sont donc pas euphoriques. Le répertoire départemental de l’ADASEA* compte, en moyenne, une vingtaine d’exploitations à céder pour une centaine de candidats à la reprise, et pourtant toutes ces offres ne trouvent pas d’acquéreur. Tout de même, il y a eu en 2007, 27 installations aidées en Loiret, 40 en 2008, (250 en Région). «On est loin des chiffres de nos bonnes années», regrette Benoît Tassin.


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