Claude Roiron peut-elle calmer le jeu ? 0
Publié le jeudi 22 janvier 2009 par : Tribune
Catégories : politique
Une droite déchaînée, deux vice-présidents socialistes toujours révoltés, un budget 2009 d'ores et déjà assuré d'un recours devant le tribunal administratif... et quelques élus socialistes qui, plus ou moins ouvertement, souhaiteraient que la gauche retrouve le plus rapidement possible un peu de sérénité. Claude Roiron « blessée et choquée » a, certes, fait voter son budget 2009 par 20 élus de gauche dans une assemblée désertée par l'opposition de droite... Mais le prix politique de cette fausse victoire est très élevé. D'abord parce que la compétence de Claude Roiron a été contestée de façon extrêmement violente par ses adversaires politiques (c'est de bonne guerre) mais aussi par ses anciens amis socialistes : Philippe Le Breton, maire de Joué-les- Tours et par Alain Michel, maire de la Riche. Cela va inévitablement laisser des traces dans l'opinion publique. Le budget 2009, avec sa hausse d'impôts de 12% qui sera accompagnée de deux autres hausses de 5% pour les années suivantes, est jugé « inepte » par les contradicteurs de Claude Roiron. D'autant plus qu'il affiche une baisse des investissements... Le conseiller général Serge Babary s'est d'ailleurs fait le porte-parole de « l'inquiétude des milieux économiques face à un tel budget ». La création de 78 nouveaux postes, la hausse des charges de personnel sont également dénoncés par un Pierre Louault, chef de file de l'opposition de droite qui ne rate pas une occasion pour critiquer « le train de vie indécent du cabinet de la présidente, les embauches nouvelles, l'épaisseur des moquettes neuves, les limousines avec chauffeur qui partent vers Paris, le soir... » Au delà de l'anecdote, du comique et des outrances des uns et des autres, c'est bien plus que le budget 2009 qui est au centre des interrogations de la classe politique tourangelle. Au final, c'est bien la capacité de Claude Roiron à assumer une politique cohérente - et fédératrice au sein de son camp - et dans un climat apaisé qui est en cause. « Une présidente sourde, isolée dans ses certitudes, Claude Roiron ne fait confiance à personne », voilà déjà et sans surprise la réponse de la droite et de son porte-parole Pierre Louault. Les deux vice-présidents socialistes en dissidence ne sont pas en reste sur ce registre-là.Alors, bien sûr, le bureau du parti socialiste a signifié sa solidarité avec Claude Roiron et son « budget courageux ». Bien sûr, le fidèle Alain Kerbrian-Postic manifeste son plaisir de travailler aux côtés de la présidente et rappelle l'effort fait sur le volet social, défend la pertinence des recrutements et souligne : « maintenant il faut travailler, il y a beaucoup faire... ». Bien sûr, Claude Roiron a pris du recul pour éviter de nourrir la polémique et essaie de jouer plus collectif. Mais pour reprendre la main, la présidente a vraiment beaucoup de pain sur la planche. Le budget 2009 devrait être retoqué par le préfet D'abord parce que, selon des sources proches du dossier, il est très probable que le budget 2009 ne passe pas le contrôle de légalité de la préfecture. Les dossiers relatifs au budget 2009 ont, en effet, été adressés aux élus de l'assemblée départementale dans un délai inférieur aux jours prévus par le Code général des Collectivités Territoriales. Ce qui entraînerait alors de facto l'illégalité des votes intervenus sur le budget 2009. C'est au nom de ce délai d'information non conforme que les élus de droite avaient choisi de déserter l'hémicycle... En tout état de cause, si le préfet décidait de saisir le tribunal administratif de cette question, le recours interdirait alors l'exécution du budget 2009... Il faudrait alors revoter au plus tard avant le 31 mars et, au-delà de ce délai, c'est le budget 2008 qui serait appliqué... Une véritable déroute politique pour la présidente. Même si cette hypothèse est réfutée par les alliés de Claude Roiron qui estiment que juridiquement, le vote du budget ne peut être invalidé, une incertitude sérieuse va planer au moins pendant une quinzaine de jours avant la décision préfectorale. L'occasion pour la présidente d'essayer de renforcer autour d'elle une cohésion politique, toujours bon pour affronter un éventuel nouveau vote. Dans son camp, la députée PS Marisol Touraine a déjà souligné : « plus on a de pouvoir, plus on a de responsabilités, il faut que des gestes d'apaisement soient faits et l'on ne peut pas ne pas vivre ensemble ». Un appel du pied appuyé à l'adresse de Claude Roiron pour qu'elle accepte de changer de posture. Durant ces derniers mois, la présidente a accumulé les erreurs. Trop de raideur, pas assez de rondeur. « Tout le monde était d'accord pour augmenter les impôts - y compris la droite - de moins de 10% » constate un élu PS. En réunion interne des élus socialistes, on n'a pas voté. Résultat : des divergences majeures et au final l'explosion en vol du groupe socialiste et une droite vexée donc déchaînée. « Tout de suite, Claude Roiron s'est sentie menacée et elle a voulu tout centraliser », constate un élu PS. Suffisant pour irriter les adversaires, les alliés plus ou moins obligés et au final pour poser un vrai problème politique à l'échelle du Département. Dans la même catégorie
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