Claude Roiron : La dame de fer de l'Indre-et-Loire 0
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Publié le mercredi 22 octobre 2008 par : Tribune

Catégories : Actualités

Sourire charmeur, tenue sobre, Claude Roiron ou la détermination à fleur de peau... Durant des décennies, dans les campagnes tourangelles, le temps s’écoulait, paisible. Les conseillers généraux, de fêtes votives en foires agricoles rempl...

Sourire charmeur, tenue sobre, Claude Roiron ou la détermination à fleur de peau... Durant des décennies, dans les campagnes tourangelles, le temps s’écoulait, paisible. Les conseillers généraux, de fêtes votives en foires agricoles remplissaient leur office, avec bonhommie. En mars 2008, surprise ou plutôt demie surprise pour les observateurs avisés... le paisible département de l’Indre et- Loire se réveillait, avec une femme à la tête du conseil général. Le 37 était passé à gauche et bien à gauche. Claude Roiron, 45 ans devenait par la grâce du suffrage universel l’une des très rares femmes de France en charge d’un département. Changement de style, avant le changement annoncé de méthode. Avec d’emblée un espoir pour les élus de gauche de l’agglo. Claude Roiron, fille d’instituteurs, née à Tours, allait peut-être enfin réconcilier une collectivité traditionnellement tournée vers la ruralité avec les villes... A la mairie de Tours, on ne boudait pas son plaisir. Jean Germain - le consensuel maire PS de la capitale tourangelle qui, depuis plus d’une décennie, avait toujours soutenu et encouragé la jeune femme - venait enfin de se donner un successeur potentiel à la mairie...

Bien sûr, cette succession-là n’est pas d’actualité. Mais dans les cafés de la bonne ville de Tours, inévitablement, cette hypothèse-là occupait les esprits. Inutile de dire que ces préoccupations sont pour l’heure à cent lieux des soucis quotidiens de Claude Roiron. Après des décennies de pouvoir ininterrompu de la droite au conseil général d’Indre-et-Loire, Mme la présidente a beaucoup de pain sur la planche avant de songer à d’autres ambitions, d’autres mandats. Et si Claude Roiron avoue volontiers son impatience, d’où parfois une mauvaise humeur affichée et quelques coups de colère, cette tourangelle nourrie aux valeurs de la gauche, sait aussi qu’il lui faudra du temps et de l’énergie pour bousculer la routine d’une vénérable institution. Et cette tâche-là lui va plutôt bien. Jean Germain, son mentor en politique ne l’a jamais véritablement épargnée. En 95, sympathisante du PS, la brillante professeur de lettres s’est engagée dans l’avenlonté ture des municipales. Jean Germain, alors improbable challenger du très conservateur Jean Royer, maire de Tours finira par l’emporter... A sa plus grande surprise. Dès lors, il ne laissera jamais le choix à la jeune militante. A peine l’élection gagnée, voilà Claude Roiron nommée adjointe au maire. En 2001, Jean Germain, réélu maire de Tours, ne lui laisse à nouveau pas le choix. « Il m’avait proposé le poste d’adjoint au maire en charge de la police municipale, explique l’intéressée. Je lui demande trois jours pour réfléchir. Et au matin du deuxième jour, je découvre en ouvrant un journal que j’étais nommée à ce poste ». Il est vrai que de 1995 à 2001, la jeune prof de lettres encartée au PS depuis 1996 avait pris de l’épaisseur politique. Un séjour au cabinet de Claude Allègre, sulfureux ministre de l’Education nationale, un passage au cabinet de Laurent Fabius, président de l’Assemblée nationale... L’occasion de se rallier politiquement à un homme d’une « clarté intellectuelle hors du commun ». A ce jour, Claude Roiron est restée fidèle au deuxième premier ministre de François Mitterrand... Au PS, où l’on veille avec soin sur cette femme riche de promesses, on lui attribue le poste de secrétaire nationale à la ruralité, à l’agriculture et au développement durable. Plutôt bien vu pour se lancer à la conquête d’un conseil général. De ces années d’apprentissage politique, Claude Roiron aura tiré un sens aigu du pragmatisme. Sans jamais renier ses valeurs profondément ancrées à gauche. « Je suis quelqu’un qui ne se contente pas de l’ordre établi » aime t-elle à répéter. C’est cette vo-l’avenlonté qui lui permet de bousculer parfois les énergies assoupies des notables locaux... Au risque de déranger. Mais, Claude Roiron, à côté de ses certitudes de femme d’action, n’a jamais cessé de dialoguer avec les livres et les auteurs. Formation oblige. « Les écrivains portent en eux les grandes aspirations et les respirations de leur temps ». De quoi relativiser la réputation de raideur du personnage. D’ailleurs cette « célibattante », elle aurait probablement le mot en horreur, ne cache pas ses moments de bonheur tranquille. « Rien ne vaut un après-midi de repos avec une tasse de thé et un livre ».

Claude Roiron en dates

31 mai 1963. Naissance à Tours. Ses parents sont instituteurs puis directeurs d’école. A l’âge de 13 ans, Claude Roiron perd son père, emporté par un cancer. Elle fait ensuite ses études à Tours, Nantes et enfin à La Sorbonne.

1996. Claude Roiron, adjointe au maire de Tours, adhère au PS.

2004. La toujours adjointe de Jean Germain à la mairie de Tours est élue conseiller général de Tours-Nord-ouest.


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