Claude Roiron face à la dissidence de deux vice-présidents PS 0
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Publié le mercredi 14 janvier 2009 par : Tribune

Catégories : politique

Au conseil général d'Indre-et-Loire, les premiers mois de la présidente socialiste Claude Roiron, avaient été difficiles. L'année 2009 s'annonce pire encore. Certes, vendredi, le budget du département devrait être voté avec sa hausse d'impôts de 1... Au conseil général d'Indre-et-Loire, les premiers mois de la présidente socialiste Claude Roiron, avaient été difficiles. L'année 2009 s'annonce pire encore. Certes, vendredi, le budget du département devrait être voté avec sa hausse d'impôts de 12% ! Et dans les tuyaux, deux années supplémentaires de hausse de la fiscalité à 5%... Mais en quelques mois, l'étoile de la dame de fer d'Indre-et-Loire a singulièrement pâli. Aujourd'hui, la gouvernance de Claude Roiron est ouvertement contestée, critiquée au sein du PS... C'est Philippe Le Breton, 1er vice-président du conseil général qui a, le premier, soulevé le couvercle des querelles, chamailleries et autres rancoeurs et divergences qui s'accumulent depuis des mois dans les couloirs du Département. A deux jours du vote du budget 2009, lemaire de Joué-les-Tours, 1er vice-président de Tour(s)plus a annoncé qu'il n'assisterait pas au vote du budget... Un coup de tonnerre dans un ciel chargé d'électricité ! Après des semaines de réflexion, Philippe Le Breton, 1er vice-président en charge des Finances suivit par Alain Michel, maire de La Riche et vice-président PS du Département, déclarent publiquement ne pas vouloir cautionner un « mauvais » budget 2009. Dans l'entourage des deux hommes d'ailleurs, on ne se gêne pas pour durcir le trait. « Ce budget est délirant, il est le fruit d'une gouvernance calamiteuse qui consiste pour la présidente à s'entourer de gens complaisants en écartant les conseillers pertinents qui peuvent parfois être dérangeants ». Dans le camp inverse, pour minimiser le poids politique de cette dissidence, on insiste sur la « fragilité psychologique » des maires rebelles, leur machisme avéré, leurs ambitions déçues... Et le risque politique qu'ils prennent pour eux-mêmes. Bref, rarement l'ambiance n'avait été aussi fraternelle au sein d'un PS départemental dont le bureau doit se réunir le 15 janvier... Histoire d'essayer d'enrayer une implacable mécanique d'affrontement. Sur le fond, cependant, le budget 2009 présenté par Claude Roiron avec cette hausse d'impôts de 12% est considéré par les deux dissidents comme une monstruosité. Sur le principe d'une hausse de la fiscalité, Philippe Le Breton et Alain Michel l'ont dit et redit, ils n'étaient pas contre mais sur une base inférieure à 10% et pas pour accoucher d'un résultat pareil, « alors que nous vivons une crise économique historique qui ampute le pouvoir d'achat de nos concitoyens et d'abord les plus faibles » devait d'ailleurs rappeler Philippe Le Breton. Mais la structure même du budget est plus que contestable au regard d'une orthodoxie budgétaire respectée par ailleurs par la Ville de Tours, l'agglomération et le conseil régional... Pour Philippe Le Breton, le budget 2009 du Département affiche tout à la fois « une hausse des impôts, une baisse des investissements, une capacité d'épargne en baisse et un endettement accru... » Alors même que la période incite les élus à augmenter les investissements, à stabiliser la pression fiscale et à limiter les frais de fonctionnement... « A se demander si les conseillers généraux PS qui s'apprêtent à voter ce budget l'on vraiment lu », soulignait, mardi soir, un proche des deux dissidents... Pour Philippe Le Breton, le budget 2009 est vicié car c'est la hausse des charges de fonctionnement qui vient éponger le surcroît d'effort fiscal demandé aux ménages d'Indre-et- Loire. « 69 créations de postes, une masse salariale en hausse de près de 14%, des primes... On va internaliser certaines missions mais en même temps, le recours aux missions effectuées par le privé ne diminuent pas. Le risque de dérapage est permanent ». Et Philippe Le Breton de souligner : « tout cela m'inspire une grande tristesse, avoir travaillé pour réussir l'alternance au Département et en arriver là »... Au-delà du seul budget, les deux vice-présidents font le procès de la pratique politique instaurée à la tête du Département. Une présidente omnipotente à défaut d'être omnisciente, « humiliant volontiers les élus dès lors qu'ils manifestent un désaccord ». Privation de voitures de service, accès restreint aux informations... Dur à avaler pour des élus qui ont plusieurs décennies de vie politique et beaucoup de victoires leur actif. Et Philippe Le Breton de dénoncer les incohérences de la méthode Roiron : « un seul élu dispose d'une délégation de signature... Un cas unique en France. Résultat, devant le bureau de Claude Roiron, tous les jours, on fait la queue pour faire signer des parapheurs... » Le 23 janvier, cette situation devrait s'achever et les vice-présidents devraient se voir attribuer leur délégation de signature. Cela ne devrait pas concerner Philippe Le Breton qui a remis entre les mains de la présidente sa délégation aux Finances. Alain Michel devrait également perdre les indemnités et les compétences (habitat-patrimoine) de sa vice-présidence... La droite départementale, privée de leader et plutôt muette, attendra probablement vendredi et le vote du budget pour faire son miel de cette situation hors du commun.

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