Clubs sportifs : c'est toujours la course à l'argent 0
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Publié le mercredi 10 décembre 2008 par : Tribune

Catégories : divers

En 2005, l’ASG Tours devenait vice champion de France élite de hockey sur glace… avant d’être rétrogradé en 2ème division. Dans le même temps, Mulhouse, le champion de France en titre, déposait le bilan et dis...

En 2005, l’ASG Tours devenait vice champion de France élite de hockey sur glace… avant d’être rétrogradé en 2ème division. Dans le même temps, Mulhouse, le champion de France en titre, déposait le bilan et disparaissait corps et biens pendant toute une saison. Une malheureuse aventure qui résume bien ce qui peut arriver à n’importe quel club qui se retrouve dans le rouge. Le succès sportif doit nécessairement s'accompagner d'un budget en équilibre, sinon, c'est la sanction... sportive. Plusieurs clubs tourangeaux en ont fait les frais, le Tours FC il y a longtemps, l'ASGT et l'US Tours plus récemment. Même le Tours Volley Ball, souvent cité en exemple pour sa bonne gestion, a connu des difficultés financières l'année dernière. Une mauvaise saison, moins de public à Grenon, des subventions en baisse, un recrutement qui coûte cher (un bon volleyeur de pro A gagne de 20 000 à 45 000 euros par an). « Les finances sont saines aujourd’hui, précise Jean-Claude Torigny, le trésorier du Tours Volley Ball, les 150 000 euros de déficit sont résorbés aux deux tiers grâce à des économies sur les salaires, des primes qui n’ont pas été versées l'an dernier en raison d’une absence de résultats, une baisse des frais ou encore un mécénat qui nous a bien aidé. » Cette année, le budget du TVB se situe à un peu plus de deux millions d’euros, dont 50% pour la masse salariale, avec une gestion rigoureuse : un tiers de financement des collectivités publiques, un autre tiers des sponsors et le dernier tiers vient des recettes propres. Le TVB a aussi fait le choix cette saison de miser sur la jeunesse. Jean-Claude Torigny explique : « les salaires sont tellement taxés en France que les joueurs finissent par partir à l’étranger. On mise donc sur les jeunes joueurs, c’est prendre des risques mais cette politique s’avère finalement payante. Un des objectifs du club est d’ailleurs d’avoir un centre de formation à Tours ».

Et à l'US Tours aussi, les jeunes sont arrivés en renfort. L'UST a connu le championnat de pro D2, la dernière marche avant le fameux Top 14. Mais le club de rugby a également affiché des déficits très importants qui ont entraîné deux relégations administratives. Pire, en mars dernier, avec un déficit cumulé de 450 000 euros, le bilan a failli être déposé. Pour sauver le club, une quinzaine de partenaires ont mis la main à la poche et la masse salariale a considérablement baissé. Outre les jeunes, les joueurs "historiques" ont d'ailleurs fait un effort en ce sens. La masse salariale aujourd’hui ne dépasse pas les 30% du budget annuel de 1 million d’euros. Patrice Bunle, le trésorier de l'US Tours, prévoit « un mois de décembre un peu difficile » en attendant les subventions publiques qui tomberont à partir du mois de janvier. Du coté de l’ASG Tours, son président Rémi Delmas confirme que le club connaît des problèmes de trésorerie. Jusqu’au mois d’avril, l’ASGT fonctionnait grâce à une autorisation de découvert de 100 000 euros qui a été levée. « On est en négociation en ce moment avec la banque, affirme Rémi Delmas, cette situation n’est en rien liée au recrutement. Comme dans d’autres clubs, la masse salariale représente la moitié du budget annuel, qui est pour nous de un million cent mille euros ». Le rôle des banques dans le financement des clubs est primordial. Selon un connaisseur, « les associations sportives sont dans le collimateur car jugées pas très fiables, et la crise économique a rendu les banques très frileuses. Mais il faut rappeler aussi que ces banques se font de l’argent avec les clubs, car les frais financiers coûtent cher ». Malgré tout, selon un autre responsable qui veut rester anonyme, « les dirigeants de certains clubs ont des ambitions au-dessus de leurs moyens et croient qu’on peut faire n’importe quoi avec une association sportive, ainsi le droit du travail n’est souvent pas respecté, on licencie un joueur pour manque de résultats alors que ce n’est en aucun cas une faute grave. Sans parler des budgets prévisionnels, on peut leur faire dire n’importe quoi ». Bertrand Tissier chargé des sports au Conseil Régional indique pour sa part que le contexte économique est difficile, et qu’on retrouve le même phénomène pour les autres clubs de la région. Certains sports s’en sortent moins mal que d’autres, c’est le cas du football professionnel, très médiatique. Le budget du Tours FC est ainsi de 7,5 millions d’euros. Au final, un dirigeant tourangeau avance une piste de travail : « les clubs fonctionnent en année sportive (septembre à juin), alors que les financiers publics et privés établissent leurs budget en année civile. Il faudrait que tout le monde marche au même rythme, ça éviterait des problèmes de trésorerie. Il faut aussi une vraie politique en direction des jeunes et attendre que le contexte économique soit plus favorable ».

A. G.


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