Commerces locaux : la poussée timide du net 0
Publié le jeudi 03 juin 2010 par : Tribune
En dehors des géants de la vente en ligne de fleurs, les sites Internet gagnent également les commerces d’Orléans. Une tendance dont il est encore difficile de mesurer les retombées financières.
Tous les commerces d’Orléans ne connaissent pas l’essor d’Amazon à Saran et de Bebloom (3 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2009) mais nombreux sont ceux, en se lançant dans la création d’un site Internet, qui espèrent des retombées économiques, de manière directe ou indirecte. L’association de commerçants Les Vitrines d’Orléans a choisi cette aventure sur le net avec un nouveau site depuis décembre dernier. «Nous voulions un site plus pratique pour le consommateur et une vitrine des différents commerces», explique Emilie Robert, chargée de la communication, «l’association représente 370 adhérents. Il fallait faire appel à une entreprise spécialisée.» Dans le cadre de son adhésion, chaque commerçant peut mettre en ligne gratuitement une fiche descriptive de sa boutique ainsi que des photos. Pour ajouter un deuxième onglet d’offres promotionnelles, par contre c’est payant. L’adhésion annuelle à l’association coûte entre 99€ et 168€, selon la taille de l’entreprise. «Notre but est de faire venir les consommateurs en ville via une application iPhone mais aussi la géolocalisation des commerces. C’est pour cela que nous ne voulions pas réaliser un site marchand», ajoute Emilie Robert. «Nous offrons aussi la possibilité de commander des chèques-cadeaux. L’année dernière, ces chèques ont représenté 70 000€.» Pour l’heure, avec plus de 200 visites par jour et plus de 4000 visites de fin avril à fin mai, difficile de mesurer le succès du site. «Mais les commerçants actualisent de plus en plus leur fiche. Cela se fait progressivement.» Parmi les adhérents des vitrines, certains possédaient déjà leur site. C’est le cas d’Isabelle Hassler avec Storia di gusto qui tient une boutique aux halles Châtelet mais aussi en ligne. Dès l’ouverture de la boutique, il y a trois ans, Isabelle Hassler est passée par une société pour réaliser un site vitrine. Elle propose la vente en ligne depuis deux ans. «Nous avons investi moins de 4000€ et aujourd’hui, nous dépensons 25€ par mois pour le paiement en ligne. En deux ans, cela nous a rapporté l’équivalent d’un vendredi. Nous avions fait cet investissement au départ comme une publicité. On estime n’avoir ni perdu d’argent ni en avoir gagné directement.» Un résultat qui est lié au fait que seuls les produits d’épicerie fine sont vendus en ligne. «Les gens y achètent peu l’alimentaire, hors nous vendons en boutique 90% de produits frais. Pour être dans la légalité, pour le moment on ne peut les vendre via le net, à cause des conditions de transports.» De manière indirecte, même si cela reste difficile à chiffrer, le site permet de faire connaître la boutique et donc de vendre. «Nous avons pu le voir via le blog et la page Facebook qui sont liés au site avec des cadeaux d’entreprises, des buffets à organiser..» C’est ce qu’observe aussi Didier Clément qui gère la boutique Décor et moi, rue de Bourgogne, dont la site a été réalisé par l’une de ses connaissances. Il s’agit d’un site vitrine qui a reçu plus de 1000 visites le mois dernier. Pour la rentrée, il compte se lancer dans la vente en ligne. D’autres commerçants ont choisi d’abandonner leur boutique en centre-ville comme Vincent Bordage d’Ici chez vous, depuis octobre dernier, pour la vente en ligne. Ce commerçant a investi 3000€ pour finalement choisir la commercialisation en foires. «Je n’ai pas été emballé pour le moment.» Difficile de recréer le contact humain sur la toile.
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