Comment les hamburgers Mc Do ont conquis le Loiret 0
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Publié le jeudi 03 juin 2010 par : Tribune

Catégories : société

 Le géant américain Mc Donald’s enregistre une progression constante de son chiffre d’affaires, de +8,5% dans le Loiret en 2009, avec + 3 à 6% de visites. En dépit de la crise qui a frappé la restauration traditionnelle, Mc Do ... Le géant américain Mc Donald’s enregistre une progression constante de son chiffre d’affaires, de +8,5% dans le Loiret en 2009, avec + 3 à 6% de visites. En dépit de la crise qui a frappé la restauration traditionnelle, Mc Do continue de grossir et d’embaucher... à temps partiel Le géant des hamburgers se frotte le ventre ! Crise économique ou pas, le «big mac» a le vent en poupe. Il surfe sur une équation simple : de faibles marges (entre 5 et 10% sur les produits) mais des volumes colossaux… «C’est le penny business !», résume Éric Gravier, un ancien du groupe Quaker devenu vice-président de Mc Donald’s France en charge des relations extérieures, de passage à Orléans jeudi 27 mai. L’enseigne au célèbre “M” jaune – sur fond vert et non plus rouge, pour l’image écolo - pèse entre 5 et 6% de parts de marché dans le secteur de la restauration, 15% pour la seule restauration rapide. Eric Gravier nie tout opportunisme : «Nous ne profitons pas de la crise ! Nous sommes populaires mais pas “donnés”. Nous avons fait une année conforme à nos résultats, en progression depuis plusieurs années. Disons que le vase fuit moins vite qu’il ne se remplit !» Mc Donald’s est installé depuis 1992 dans le Loiret, avec un 1er restaurant construit le long de la RN20 sud à Orléans. Dix-huit ans plus tard, Mc Do a envahi le paysage avec 10 restaurants et bientôt un 11e, en octobre, à Sully-sur-Loire (40 emplois). «Orléans est une base essentielle», indique Eric Gravier, dans la mesure où deux fournisseurs clés sont implantés dans l’agglo : Mc Key qui fabrique les steaks hachés à Fleury-les-Aubrais et Cargill Foods France qui produit le poulet pané à St-Cyr-en-Val. Cela dit, comparé à d’autres grandes villes, «le ratio n’est pas très bon à Orléans : la ville est mal fichue, on n’a pas de périphérique, le marché est éclaté !», regrette Bertrand Sauveur, gérant de six Mc Do franchisés dans le Loiret et un dans la Nièvre. Le chiffre d’affaires global dans le Loiret progresse néanmoins de 8,5% entre 2008 et 2009 (28,71 millions d’euros, 540 salariés). A titre de comparaison, le principal concurrent, le Belge Quick, qui compte cinq restaurants dans le département et un à Chartres (28), connaît une progression de 3% avec un chiffre d’affaires global moitié moins important de 13 millions d’euros (HT) en 2009. La concurrence ? «C’est le réfrigérateur !», lance Éric Gravier, inquiet cependant des ambitions affichées par KFC… «Le pire concurrent c’est celui qui casse les prix, le reste c’est de la concurrence saine». Autre donnée à prendre en compte : 15% des Français vont au moins une fois par mois au restaurant, contre 30% en Allemagne et en Angleterre. «La France est le pays au monde où les visites sont les plus faibles mais où la dépense est la plus élevée !» Le ticket moyen en France s’établit à 12€ contre 3€ aux États-Unis «pays où dès qu’on a le ventre qui gargouille on ne reste jamais sur la réserve». 20% des 1200 établissements Mc Donald’s en France sont tenus par des franchisés, pour une durée de 20 ans. «Il faut 800 000€ par restaurant pour ouvrir», explique Éric Gravier, dont entre 150 000 et 200 000€ de fonds propres. «L’amortissement se fait sur 7 ans», confie Alain Le Breton, franchisé à Chécy et Pithiviers. Le chiffre d’affaires moyen d’un restaurant s’élève à 3 millions d’euros soit, au final, entre 5 et 10% de bénéfice net. Le franchisé doit reverser 5% de son chiffre à la marque pour avoir le droit de l’exploiter (les fameuses royalties), plus 4% de redevance publicitaire et entre 15 et 22% du CA (établi lors de l’ouverture) pour régler le loyer. «Nous avons entre 20 et 27% de charges fixes par restaurant et 30% de coût matières», souligne Bertrand Sauveur. Et pour rester au goût du jour, il faut beaucoup investir : «sur 10 ans, on remet presque le montant initial», témoigne Alain Le Breton, «entre 20 000 et 30 000€ par an pour l’entretien du lieu et les innovations : le principal risque c’est de se démoder». Les emplois sont recherchés localement : «3000 emplois nets sont créés par an, tous en CDI ! La moitié est liée à des nouveaux restaurants, l’autre à des progressions de chiffre d’affaires», se félicite Éric Gravier. Avec un point noir : 80% des emplois sont à temps partiel. Le turn-over témoigne aussi d’une précarité de l’emploi : «il est de 40% en moyenne», reconnaît le vice-président de Mc Donald’s France. Au Mc Do de La Source, qui emploie de nombreux étudiants, il atteint même les 200%. «Mais le turn-over c’est zéro dans les équipes de gestion», nuance Bertrand Sauveur, entré chez Mc Do comme simple équipier à Lyon, avec un BTS gestion hôtelière en poche. Mc Do «ascenseur social»… mais aussi enseigne «éco responsable» puisque l’entreprise consacre 20 à 25% de son budget pub à la communication pour faire savoir, notamment, qu’elle a réduit de 8% ses émissions de CO2 depuis 2005, que 7500 tonnes d’huiles sont recyclées chaque année en biodiesel dans les Yvelines et qu’elle fait travailler «plus de 40 000 agriculteurs» de manière régulière… Mc Do cultive son image et innove pour maintenir le cap. Avec de nouveaux produits, moins caloriques, des bornes tactiles à Pithiviers en juillet, le «service à table» dès le 1er septembre sur la RN20 sud, le drive qui va évoluer avec un système tactile et, bientôt, la possibilité de commander sur Internet. Des nouveautés qui ne suppriment aucun emploi et qui absorbent la pénibilité, selon la direction. Mais qui déshumanisent, de plus en plus, le secteur…

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